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La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

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Stop !

 

Il faut tout arrêter !

 

Là, tout de suite. Ils ne comprennent rien.

Non ! Continuer, recommencer, tous les jours s’il le faut !

Pour qu’ils se mettent à réfléchir un peu.

 

Il se trouve qu’aujourd’hui, c’est « grève générale ».

Avec manifs et tout le toutim de banderoles et de slogans éculés.

Rien de transcendant, je l’admets. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il faut arrêter la réforme des retraites : personne n’y comprend plus rien à rien.

Ou poursuivre et soutenir la lancée de la « très grande sagesse du législateur », jusqu’à ce qu’ils comprennent.

 

Sauf que, car sauf que :

 

1 – Ils passaient sous mes fenêtres ! Pour une fois, j’ai donc pu compter. Environ trois heures et demie, à raison de 15 à 20 par mètre linéaire de chaussée, à l’allure d’un escargot, ça fait entre 350 et 400.000, peut-être un peu plus, de manifestants (on verra ce soir les décomptes de la préfecture) à venir sous mes fenêtres scander « L’ignoble avec nous ! » ou « L’ignoble au pouvoir ! » « Tous ensemble, tous ensemble ! », ou « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! »…

À un moment, je me suis même cru pris à en rêver : Les troupes du Kaiser Guillaume n’avaient qu’à bien se tenir, sur la bonne rive du Rhin !

Qu’ils m’en fassent autant tous les jours SVP !

 

2 – On pouvait encore circuler, dans la Capitale. En bus, en métro, en vélo, et à pied, mais pas en RER : Un vrai miracle les chaussées dégagées de tout « encombrant sur roulette » !

En plus, il faisait beau, presque chaud (et j’ai fini par « casser » mes pompes : elles ne me font plus mal aux orteils) : bon de divaguer nonchalamment, dans ces conditions.

Bref, que du bonheur : qu’ils m’en fassent une tous les jours des comme ça, SVP !

 

J’ai même été en avance sur un RDV maintenu et j’ai pu aller picoler une petite mousse bien fraîche en terrasse à regarder les « nanas passer »…

Pas que des thons, dans ces manifs, finalement.

Faut qu’ils m’en fassent une comme ça tous les jours, SVP !

 

Bon, pour les autres, ceux qui rentraient de province ou de banlieue, ça n’a pas été simple : ni sur la route, ni dans les airs, ni sur les rails de RFF (quoique le coefficient de remplissage des avions et des trains ait pu s’améliorer vertigineusement : la grève, ça a parfois du bon pour les comptes !

Moins de charges salariales et presqu’autant de chiffre d’affaires… Rien que du bonheur pour les marges opérationnelles !).

Faut qu’ils en fassent une comme ça tous les jours, SVP !

 

3 – Rencontré beaucoup de « pré-vieillards » quand même, inquiets d’avoir à bosser plus que prévu.

Je compatis.

Perso, j’ai toujours su et me suis adapté : À chacun sa perception des réalités, n’est-ce pas ?

 

Mais s’ils veulent survivre, au moins un peu décemment les dernières années de leur vie sur Terre du fruit de leur labeur piqué jusque dans leur poche, faudra bien qu’ils y réfléchissent autrement que comme le patron du NPA (« Nabot Pour Autistes » : il est assez râblais en même temps que fluet, finalement, genre, si j’éternue, je mets ma main devant la bouche, de peur de l’éclater contre le mur de l’immeuble d’en face… Je l’ai croisé du côté de Montparnasse), qui rappelle très justement que les profits du CAC 40 ont augmenté de 85 % l’année dernière.

En pleine crise mondiale, ils font fort : 65 milliards en 2009, 75 en 2008, 101 en 2007…

Pas vraiment à jour des données macro-économiques du pays, le « petit facteur », ni de quoi se réjouir : c’est nettement moins que les déficits publics !

Bref, qu’ils arrêtent, qu’ils arrêtent !

 

Et puis, c’est autant pour investir dans le futur, si encore ce futur n’était pas « délocalisé »…

Encore que, faut pas non plus dékonner : la fiscalité de l’IS-BIC est telle que quand on verse des dividendes en paiement des « apports en capitaux », on paye de l’IS et de l’IR dessus.

Quand on paye la même somme au titre des intérêts en compte courant des « apporteurs de capitaux », c’est déductible à l’IS et c’est imposable à l’IR avec retenue à la source parfois moins onéreuse que le barème progressif !

Encore une hérésie, mais c’est comme ça.

 

4 – J’ai enfin trouvé ma voie, ai-je cru penser un instant : Y’a un lycéen de terminale, pourtant d’un lycée d’élite, portant le badge de l’UNL, qui me raconte qu’il est contre le report de l’âge de la retraite parce que déjà, le premier CDI est en moyenne à 27 ans, que donc il faut patienter jusqu’à 68 ans pour avoir une carrière complète (comme si c’était un dû pour tous) et que ça fera autant de postes à pourvoir en moins !

Oui, parce qu’on va vous raconter qu’il y a eu un suivi massif des « jeunes » : 400 lycées « perturbés » sur plus de 4.000 ! Et quand on dit « perturbé », ça veut dire quelques poignées qui ont bloqué les entrées au début des cours et sont allés pisser à froid ensuite…

 

« Beuh ! » lui ai-je fait. « Tu es près à payer plus durant toute ta vie laborieuse pour faire mon boulot ? »

Marrant comme il a eu le regard dans le vague, sur le coup. Il s’est peut-être rendu compte qu’il manifestait contre la manifestation, je ne sais pas…

Et moi d’enfoncer le clou : « Que je suis prêt à te le vendre cash, si tu préfères ! »

Pauvre type d’élite : payer pour pouvoir travailler. Pas né « Corsu », celui-là…

Qu’ils arrêtent, qu’ils arrêtent !

 

Encore, aurait-il fallu qu’il soit formé pour le faire correctement, ce boulot, mais bon, comme c’est moi qui forme, si je dégage en haut de ma montagne regarder les nuages passer, il n’est pas prêt de me remplacer, ai-je pensé.

Et plus loin de constater que décidément, depuis 15 ans que je m’enquiquine à « former la relève », j’ai toujours aussi peu de concurrent nouveau.

Dommage, ça m’aurait bien amusé qu’il me réponde « ok » !

Qu’ils m’en fassent une tous les jours comme ça, SVP et moi j’arrête de débloquer à plein tube !

 

5 – En attendant, ce sont les « marchands de 4-saisons » qui ont plié bagage plus vite que d’habitude sur un boulevard adjacent.

Vers l’heure du repas, d’habitude, on peut se faire des lots de queue de vente à bas-prix.

Là, à 11 heures 30, ils étaient priés de ranger leurs étals.

Z’étaient pourtant pas sur le parcours qui allait à Bastille par le boulevard St-Germain et du coup, j’ai été obligé de m’ouvrir une boîte de conserve…

Qu’ils arrêtent, qu’ils arrêtent ! C’est absolument dégueulasse…

 

6 – Les flics ! Alors-là, nerveux et nombreux à faire la circulation automobile et bloquer les accès.

Parfois toutes sirènes hurlantes !

Ça leur chauffe aussi le neurone, ces grands rassemblements : ils ne craignent pas pour leur retraite (d’autant qu’ils ont des primes pour les manifs), mais seulement les débordements.

Qu’ils leur en fassent une tous les jours des comme ça, SVP !

 

Il est vrai qu’à part la tête de cortège, y’en avaient qui manifestement étaient aussi venus pour en découdre en fin de manifestation (derrière les « Orange »). Plus tu vas sur la fin d’un cortège, plus tu gueules d’avoir eu à patienter pour démarrer et que ta journée elle n’est pas finie, en plus : faut aller au bout comme la tête de cortège !

Après la liesse, les chansons, les vers des slogans, le bruit des tambours et mégaphones, la fumée des merguez, le tout sous de jolis ballons captifs gonflés à l’hélium (oui, c’est curieux tous ces « petits-gars » qui viennent pour faire la fête alors qu’ils devraient être en colère : Ça devrait pouvoir faire l’objet d’une étude de comportement psychosociologique assez intéressante !), la castagne.

Une méga-catharsis populaire.

Qu’ils arrêtent, qu’ils arrêtent !

Y’a d’autres moyens de passer sa colère : Voiler les femmes comme des bonnes-sœurs, taper sur plus faible que soi, piquer leur sac aux vieilles, brûler de la bagnole (c’est bon pour le renouvellement de la flotte), bouffer des saucisses-frittes jusqu’à l’indigestion, je ne sais pas moi !

 

On verra ça ce soir au JT : Je vais me fendre d’une visite chez la voisine, puisque demain les MNPP ne bossant pas, les rédactions étant en grève, on n’aura pas de journaux pour savoir !

 

7 – Enfin une parole sensée, d’un journaliste économiste (je ne sais plus lequel, dommage), entendu par hasard à la télé d’un bistrot-tabac-PMU du coin (car ceux-là, les joueurs, ils ne font pas grève) :

« La réforme n’est pas suffisante. Tout le monde sait qu’il faudra y revenir avant 2018 (…) »

« Ce n’est qu’un premier pas : l’étape suivante (2018 ou avant ?), c’est le passage à la retraite à point (…) ».

« La dernière étape, c’est la retraite à la carte (…) »

« Les esprits sont mûrs. Les politiques ne le sont pas encore ! »

 

Ouf ! Il ne faut pas désespérer du bon sens, finalement.

STOP et bonne fin de journée de boulot, les jeunes !

On remettra ça à plus tard…

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