La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Vous avez dit un « choc ou pacte » de compétitivité ?
C'est aujourd'hui qu'on va savoir enfin car depuis trois décennies que les gouvernements qui se sont succédés à la tête de mon pays ont compté exclusivement sur la « fée de la conjoncture mondiale » pour guérir la double impuissance gauloise sur les déficits et l'emploi.
Trois millions de chômeurs, une flambée des CDD au détriment des CDI, même dans les « grands-groupes » (un type de contrat qui va bientôt être réduit à la seule sphère publique), trois pourcents de déficit recettes/dépenses à terme, à terme seulement : On dépense 103 quand on ne finance que 100.
Trois dizaines de milliards d’effort, réparties en trois tiers égaux entreprises, ménages, puissance publique, nous annonçait-on.
Tout dans la symbolique de la trinité, décidément…
Et puis la déception : Quand les Allemands présentent un budget 2013 de 302 milliards alors que celui de 2012 ressortira à 312 milliards sans que la société-sociale n’explose en plein vol, sans que les entreprises ne déposent leur bilan, sans que les exportations de dévissent, sans que leur PIB ne frémisse, il y a bien 10 milliards de moins, « François III » augmente quand même le budget de la Nation de plus d’un milliard.
Et il s’agit d’euros dans les deux cas…
Même la Suède s'est attelée à la tâche avec succès depuis quelques années, mais toujours pas nous.
Les dix milliards d’effort des entreprises, ils n’y seront que de 6 à 7 milliards. Et encore, bien des recettes espérées s’évaporeront sous les soleils des îles exotiques et de leurs paradis fiscaux.
Quant aux ménages, non seulement on rabote leur maigre pouvoir d’achat par des taxes et impôts supplémentaires en taux, mais en plus ils payeront les « recettes de poche » quand ils iront consommer leur « petite-mousse-Picon-matinale ».
Oh non, pas fou : Les brasseurs notoirement connus ne seront pas épargnés, mais les « locaux » et « petits » pourront grandir pour ne pas payer…
Un petit coup de poignard de plus dans le jeu de la libre-concurrence d’entreprise !
On nous dit qu’il s’agit de ne pas tuer le « seul moteur de croissance » qui marche encore : La consommation.
Et pourtant déjà le consommateur change ses comportements : Il consomme moins, c’est insensible mais bien réel à en voir les volumes publiés par les grandes enseignes.
Ils consomment « moins riche » à en croire les récentes études Nielsen (qui vous mesurent sous toutes les coutures) en boudant les marques de l’industrie agro-alimentaires qui souffrent.
Et ce n’est pas fini.
C’est aussi les propos « non-tenus » (il les a démentis) du patron de Mitsubishi-Gauloisie constatant à Cap d’Antibes la supposée schizophrénie du ministre du redressement productif : « Je ne comprends pas ce ministre qui ne connaît pas ses dossiers de l'automobile qui représente 25 % des revenus de la France et 10 % de l'emploi dans notre pays, car il n'y a pas seulement les constructeurs mais aussi ceux qui travaillent par ou pour l'automobile directement ou indirectement. »
Et d’aller plus loin : « Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologiques, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales... Tous le subissent ! »
« Il est bête et ne comprend rien. »
Coup de grâce : « Vous pouvez me citer sans vous inquiéter. Grâce à mes précédentes déclarations sur les chaînes de télévision nationales, j'ai déjà un contrôle fiscal ! ». Sur le dos et à gérer…
Je peux en témoigner : On roule moins, le marché du véhicule neuf s’effondre mois après mois, celui de l’occasion stagne et on a toujours plus de mal à se garer dans les rues de la Kapitale.
Il m’arrive même de faire Paris-province et retour en moins d’une heure aux aurores, mais de passer le reste de ma matinée à poser mon « tas de boue à roulette » tellement le « taux de rotation » des places qui se libèrent se ralentit à l’extrême : Je ne vous raconte pas les douleurs provoquées par l’envie pressante jusqu’à l’urgence de devoir faire pipi !
C’est tel qu’il va devenir plus commode de rouler en taxi d’ici sous peu : Pour le moment, c’est encore plus cher et je n’ai pas les moyens.
Ici, on préfère continuer, par exemple, à arroser le sable immobilier avec des carottes fiscales tout en durcissant chaque jour les contraintes réglementaires et d'urbanisme du secteur.
On a même eu droit à l’épisode invraisemblable du mélange des genres en matière de cafouillage sur la loi de de « Sicile-Du-Flot », tellement c’est « grand-n’importe-quoi » à tous les étages de son administration, déjà taclée sèchement pour avoir inventé un inventaire pas à jour des surfaces disponibles à la construction !
C’est encore un rapport de la Cour des comptes sur la gestion du parc locatif des logements sociaux parigots (ça s’étend jusqu’en deuxième couronne de banlieue) qui constate que le taux de rotation des logements qui se libèrent est jusqu’à dix fois inférieur à celui du reste du pays. Il est parfois nul dans certains quartiers. Comme les place de parking à bagnole certains jours.
Là encore je peux en témoigner : Dans « près de chez-moi », y’a 60 logements de la Ville de Paris et … quelques Mercédès rangées au parking attenant !
Comme autant de témoignage d’échecs d’une « politique de la pénurie » par la préemption.
S'agissant de l'emploi, la tentation est là aussi grande de guetter la croissance, avec quelques rustines de droite ou de gauche selon les cas pour colmater les brèches les plus béantes. Les pouvoirs publics ayant peu de prise sur la conjoncture chinoise, le prix du pétrole ou la démographie, ayant épuisé jusqu'à la corde la ficelle des emplois aidés, le chômage ne pourra être traité que par une évolution du fonctionnement des marchés du travail et des biens et services.
Mais non, on persiste à stratifier et fossiliser ledit marché du travail, allant jusqu’à menacer les entreprises qui recourent aux CDD aux pires des rétorsions.
Y’en a même qui depuis bien longtemps font la grève des embauches.
Et ça enfle.
Et Ô drame : Désormais, on parle de coûts du travail, et du « hors-coût » du travail dans ce pays en pensant que la solution viendra des exportations.
Non seulement ça ne veut rien dire (c’est juste une formule d’un obscure énarque qui fait dans « les nuances » : Une spécialité de tout juriste de droit public bien formé), mais s’en remettre au seul climat économique général et mondial, pour des anti-mondialisates, c’est comme une piqûre dans une jambe de bois (et espérer qu’elle vous en fera des dos de « foie-gras-poêlés-au-miel »).
Les exportations, il nous en faudrait plus, c’est une évidence, mais en soi, c’est une ineptie : Il vaut mieux produire à l’étranger avec des coûts locaux pour vendre à l’étranger et rapatrier les profits (quand ils ne sont pas re-taxer une seconde fois empêchant le financement d’investissements créateurs de valeur), tant que notre industrie n’est pas compétitive.
Ce qui demandera des années et des années…
Il vaudrait mieux réduire nos niveaux d’importation, dès qu’il ne s’agit pas de matière-premières indispensables, en y substituant nos productions locales.
La solution, vous la connaissez, puisqu’il s’agit de la « CSPM » inventée ici même en juin 2007…
Là, on aurait eu un « véritable choc » de compétitivité, où d’ailleurs chacun y retrouve son compte (simulations à préciser).
Au lieu de ça, nos gouvernants persistent à retaper des recettes cuites et recuites qui ont toute en commun d’avoir affiché leur inefficacités… depuis au moins trois décennies.
« Le changement, c’est maintenant » qu’il disait.
C’est vous dire combien je suis déçu…