La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Et l'effet des importations ?
Avant-hier, j'ai oublié de tancer « DD » sur l'affaire des importations qui a mis à genoux la « Gauloisie ruinée » en 1981/84...
Une fameuse omission, mon « petit kamarade » !
Voici sa « riposte » :
26 milliards d'euros doivent, annone-t-on, permettre de créer 150.000 emplois en 2009 (173.333 € par sous-smicards précarisés !... Une paille.) et avoir 100 milliards d'impact économique en deux ans (effet multiplicateur, sommairement expliqué avant-hier par « DD » égal à 3,86 ; effet de « latence » précisé par « Barbiturique », non plus de 6 mois, mais de 24 : Tout va bien...) !
Quand l'État engagerait un euro, il veut entraîner trois euros, si l'on croit les propos du ministre spécialisé dans le truc, publié la semaine dépassée par la « grande presse » aux ordres.
On passera charitablement sur le fait que 26 est désormais un tiers de 100 (vive les maths modernes !) pour se demander quelle arithmétique permettrait de satisfaire des ambitions pareilles...
Quand donc un ordinateur moderne à Bercy, voire une simple calculette, pitoyable Sarkosiste ?
On peut supposer que le ministre fait référence à l'effet multiplicateur keynésien.
Dans cette perspective, en situation de sous-emploi, un euro de dépense publique supplémentaire, produit des effets en cascade donnant lieu à un effet sur la demande globale supérieur à la somme initialement engagée.
La formule permettant de le calculer est la suivante : 1/(1 - c(1 - t) + m)
Dans laquelle « c » est la propension marginale à consommer (la part de revenu supplémentaire que les ménages consacrent à la consommation), « t » le taux marginal d'imposition, et « m » la propension marginale à importer (la fraction d'un revenu supplémentaire consacrée à acheter des produits importés, qui réduisent l'effet de la hausse de la demande sur la demande interne).
Si l'on veut que cet effet multiplicateur soit égal à trois, il faut donc que : 1 - c(1 - t) + m = 1/3, ce qui peut être ramené à : c(1 - t) - m = 2/3
Or en France, les importations représentent 1/3 du PIB.
Cela conduirait, en supposant que la propension marginale à importer est égale à la propension moyenne, à m = 1/3. L'équation précédente devient donc : c(1 - t) = 1
Le taux de prélèvements obligatoires est en France légèrement inférieur à 50 %.
En posant t = 0,5, nous obtenons alors : c = 2
Rappelons que « c » représente la fraction de tout revenu supplémentaire consacré à la consommation.
Il faudrait donc, pour atteindre l'objectif du ministre, qu'à chaque fois qu'ils reçoivent un euro de revenu, les français dépensent deux euros...
Il va donc falloir sacrément cibler le plan de relance.
DD
I² : Tu es un panier percé, à découvert chronique, interdit bancaire ?
Le « ministre de la relance » va sans doute bientôt te faire un chèque...
Il faut être logique : si le gouvernement, par la grâce du talent de son « ministre de la relance », disposait de la capacité de générer 3 euros pour chaque euro de dépense publique supplémentaire, on se demande pourquoi il se limiterait à 26 malheureux milliards d'euros ?
Pourquoi ne pas dépenser bien plus, là tout de suite sans attendre demain 50, voire 100 milliards d'euros ?
Pourquoi ne pas l'avoir fait avant, d'ailleurs, au lieu de faire une loi TEPA qui ne sert à rien ? Décidément, on nous cache tout.
J'ai le sentiment que si aux Etats-Unis, un Bernie Madoff dirigeait un fonds d'investissement bidon, en « Gauloisie ruineuse », il serait ministre depuis bien longtemps !
De plus, l'Ami Inco a eu la gentillesse d'expliquer nettement que :
En fait, le modèle keynésien ne fonctionne qu'à 4 conditions de base et cumulatives, qui ne sont plus du tout d'actualité dans nos économies ouvertes :
- La consommation nationale doit provenir à plus de 80 % de la production locale et la balance commerciale doit être équilibrée ou excédentaire (ce qui suppose une compétitivité et une profitabilité des entreprises qui tiennent la route),
- Les investissements doivent se faire sur le territoire,
- La politique monétaire doit permettre l'investissement et la consommation, tout en maintenant un taux d'inflation bas,
- La charge de la dette publique ne devrait concerner que de l'investissement et pas de la consommation.
Comme quoi, le plan de relance de Bling-bling n'est pas mauvais en soi. Mais les aides ciblées ne sont jamais du goût du Bruxelles qui la ferme pour le moment...
Sauf que notre balance commerciale reste énormément déficitaire et la politique monétaire n'est pas maîtrisée par chacun des Etats membres.
Deux des 4 conditions non remplies en supposant que les investisements n'iront pas à la consommation immédiatement puisque financée par de la dette publique, et qu'ils sont faits sur le territoire et non pas dans les usines de Francfort d'Airbus, Matra, ou même Renault en Europe de l'Est.