Entendue lundi dernier…
Et retrouvée par hasard dans la « newsletter » de Haoui.com (du neuf-un), que j’en ai pris mon téléphone pour vérifier que mon correspondant était celui qui alimentait ce site de façon anonyme !
(Ah ! Le net et l’anonymat…).
Je vous la livre telle qu’elle :
C’est l’histoire de ces voisins de paliers qui habitent un de ces grands ensembles qui font la fierté des bétonneurs et édiles locaux du bon usage fait des deniers publics.
Tous les deux ont un chien. L’un des couples bichonne un Yorkshire, modèle « toy pocket », qui vous aboie aux oreilles dès qu’on approche de trop près son « volume de sécurité » démesuré pour sa propre taille et agresse vos bas de pantalon à la première occasion.
L’autre couple a un pitbull monstrueux et baveux, qui fait la joie des familles du quartier tellement il est gentil et affectueux avec tous les gamins.
Le maître de ce dernier le promène tous les dimanches le long de l’étang artificiel de la cité (qui sert de réserve d’eau aux pompiers et de bassin de rétention en cas de forts orages) et passe son après midi à lui jeter des gros pavés le plus loin possible dans l’eau.
Pavés que le clébard se fait un plaisir de ramener frénétiquement à pleine gueule, après une apnée prolongée dans l’eau froide tout du long de l’après-midi sans le moindre signe de lassitude ou de fatigue !
Ce dimanche là, le pitbull hume soudain l’air qui passe, abandonne son caillou dégoulinant et file en direction des sous-bois au triple galop. Bien trop rapide pour qu’on puisse imaginer le rattraper à lui ré-enfiler la longe qui lui sert de laisse.
Il revient quelques dizaines de minutes d’affolement plus tard, avec en travers de la gueule le chien des voisins, tout couvert de boue et autres détritus qu’il dépose, tout content, au pied de son maître !
Très gêné, ce dernier ramène l’objet du crime sous son manteau et son chien, cette fois-ci fermement tenu en laisse, jusqu’à la maison en priant le ciel pour qu’il ne fasse pas de rencontre malheureuse dans sa cage d’escalier.
Son épouse découvrant l’abominable « crime » de sa bête dont chacun sait qu’elle peut devenir un fauve, pourtant si douce habituellement, suggère de nettoyer le cadavre du « pocket toy » et de le déposer discrètement sur le paillasson des voisins, la nuit venue.
Le lendemain matin, à l’heure du car, le cadavre du chien avait disparu et Monsieur pitbull retrouve son voisin à l’arrêt à attendre le même autobus.
« Tu sais quoi ? » commence celui-ci, après les civilités d’usage.
« Non ! »
« Mon chien, tu sais la petite boule de poil à sa maman, eh bien il est mort ! »
« Ah bon ? » fait l’autre l’air le plus attristé possible…
« Mais tu n’imagines pas notre surprise, hier soir ! »
« Ah oui ? Vous avez dû être bouleversés !»
« Tu penses ! Pour une surprise, c’était une surprise !… Tu ne te rends pas compte ! Il est revenu tout seul à notre porte, de là où on l’avait enterré il y a trois jours ! »