Histoire Corse
Ça se passe le matin au petit déjeuner, avec force larmes et trémolos de désespérance dans la voix, aux abords d’Ajacciu.
– Non ! Non ! Non ! Je ne veux pas aller à l’école !
– Mais si, tu iras. Enfin voyons ! Qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Finis de manger et tu y files vite fait !
– Non ! Je ne veux plus y aller ! Je n’en peux plus !
– Mais pourquoi donc, mon chéri ?
– Tout le monde m’énerve ! Tout le monde m’en veut ! C’est un enfer, l’école !
– Qu’est-ce que tu racontes ? Tu dois y aller, tu le sais bien. C’est indispensable.
– Non ! Tous les élèves m’agressent en permanence ! Je suis devenu la « tête de turc » de tous les professeurs ! Et je suis même le bouc émissaire préféré des parents ! C’est infernal ! Je ne veux pas y aller !
– Tu es si odieux que ça ? Je ne te crois pas ! Toi un si gentil garçon, le coeur sur la main, toujours prêt à rendre service ! Tu vas y aller, coûte que coûte, même si je dois t’y traîner de force !
– Pourquoi donc ? Pour me faire traiter de tous les noms ? Même de pinzutu ou de piedi negri !
– Mais non ! Pas toi ! Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de Corsu fiéru !
– Je n’arrive même plus à faire mon travail et mes devoirs correctement !
– Mais si, tu arrives très bien, quand tu veux !
– Pour me faire agresser en permanence ?
– Mais ce n’est pas que ça l’école ! Il y a aussi des bons côtés…
– Donne moi une bonne raison, rien qu’une seule pour y aller !
– Deux, si tu veux : tu as 52 ans et tu es le directeur…