La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Contribution de Momo...
Pas piqué des hannetons, l'ami fidèle, commentateur omniprésent, aux quelques pointes d'humour !
Il m'a envoyé une belle missive internautique que je reprends presque intégralement afin que vous puissiez juger duquel d'entre les deux - lui z'et moi - est finalement le plus ignoble !
« La crise du subprime
Elle est en train de transformer en « crise économique mondiale comparable à celle de 1929 », nous affirme Olivier Pastré (prof à Paris VIII).
Et ce sont les « pauvres » (salauds de pôvres aurait dit Gainsbourg), ces kons de ménages américains qui croyaient à tort que l'on pouvait emprunter 400.000 $ avec un revenu annuel de seulement 20.000 $ pour s'offrir le confort du XXI° siècle !
Mais les vrais responsables, ce sont aussi les banques, qui le leur ont fait croire au « rêve américain », les banques les plus « pauvres », pauvres en fonds propres, pauvres en dépôt, pauvres en profit qui ont toutes été contraintes de se refinancer sur le marché de la titrisation depuis des années et ce jusqu'à l'agonie pour que le rêve ne tourne pas au cauchemar...
Et ce sera justice que ce soit les plus pauvres qui payent leurs inconséquences !
Car cette crise va immanquablement se traduire par une contraction des volumes de crédits octroyés par les banques dans un vaste « credit crunch » qui commence déjà à licencier, à réduire la voilure par temps calme, écrasant la plaie de la titrisation au moins pour un temps, et par une augmentation de la « prime de risque » que les PME qui veulent investir pour fournir leurs clients - et des emplois à ceux qui se sont follement endettés - ne pourront pas supporter !
À moins d'avoir des marges colossales, payées par quelques clients encore fortunés...
Les premiers à payer les « pots cassés » seront les pays les plus pauvres, ceux qui ne disposent ni de matière première comme la Turquie, ni des moyens de s'endetter à taux fort !
Bien sûr, les PME de tout le globe, les plus pauvres et les plus fragiles, par manque de fonds propres et manque de résultats, sans perspective de développement auto-finançable sur leurs maigres niches commerciales, notamment celles qui œuvrent dans l'immatériel, sans garanties tangibles, feront parties du lot, avec leurs cortèges de plans sociaux emportant des plus brillants cerveaux au plus simple des lambdas !
Et puis de nouveau, les ménages « pauvres », leurs ex-salariés, frappés par l'exclusion bancaire, par le surendettement, finiront dans l'exclusion tout court : encore longtemps, les clients « pauvres » se verront fermer les portes des établissements bancaires, à moins d'être capables de faire croire à des banquiers devenus encore plus méfiants qu'ils peuvent payer le prix fort, enchaînant encore plus les plus appauvris parmi les « ex-riches » qui se la pétait (pour reprendre une expression propre aux d'jeuns et à Infree, l'ignoble).
Ils ne possédaient finalement que leurs dettes, leur fortune d'avoir un toit, une voiture, un congélateur, un écran plat ne valant désormais plus rien !
C'est le loto, mieux que le paquet fiscal de la TEPA pour ceux qui ne sont pas endettés, qui autofinancent leurs investissements, qui parviennent à maîtriser leurs frais fixes, leurs consommations obligées, par une réduction contrôlée de leur niveau de vie, toute de discipline stricte, en entreprise et au foyer qui vont encore leur donner la leçon !
Ce n'est que justice faite au bon sens...
Des remèdes ? Relance par la consommation ? Qui va profiter aux importateurs, comme en 1981/83 ?
Sûrement de l'argent jeté par les fenêtres pour soutenir des activités des pays du sud (encore plus pauvres que « nos pauvres »)...
Infree le démontrait jeudi dernier...
Relance par l'investissement public ? Avec quel argent ? Les États sont les premiers à être surendettés !
Même Fillon nous racontait l'année dernière que les caisses étaient vides.
Et vu la politique de gribouille du « Vénéré Président à l'autre », elles ne sont pas prêtes de se remplir !
Piquer l'argent à ceux qui en ont ? Mais depuis 30 ans, c'est ce que l'on fait sans grande réussite dans ce pays : Un, ils en ont toujours plus (même si ce n'est pas forcément les mêmes) ;
Deux, voler aux « riches » n'a jamais enrichi les « pauvres », et ce depuis des millénaires ;
Trois, pour en faire quoi ? Effacer les dettes ?
En commençant par qui ? Nos propres « pauvres » à nous, ceux par qui le scandale est arrivé ou ceux encore plus miséreux de part le vaste monde qui n'en demandaient pas tant à en faire des émeutes du pain ?
On ne manquera jamais de couillons près à tout risquer pour sortir de la misère. Et cette misère est à nos portes, par simple cupidité : L'argent facile des années Tapie est une utopie qui a flambé à travers plusieurs explosions de bulle spéculative.
Et on continue toujours de vous proposer des crédits, jusque dans les panneaux publicitaires annonçant la météo !
Ces criminels-là, les seuls vrais responsables - au moins tout autant que les « politiques et technocrates » qui ont laissé faire voire encouragé le processus - ils font de telles marges sur les « pauvres », qu'ils peuvent longtemps continuer à se payer le parrainage de la météo en cachant bien que le monde leur appartient, tant que les « pauvres » resteront stupides !
Alpagués par le miroir aux alouettes qui leur est tendu !
(...)
En bref, « la faute aux pauvres » et comme a écrit Philippe Bouvard l'année dernière dans un petit billet dont il a le secret, « on finira par ne prêter plus qu'aux riches ». Et tout rentrera dans l'ordre !
« N'est stupide que la stupidité ». Parole de Forest Gump ! »
Bon j'ai coupé quand même quelques passages, Momo... Le carnage anti-pauvre, le massacre ethnique de la pauvreté, ne sont évidemment pas dans les solutions imaginables.
Car imaginer un vaste charnier des « pauvres » ne fera pas disparaître la misère, au contraire : il faut relire le « Schtroumpf financier »
Et puis l'appel à la violence est formellement interdit par la loi. Et vous me savez respectueux de nos lois !
Mais il y a du juste dans le propos de Momo : Si tous les gars du monde avaient eu un peu plus de jugeote, un peu moins le regard tourné vers leur nombril, des ambitions un peu plus mesurées et beaucoup plus raisonnables, des femmes un peu moins dépensières, peut-être qu'on n'aurait pas couverts les vastes prairies de tous les continents de logements sans habitants et ruinés autant d'épargnants.
En fait, je crois que la solution se met en œuvre toute seule sous nos yeux : la réapparition de l'inflation.
C'est une forme de destruction de valeur monétaire, aveugle et quasi-égalitaire, générationnelle, même !
Elle permet de rembourser les dettes avec de la monnaie de singe et de faire galoper le monde entier après des prix stables... toujours plus hauts et donc spéculatifs et enrichissant.
Comme quoi, si cela s'avérait juste, la « stagflation » ne serait finalement plus qu'une utopie économique parmi d'autres.
L'écologisme-malthusien un signe annonciateur (comme le fut Mai 68) de l'époque ?
Qui va mourir dans la crise qui se présente ?
Alors que dans mon laïus de lundi dernier, j'ai omis de mettre en exergue cette fabuleuse invention qu'est l'Euro fort. Était-ce seulement inconscient ?
Aujourd'hui, je ne regrette pas, pour ne plus être sûr de rien !
Merci mon Momo...
Maintenant, de nous deux, lequel est-il le plus ignoble, quand on réfléchit un peu à toutes les conséquences de tes dires ?