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La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

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Histoire Corse (II)

 
Histoire Corse (de valeur très inégale) (II).
 
On dit que les Corsi sont jaloux de leur femme. Ce n’est pas vrai. Ils en prennent grand soin. C’est tout. À preuve, cette histoire de Dumé.
 
Sa sœur aînée, bientôt octogénaire, doit descendre à la ville. Et Dumé n’ayant jamais eu son permis de conduire autre chose que son âne pense qu’il serait plus confortable qu’elle use d’une voiture. Il lui suffit d’en trouver une.
 
Il se met en travers de la route avec son fusil et attend. Arrive une voiture conduite par un touriste continental.
« Fieu ! Un bandit corse, une fois ! » (Raymond, l’unique utilisateur du véhicule, est belge).
 –    Oh la !... On ne va pas plus loin, touriste ! Sois le bienvenu au pays !
        Puis-je faire quelque chose pour vous, une fois, ou dois-je faire demi-tour ?
        Tu descends de la voiture sans discuter… s’il te plaît, touriste !
        Mais je peux repartir, vous savez, une fois ?
        Tu obéis et tu pourras repartir.
        Mon portefeuille ? Mes papiers ? Mon argent ? La voiture, une fois ? Elle n’est pas à moi : je l’ai louée…
        Rien ! Tu sors de là et tu baisses le pantalon !
        Pardon, une fois ?
        Tu baisses le pantalon ou c’est moi qui coupe la ceinture à coup de chevrotine ? »
Raymond s’exécute lentement, ahuri, en se demandant bien sur quel type de bandit il était tombé et ce qu’il allait lui arriver.
 –   Tourne toi, s’il te plaît !
Là, plus de doute : les fesses à l’air, il va se faire violer par un berger Corse, en pleine montagne !
        Maintenant, tu me ferais plaisir si tu te branlais !
        Pardon ?
        Tu veux que ce soit moi qui le fasse, ou quoi ?
        Non ! Non !
Et voilà Raymond effrayé qui s’exécute avec application, sous la menace du fusil collé dans les reins. Quand il a fini son affaire, il reprend son souffle, tout surpris qu’il ne se soit rien passé de plus désagréable.
Mais Dumé n’attend pas :
        Bon ! Recommence !
        Quoi ?
        Recommence !
        Mais je ne peux pas, une fois !
        Tu veux tâter de la chevrotine avec ou tu te dépêches ? Je n’ai pas que ça à faire, moi !
Raymond, sentant se rapprocher encore l’odeur insupportable du fromage corse et la bouche froide du double canon du fusil bien appuyée de ses reins, se remet à l’ouvrage, lentement et sans conviction.
À force de menace et d’efforts, la chose reprend forme et péniblement, très péniblement, après moult difficultés, il parvient à ses fins.
Un vrai calvaire…
        Tu vois que tu peux y arriver !
        Là, Monsieur, je n’en peux plus. Une fois, ça va… mais deux fois, une fois, ça fait mal.
        Et trois fois, bonjour les dégâts ? Tu vas nous le montrer. Recommence !
        Oh non ! Monsieur le berger ! Pitié ! Je ne peux pas ! Vous allez me faire mourir, une fois !
        Mais non ! Allez ! dépêche toi, sinon je te les arrache à coup de chevrotine pour les donner à manger au chien !
Devant cette perspective là, c’est quasiment à bout de ressource que Raymond tente, désespérément de faire semblant d’y arriver. Il lui faut batailler un bon quart d’heure pour commencer à espérer quoique ce soi, pendant que Dumé s’énerve. Et encore un autre pour finir, épuisé, tout le corps lui faisant mal partout, et surtout là.
Mais les menaces du bandit corse derrière lui, sont plus fortes et l’instinct de survie l’emporte, une dernière fois.
        Maintenant, vous pouvez me demander n’importe quoi, mais plus jamais ça ! Je préfère mourir !
        Eh non ! Tu peux remettre ton pantalon ! Tu es un brave.
Et se retournant vers le gros parapet où se cachait une vieille femme habillée toute en noir, Dumé de crier :
        Vanina ! Tu peux sortir maintenant ! Le monsieur a la gentillesse de te prendre en auto-stop ! Sois sage, hein !
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I
On peut toujours, devant un joli sourire, il n'y a pas de problème. Celui de Raymond, c'est qu'il n'en avait pas... d'image !
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J
Pas mal cette petite histoire.Comme quoi messieurs quand on veut on peut.......
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