La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Quand la cupidité personnelle tient lieu d'ambition collective, tout le système s'écroule
J'admire votre ténacité inflexible à persister à nous fournir des explications économiques à fort relents libéraux et monétaristes alors même que ceux-ci font appel aux recettes éprouvées du keynésianisme centenaire, implorant le retour à l'interventionnisme étatique tous azimuts.
Malraux prétendait que le XXIème siècle serait religieux ou ne serait pas !
En fait, il sera étatique ou sera anarchique.
Regardez donc où en sont nos meilleurs prévisionnistes : Ils nous avaient dit, cet été, que le baril de pétrole atteindrait bientôt les 200 dollars.
Qui ça ? Les meilleurs experts du moment. Nous en sommes d'accord ?
Il vient de passer sous le seuil des 40 et se précipite avec célérité vers la barre des 30 dollars.
Ils nous avaient dit qu'une réédition de la crise de 1929 était impossible.
Qui ça ? Les meilleurs économistes du monde.
Tout le progrès de l'analyse et des instruments de correction en interdisait le retour. Nous y voilà.
Ils nous avaient dit que le keynésianisme était une vieillerie, l'intervention de l'État un obstacle à la croissance.
Qui ça ? Les meilleurs libéraux. Aujourd'hui, George Bush nationalise à tour de bras, les États industriels multiplient les plans de soutien à l'économie, les grands banquiers confient en privé que c'est tout le crédit qu'il faudrait nationaliser.
Quoi encore ? Ah oui !
Ils nous avaient dit, lors de la campagne présidentielle, que Nicolas Sarkozy était fin prêt à gouverner, que les plans étaient faits, qu'il n'y manquait pas un bouton de manchette.
Aujourd'hui, en matière économique, le même Sarkozy se contredit toutes les six semaines. À tout prendre, je préfère le Sarkozy II (la relance par l'investissement) au Sarkozy I (les cadeaux fiscaux).
La première conclusion à tirer de ce bilan, c'est que, depuis l'effondrement du socialisme comme pratique, mais aussi comme théorie, nous vivons sous le régime de l'imposture et de l'intimidation permanentes. Faute d'être contredits, les « petits messieurs péremptoires » dont vous faites partie, de la régulation par le marché, les mécaniciens fous de la société automatique, se sont mis à raconter n'importe quoi.
En toute impunité.
La grande déroute des économies industrielles qui s'annonce, que dis-je ? qui est déjà là, est d'abord une défaite de la pensée.
Çà et là, des esprits indépendants lançaient bien, comme une bouteille à la mer, que tout cela ne durerait pas toujours, qu'un jour ou l'autre la formidable bulle spéculative qui s'accumulait à l'échelle mondiale, ne laissant plus à l'économie réelle qu'un rôle de comparse attardé, finirait bien par crever.
En pure perte.
Une économie virtuelle, dématérialisée, une économie hors-sol, comme il y a une agriculture hors-sol, continuait à obséder les esprits.
Et pourquoi ? Pourquoi cette préférence pour la déréalité ?
C'est bien simple. Point n'est besoin d'être disciple de « l'école de Chicago » pour le comprendre.
Un peu de psychologie y suffit.
Parce que ce système a permis l'édification des fortunes les plus subites, les plus démentielles, les plus déconnectées de tout accroissement de la richesse des nations.
Les « grands patrons », les banquiers, les « traders », les sorciers en « conseil » et en « assistance » construisaient des fortunes colossales en pianotant sur leur ordinateur.
La richesse, c'est simple comme une liaison à internet.
C'est la complicité tacite de ces exploiteurs du système, c'est l'omerta des spéculateurs qui ont transformé les cercles dirigeants de la finance en clan des Siciliens.
Bien entendu, cette imposture généralisée n'a été possible que parce que les « chefs de gang » ont trouvé des relais zélés dans les médias, expliquant à longueur d'antenne que ce qui est bon pour Zacharias, Bernard, Bouton, Forgeard, Tapie et compagnie est bon pour chacun d'entre nous.
Il s'est créé aussi une doxa ultralibérale, sur laquelle ont proliféré les petits rapaces et les grands prédateurs.
Il est triste de devoir expliquer la macroéconomie par la micro-psychologie des chefs d'entreprise, mais quand la cupidité personnelle tient lieu d'ambition collective, c'est tout le système qui s'écroule dans l'inanité et le mépris.
L'actualité nous fournit une bonne illustration de la tartufferie capitaliste ambiante : l'offensive pour banaliser le travail du dimanche dont la gauche a sous-estimé la gravité, c'est Laurence Parisot qui en a vendu la mèche : Le volontariat pour travailler le dimanche, elle est contre !
Cette souplesse accordée au travailleur, c'est une « rigidité » pour l'entreprise.
Tiens donc ! Vous verrez que le double paiement des jours fériés sera bientôt considéré comme une nouvelle « rigidité ».
Soyez honnêtes et admettez qui est des comportements, des dires, de part et d'autres de l'échiquier intellectuel (et politique) n'admettent pas la moindre once de cupidité, même au nom d'un compromis (ou d'un consensus), dès lors qu'ils touchent aux principes séculaires.
Car la cupidité mène à la ruine de l'âme !
Désormais, il vous a été démontré que la ruine de l'âme mène aussi à la ruine de l'économie.
J'admets, cher Monsieur, j'admets !
D'autant que je ne me sens pas concerné. Personnellement, je travaille que quand j'en ai envie, et seulement par nécessité. Le dimanche comme les autres jours.
Mais je suppose que ce n'est pas ça que vous me reprocher.
Vous me faites « procès d'intention » de vouloir déréglementer. De faire l'apologie d'une main invisible « automatique » à laquelle je ne crois absolument pas : c'est une foutaise de première classe pour étudiants boutonneux et je l'ai écrit à mon « ami Michel » ici même il n'y a pas plus de quelques jours déjà !
Je vous signale que « l'affaire des ouvertures du Dimanche » n'est là encore qu'une grosse baudruche qui s'est vite dégonflée à un petit doublement sans permission expresse... de 10 % on va peut-être passer à 20 % desdits dimanches concernés, et encore, le long des frontières où quelques sites particulièrement touristiques.
C'est juste histoire de rendre la vie un peu plus difficile à nos voisins Wallons, hispaniques ou italiens.
Si à la limite ça peut sauver quelques emplois, pourquoi pas, mais je n'y crois même pas : Un « gâteau », un marché, il est ce qu'il est, ce n'est ni en le fermant ni en l'ouvrant, ni en le réglementant ni en le déréglementant qu'on le fait grandir et croître ! Ça ne répond jamais à la croyance en la génération spontanée (qui a fait grandir la pensée scientifique grâce à Pasteur démontrant scientifiquement que ce n'était qu'un leurre de l'esprit) qu'un marché se développe.
Mais je ne pense pas que vous puissiez comprendre ce qu'est le commerce : C'est juste la rencontre d'un besoin et d'une offre, sur un lieu donné à un moment donné. Pas plus.
Le reste, les affaires de quantité et de prix, c'est de l'ajustement mercantile qui vous échappe.
On ne vendra pas plus de baguette de pain parce qu'on ouvre le Dimanche : on en mangera toujours autant, mais elles seront plus fraîches, un point c'est tout.
Maintenant, admettez que sans esprit de lucre, vous seriez bien en peine de fournir votre « nichée personnelle » en croissants frais dominicaux.
Que vous seriez bien incapables de faire agapes « noëlesques » avec huîtres baveuses et foie gras par vos seuls moyens de production...
Quant à élever une esturgeonne femelle dans votre baignoire toute une année à la nourrir à la becquée juste pour vous enfiler quelques dizaines de grammes de caviar une fois dans l'année, vous en seriez bien incapable, s'il n'y avait pas eu quelques « esprits de lucres » pour oser imaginer que ça pouvait vous faire plaisir ce jour-là, prêt à rémunérer ses « menus plaisirs » au prix... du marché !
Alors désolé, vous appelez ça « cupidité » et moi « activité lucrative », c'est que nous n'avons peut-être pas la même définition des choses. Vous y mettez sciemment un aspect péjoratif, alors que je ne juge pas.
Le lucre serait peut-être de voir vos besoins rassasiés convenablement à titre gratuit ou pondéreux.
Pour ma part, « donner », c'est une chose. Le prendre sans aucune contrepartie, c'est du vol !
Au-delà des mots, ce sont tous les maux sociétaux que l'on retrouve : dites-moi qu'elle est votre « équitable répartition » des choses, un peu comme tente de le faire de son côté et avec beaucoup de courage et de persévérance mon « ami Michel », et je vous honorerais comme un « homme honnête » !
Pour le moment, je constate que vous jetez l'anathème avec quelques raccourcis aussi bêtes que quelconque, sans distinguer ni enrichir la pensée humaine.
Mais c'est peut-être la seule façon qu'il vous est possible pour « nourrir votre nichée » !
C'est pitoyable, mais vous souhaite néanmoins de joyeuses fêtes de la nativité...
Par pur sentiment chrétien, naturellement.