La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Le STIC, c'est encore mieux !
Le « Système de Traitement des Infractions Constatées » est un petit chef-d'œuvre « Pasquaïen », du nom du « cousin » dont est question ici et encore ici !
Né en 1994, n'ayant fait l'objet que d'un décret en 2001 - sous l'ère de « tonton Yoyo » - il rassemble pas moins de 26 millions d'entrées !
Pas aussi fort que les listes électorales ou celui de l'état-civil (l'un servant à mon autre « cousin » à faire le tri entre quémandeur « acceptable » et les autres, et l'autre à vous faire baptiser en douce par les Mormons sur les hauteurs de Salt-Lake city et accessoirement à ouvrir un dossier fiscal à Bercy sur vos revenus et autres éléments du train de vie), il n'en est pas moins en état de fonctionner tous les jours !
Comme tout citoyen ordinaire, vous êtes scandaleusement affectueusement fichés par les services de la place Beauvau !
Votre passé judiciaire est épluché dans ses fiches, en toute légalité.
Fichier qui travaille à la limite de la légalité. Car il recueille les noms et qualités de toutes les personnes, auteurs ou victimes d'infraction, tout mélangé, mêlés de près ou de loin à des procédures judiciaires. Et même pour des faits datant de quarante ans !
Théoriquement, fait pour votre sécurité, le « STIC » vise à faciliter le travail de la police nationale, en créant une banque de données des infractions à la loi.
Sont recensés les citoyens fautifs et les victimes, c'est à dire tout le monde ou presque.
Jugez-en : 23,5 millions de procédures recensées, 26 millions d'infractions, 5 millions d'individus mis en cause, 18 millions de victimes !
On y trouve indifféremment aussi bien Johnny Hallyday ou Jamel Debbouze que les « Amis » de notre « Ô combien vénéré Président » (en a-t-il encore, au juste ?), des stars en tous genres, show-biz ou dieu de la finance !
Nous sommes finalement tous choyés par ce pouvoir généreux et bienfaiteur, et pour cela nous cédons sans le savoir à la curiosité des services de police : la fin justifie les moyens, jeunes gens !
Pourtant, depuis 2007, un audit est mené par la CNIL sur les procédures mises en place par le ministère de l'Intérieur. Les résultats doivent être connus en fin d'année... en principe.
Car, lors d'investigations antérieures qu'elle aurait menées sur ce fichier, la CNIL avait déjà constaté un taux d'erreurs d'environ 25 % !
Plaisant.
Nos amis de Backchich se sont amusés à sortir la fiche de Johnny, « l'idole à que des jeunes ».
Pour constater qu'il serait ainsi scandaleusement fiché dans des dossiers remontant, pour certains à 1967. 41 ans...
Artiste réputé proche de l'Élysée, sous Chirac comme sous Sarkozy (« je ne fais qu'un geste, je retourne ma veste » par l'auteur de « Cacapoum » soi-même), le citoyen Jean-Philippe Smet dispose ainsi de sa fiche STIC.
Pas vraiment fans, apparemment, le Service manquerait de renseignements sur l'état civil du garçon. « Profession : non enregistrée ou inconnue » ; « Nationalité : indéterminée ».
Comiques, va !
Par contre, le « rocker » le plus proche du pouvoir est très suivi dans ses pérégrinations judiciaires.
La durée de conservation des infractions dans le fichier STIC ne doit pas dépasser les 40 ans pour les infractions les plus graves (assassinats, viols...etc.), et 20 ans pour les délits moins graves.
Rebelle à l'ordre établi et anticipant sûrement mai 68, Johnny est alors « cité comme auteur : violences volontaires » pour des faits commis le « 26/10/1967 à Paris XVIe », les beaux quartiers rive-droite.
Précis les policiers détaillent le statut du chanteur dans cette affaire : « Déféré ».
Présomption d'innocence, conditionnelle, précaution sur l'emploi des termes, rien n'y est.
« Les informations contenues dans le fichier ont SIMPLE VALEUR DE RENSEIGNEMENT susceptible d'ORIENTER L'ENQUETE. Il ne pourra en être fait état que sous réserve de vérifications », précise toutefois les en-têtes des fiches STIC.
Avant de préciser aussi que « cette personne a été citée dans cette procédure pour le ou les faits suivants, mais en aucun cas il ne peut être déduit de ce document qu'elle a été définitivement reconnue comme responsable des faits ».
Marrant...
À voir la liste des infractions commises dans les folles années 70, l'œil du profane peut croire que « les portes du pénitencier » n'étaient pas loin de se refermer sur son interprète francophone :
Déféré pour « Infraction à la législation sur les armes » (1975), « violence volontaire » (1973) ou encore « outrage aux bonnes mœurs » (également 1973). À chaque fois, il est précisé : « Suites judiciaires : inconnues » !
La police aurait été à la peine pour compléter la fiche du chanteur depuis les faits présumés ?
La presse pipol est encore plus riche de croustillants détails sur le sieur, pourtant !
Autre année riche pour le document « STIC » de Johnny : 1992. Les années 90, plus fric que folles, voient l'éternel chanteur allumer le feu... et se brûler un peu avec.
« Cité comme auteur : Abus de biens sociaux » et « Escroquerie ». Mais là encore, la magnifique police de Vidocq et Fouchet que le monde entier nous envie sèche au moment des suites judiciaires : « inconnues ».
Un manque de curiosité qui s'avère un vilain défaut, au moins aux yeux de la loi...
Car l'antique loi informatique et liberté de 1978 oblige tout gestionnaire de fichier de compléter et de corriger toute information contenu dans ce fichier lorsqu'elle est incomplète.
Mieux, le décret du 5 juillet 2001 (qui « légalise » le « STIC ») place ce fichier sous le contrôle du procureur de la République.
À charge pour ce dernier de transmettre les suites « judiciaires » des différents dossiers aux services régionaux de police, tenus de rectifier les choses - voire de supprimer les mentions en cas de relaxe ou d'acquittement (mais pas d'amnistie), selon une ordonnance rectificative du 20 novembre 2006.
La République Démocratique et Populaire de « Bling-bling » est en marche : Tous égaux, tous fichés !
À quelques réserves près quand même...
Au STIC, les politiques semblent ainsi un peu mieux traités.
La plupart de ceux qui ont été égratignés par la justice n'apparaissent guère dans le fichier.
Ainsi Charles Pasqua, le « cousin », est-il entendu de nombreuses fois lors des dossiers de l'Angolagate, dont le procès s'est ouvert la semaine passée, pour des histoires des casinos et autres billevesées. Pourtant, ça n'apparaît pas dans le « STIC ».
Tout comme son nom avait été supprimé de l'ancien fichier des RG.
On se demande bien pourquoi « Bling-bling » a choisi de fusionner les services de « la sécurité intérieure » pour si peu ?
Pour confier la gestion de ces fiches par un homme de confiance, suppose-t-on ?
Nous allons faire œuvre de civisme dans cette affaire (une fois n'est pas coutume) : puisque la fiche « Pasqua » a disparu, nous avons cherché pour vous et avons pu la retrouver chez... « Backchiche », qui nous a aussi inspiré ce « post ».
Si vous cherchez bien sur leur site, vous y trouverez la fiche « STIC » de Johnny et de Jamel : marrant les pandores !
Merci à eux tous !
J'ai bien rigolé avec ça en pensant à toi, Incognitoto !
Quand je t'affirmais que tout cela, c'était nul... Je persiste à le penser.
Notant toutefois comme toi, qu'un fichier, après tout, c'est un outil liberticide entre des mains... liberticides !