La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Notre Vénéré Correspondant des Rives de méditerranée nous prie d'insérer :
« De la grande stupidité de nos hommes politiques...
Marre ! Marre des mots aseptisés, des phrases stérilisées, des ronds de jambes sémantiques et des langues tournées sept fois, qui finissent par recracher des banalités incolores, inodores et insipides !
Dans une atmosphère frileuse, peureuse, bouffie de bien-pensance et de culpabilités diverses, tout autant mortifères les unes que les autres, nous avons le droit de garder le silence si nous ne parlons pas droit, entendez : conformément aux règles du club ou, d'une manière générale, à celles de la société érigée en gardienne de l'expression convenable, policée, monocorde.
Balisé et banalisé, le discours se coule dans un lit déjà creusé, marche dans le sens indiqué, suit le pointillé : plus question de se livrer à des débats jugés « dangereux », plus question de donner la parole aux fauteurs de troubles et aux semeurs de doute, plus question de confrontation libre des opinions et des idées !
Au sein de notre système démocratique, les élections au suffrage universel sont un instrument d'une grande efficacité pour assurer le maintien stable de la fraction de personnes stupides parmi les puissants.
Rien sur l'apparence n'indique le contraire. On dit qu'un énarque peut étudier un dossier deux minutes et en parler pendant deux heures. Pour dire quoi ? Rien.
Mais la majorité des gens sont impressionnés. Ridicule !
Le directeur de cabinet adjoint d'un de nos premiers ministres récents est nommé à la tête de Gaz de France. Il n'avait aucune expérience de gestion et de fonctionnement d'une entreprise. Alors pourquoi a-t-il ce job ? Parce qu'il faisait des analyses décapantes du parti socialiste et cela faisait plaisir à « Jacquou premier » (il aurait valu mieux le qualifier de dernier).
Les symboles et les mythes sociaux sont les produits phares de la bêtise de nos politiques. Notre capacité à accepter les promesses politiques finit par s'émousser. Et le citoyen a de plus en plus conscience que le marché politique est un marché de dupes.
Mais le politicien est normalement plus malin que son « client-électeur-contribuable », puisque tout son art consiste à vivre à ses dépens sans que ce dernier se rebiffe. Il va chercher toujours plus à s'attirer ses bonnes grâces en se faisant psychologue, pour sonder son âme et en déceler les craintes, les aspirations, et la phénoménale capacité à s'illusionner.
Le citoyen a un besoin illimité de protection. Chaque jour, il risque de perdre son emploi, d'être agressé dans la rue, de tomber malade, de s'appauvrir et de ne plus pouvoir conserver son train de vie, etc. Il faut donc lui vendre des talismans protecteurs, et au besoin lui faire peur pour qu'il les accepte. Pour répondre au besoin illimité de protection, le politicien va jouer les apprentis sorciers et proposer des « mesures » qui se révèleront toujours pires que le mal auquel elles sont censées remédier.
Voyons quelques exemples typiques :
- Salaire minimum pour éviter d'avoir des travailleurs pauvres, ce faisant, on créera une nouvelle barrière à l'emploi qui exclura ceux dont le travail valait moins. Le SMIC devient ainsi un symbole de progrès qui ne protège en réalité personne.
- On durcira à coup de réglementation les conditions de licenciement pour « éviter les abus » des employeurs (le chômage est la principale cause des problèmes dans notre société), ce faisant, on dissuadera les patrons d'embaucher, mais peu importe, on crée ainsi un nouveau symbole appelé « Code du travail » censé nous protéger, alors que le résultat est bien de nous précariser davantage.
- L'assurance santé obligatoire qui n'a d'assurance que le nom (en l'absence de prime liée au risque, de contrat, de garantie) et qui détourne plus de 20 % du salaire complet, soit un 13ème et un 14ème mois complet net pour net : c'est la symbolique « Sécu » à laquelle le citoyen est tellement attaché, tel le chien à sa chaîne. Une chaîne héritée du communisme français, qui remonte à 1945, mais qui est solide, car les gouvernements (non communistes) n'ont eu de cesse de la renforcer au fil des ans, bien qu'elle contrevienne autant à la législation européenne qu'au droit de l'homme à disposer librement des fruits de son travail. De plus, depuis 30 ans 20 réformes de la Sécu ont été mises en place. Résumons-les : toujours plus de cotisations et toujours moins de prestations !
Bravo pour l'intelligence, pardon la stupidité...
Tous ces symboles contribuent à édifier un mythe, celui de la « protection sociale », du « modèle social », qui n'a d'efficacité que symbolique, car tous ces services (ou du moins ceux qui sont vraiment utiles) pourraient être rendus à moindre coût et meilleure qualité par le marché privé, ce que les intéressés ignorent souvent, aveuglés par l'illusion sociale totalitaire « solidaire ».
La charge symbolique est si forte, que le français abusé reste prêt à payer très cher pour cette « protection », ce qui est tout bénéfice pour les profiteurs de la « République Fromagère ».
Celui qui viendrait à contester ces mythes serait au sens propre un « iconoclaste antisocial » (tel infreequantable, limite « anacho-anti-syndical »), un monstre d'inhumanité, bref, un libéral !
(S'cuse VCRM : mais tu sais bien que je « barre » le mot libéral dès qu'il est employé, pour bien noter que je me conforme à la pensée unique ambiante, qui veut qu'il signifie une grossière insulte à l'intelligence dominante !)
Il préfère vivre sous la clarté du soleil plutôt qu'à l'ombre tutélaire, mais pernicieuse et délétère, de l'État redistributeur. Le soir venu, il parcoure les villes avec sa lanterne, à la recherche d'un homme qui ne croirait plus aux mythes étatiques, mais en vain : les assistés lui montrent les bienfaits de la solidarité forcée, tandis que les ponctionnés complaisants fustigent son « égoïsme » individualiste.
Le citoyen a aussi un besoin illimité de se projeter dans l'avenir, d'espérer en la prospérité, de croire en son bonheur ou en celui de ses enfants, etc. Il ne compte pas sur lui-même pour avancer et réussir dans la vie, cela serait sans doute au-delà de ses forces.
Il faut donc lui vendre du rêve, et c'est une autre des tâches du politicien. Se limiter à subvenir à son besoin de protection par ces symboles « sociaux » inefficaces mais tellement envoûtants serait faire montre de matérialisme mesquin, alors qu'il y a tant à gagner à vendre du rêve, du bonheur futur, le paradis sur terre !...
On lui proposera alors du Grand Dessein, du Vivre Ensemble, de l'Avenir Radieux ou Durable, ou bien l'Europe Sociale, le Pacte Républicain, un Autre Monde (qui est « possible », ou qui est « en marche », au choix), une France qui gagne... bref, toutes les stupidités « pré-totalitaires » qui ont fait leurs preuves au XXe siècle !
(Un autre millénaire déjà, là dis donc !)
Il s'agit d'offrir, non plus l'espoir d'un avantage tangible, comme peuvent l'être les simulacres de protection sociale que nous avons mentionnés, mais un mythe collectif, du rêve à l'état pur, qui en appelle à la fois à l'instinct grégaire de chacun (qu'il soit nationaliste, communautaire, religieux ou identitaire) et à la magie noire, à l'État comme source inépuisable de richesses et de bienfaits, infatigable pourvoyeur de lendemains qui chantent.
Tandis que les « gogos » (bobos ?), sans se poser de questions, vivent de mythes, de symboles et d'eau fraîche, les politiciens, en calculateurs réalistes, cueillent les fruits de l'arbre de la stupidité. On peut penser que le « gogo » n'a que ce qu'il mérite. Cet état de choses serait tolérable si on permettait au restant des gens lucides d'échapper à l'esclavage politique, mais on sait qu'ils n'ont pas le choix ; voter avec leurs pieds restant le dernier recours.
À Marseille on est très fort, nos politiques locaux nous abreuvent de telle sorte que leurs défaites deviennent les victoires. La ville est en faillite à cause d'un endettement abyssal, mais aux dires de ceux qui l'ont créée, il s'agit de la bonne dette. Foutaise !
Demandez à un paysan d'Auvergne (pas Giscard - il a cessé de penser depuis longtemps) ce qu'il pense de la dette. Ainsi, nos politiques stupides sont effectivement plus dangereux que les gangsters car ils sont imprévisibles et ils sont plus nuisibles car, au contraire de ces derniers qui, de quelque façon, se bornent à redistribuer autrement les richesses, ils appauvrissent globalement la société.
Il faut nous réveiller. »
Oui mon ami !
Reste que n'est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Bon d'accord, il lui arrive de lire, quelquefois et par hasard, ces textes sur son écran !
Mais il aura tôt fait de classer ce blog pour ce qu'il n'est décidément pas, vacciné, éduqué qu'il est à repérer à des kilomètres tout ce qui n'est pas conforme au « dogme officiel et triomphant ».
On aura juste la satisfaction d'avoir essayé !
C'est déjà pas si mal...
Bonne journée : I²