À l’heure de Moscou !
Et qu’on ne vienne pas me dire le contraire : Cette fois-ci, on m’a bien volé une heure !
Hier matin, je suis encore tombé du lit avant même que le soleil ne se lève : je n’en revenais pas !
Même qu’au soir, il était toujours là à paresser alors que le chrono indiquait l’heure de l’apéro !
Aucune de mes étoiles ne s’était allumée ! Le fin croissant de lune n’était pas à sa place et j’ai vu l’étoile du Berger drôlement haute passée l’heure du digestif, seulement !
Scandaleux… D’autant, qu’après avoir dit « NON » à l’Europe, docile républicain et démocratique que je suis, il a bien fallu aller prendre « mes ordres » à Washington.
Où, je me suis fait tailler en pièce : ils n’aiment pas beaucoup les « froggies », là-bas. Va pour notre Beaujolais et nos Bordeaux ! Va pour les « french fries », rebaptisées « freedom fries », mais alors l’Euro, ils ne connaissent pas…
Donc, nous voilà maintenant à l’heure de Moscou !
Faut que je retourne immédiatement Place Rouge, pour y prendre mes « ordres ».
Deux heures d’avance sur la méridienne : comment voulez-vous que je puisse faire un point sérieux au sextant ? Car on en dérègle nos chronomètres, à vouloir les remettre à l’heure officielle !
J’ai même une toquante, qui a force de tourner follement deux fois par an, l’aiguille des heures bas la breloque. Mais les minutes tiennent la distance et l’avance ou le recul est nul : c’est d’ailleurs bien la seule… Raison pour laquelle je la garde.
Et pourtant, tout est fait pour que nos « tom-tom (et nanar) » soient incontournables, avec des satellites « GPS »… américains !
7, il y en avait au-dessus de ma tête quand je suis allé chercher les croissants dominicaux !
Bref, furax, une fois de plus… Déjà qu’à l’orée de l’hiver on m’avait bien « piqué » une heure (en me la restituant, paraît-il) à ce que j’en avais loupé le lever du soleil et que mes étoiles s’étaient allumées sans que je ne les regarde faire, ratant la jouissance d’un spectacle magnifique, unique et toujours renouvelé !…
Et tout ça pour quoi ? Un seul minable petit pétrolier à économiser ! Si encore c’était tout au long de l’année, on en économiserait deux !
Un polytechnicien, c’est impossible à gérer : l’heure giscardienne, c’est comme les avions renifleurs : rien dans la tête, tout dans le nez !
Alors, un économisé tous les ans pour 60 millions d’enquiquinés deux fois par an, sans compter les bestiaux, c’était vraiment l’idée du siècle !
Et dire qu’ils font tous ce raisonnement en Europe… Aucun sens critique, les « sachants » de tous pays.
Dément !