Brèves ! I – Hier soir, 20 h 40, l’information tombe : MAM ne briguera pas l’investiture de l’UMP le 14 janvier 2007. Elle réfléchit à ne pas renoncer à se présenter… Seule.
Après NDA, c’est donc la deuxième candidature issue des rangs gaullistes qui s’échappe du parti gaulliste.
Sarkozy souhaitait « une armée » pour aller au combat après avoir fait un « hold-up » sur le RPR, allant jusqu’à écœurer Séguin après avoir tordu le cou à Pasqua et quelques « historiques » encore en état de lui barrer la route !
C’était du « Chirac » après Chirac… Sauf que lui avait tordu le cou aux « barons », sur les conseils d’autres barons à l’occasion d’une élection surprise ayant porté au pouvoir un suppôt du centrisme mou. Non préparée de longue date !
Chirac avait été de plus capable de « tordre le cou » à l’autre suppôt du centrisme mou, issu de son propre parti, en la personne de Balladur.
En faisant trancher par les électeurs, par le peuple ! Ce en quoi, il avait eu une démarche très gaulliste.
- Désormais, soit l’UMP « explose » avant les élections, et j’en serai, pour soutenir MAM, ou un autre toujours attendu : les caciques, de Toubon à Raffarin, en passant par Juppé, Jean-Louis Debré et tant d’autres, ont toujours dit que le Président annoncerait sa décision et que celle-ci n’était pas partisane mais au-dessus des partis (je ne le soutiendrai pas).
Ce sont des fidèles parmi les fidèles.
Nous verrions bien MAM renoncer si Chirac se décide.
- Soit l’UMP « explose » après l’élection présidentielle : nous avons toujours su qu’il s’agissait d’une vitrine sans façade. C’est plus difficile à imaginer, puisque tout de suite après, il faut réélire une députation : Sarkozy, roi des investitures, qui a fait beaucoup de mécontents, roi du « ciseau de la carte électorale » pour être placé au Ministère de l’Intérieur et des Cultes, s’il part trop tôt de la Place Beauvau verra son découpage remis en cause. S’il part trop tard, il verra des « candidatures sauvages », et sans adoubement du parti qu’il préside, fleurir au printemps venant !
Par ailleurs, ses « fidèles à lui », à qui il devra remettre les clés de l’UMP tôt ou tard, risquent de devenir des « généraux dans une armée mexicaine » sans réel prise sur les événements électoraux, ni épaulettes assez larges.
Mes « camarades » communistes me l’avaient toujours dit : « les gaullistes, ce n’est pas un parti, tout juste un club ».
Plus facile à mettre en œuvre que de l’imaginer, en définitive…
D’autant qu’à force de s’occuper de « ses amis », Nicolas laisse le champ libre à ses vrais adversaires. Il s’adressait à « la France qui souffre », Ségolène s’adresse à « la France qui se bat, à la France qui se redresse » !
Tout est dit. Fermez le ban !
Non seulement elle fait rêver à des « Désirs d’avenir », elle s’affranchit d’un programme qui ne veut pas dire grand-chose (et dont chacun sait qu’il ne sera jamais appliqué), mais son entourage est capable de rassembler autour d’elle : Chevénement, l’homme du « Non » républicain, du « Non » à la guerre au Koweït, du « Non » à tout, qui déclarait se maintenir coûte que coûte dans la course à la présidentielle, le dernier des Mohicans, s’est rallié dans l’enthousiasme, sans même parvenir à sauvegarder quelques circonscriptions pour ses « amis » et fidèles. Comme tous les autres, même Lang se posant comme seul héritier du mitterandisme, même Jospin (du bout des lèvres quand même) qui se voyait portant les habits de « l’homme du recours » !
N’est pas « l’Homme du 18 juin » qui veut…
L’OPA des militants (à 20 €) en faveur de Ségolène a fonctionné de bout en bout. Le choix d’un DSK n’est plus autre que de viser Matignon ou Bercy. Celui de Fabius était d’être le porte-drapeau des « anti-libéraux ». Ceux-ci n’étant pas capables de se réunir sous une seule étiquette, les bulletins vont s’éparpiller sur trois, peut-être quatre candidatures.
Même les « écologistes » n’arrivent pas à fédérer durablement : si Voynet est bien la candidate de la formation héritière de Dumont, de Lalonde et de Weatcher, Cap 21 et Nicolas Hulot continuent de « labourer » l’opinion, ce dernier avec son « pacte » à la recherche d’un mentor que personne ne veut être !
Hushuaïa, port du fin fond de Patagonie, devenu émission de télévision à succès, puis marque de shampoing et de déodorant sans gaz à effet de serre, exempt de composé chimique anti-couche d’ozone, a du mal à être une « estampille politique »…
Ca ne surprendra personne.
Bayroux et son union de centristes qui se détestent cordialement, tellement nombreux qu’il est vain d’en faire l’énumération, peine toujours à faire croire qu’il est l’homme qui ne retourne pas sa veste au premier coup de vent (après Jacques Dutronc, qui a du talent, lui, au moins).
Après avoir visé Matignon, il repart à renforcer sa « capacité de nuisance » ici ou là !
Mais même quand il fait du bruit, il reste inaudible, sauf pour ses quelques sympathisants, pathétiques de naïveté.
Alors que d’autres, comme Blanc, Madelin, continuent de « labourer », non pour briguer quoique ce soit, mais pour faire progresser leur vision de la France…
Les graines germeront plus tard.
Reste que ces « divisions », à droite comme à gauche, font le jeu du Front national, du MPF et des Mégretistes : ils se voient bien, ralliement de dernière minute ou non, créer la surprise si la « pêche aux signatures » est bonne !
Conclusion : plus que jamais, Ségolène arrivera à l’Élysée. Moins que jamais elle sera soutenue par une Assemblée Nationale recomposée…
Mais les temps peuvent encore changer : nous ne sommes pas au bout de nos surprises en la matière.
II – Deuxième brève : ACDC, non pas le groupe Rock mais une association de chômeurs constituée en groupe de travail, signale que le « chômage caché », celui qui n’apparaît pas dans les statistiques officielles car elles ne prennent en compte que la « catégorie I » des demandeurs d’emplois, mais les 8 autres, augmente plus vite que ne baisse la première catégorie.
La part du « chômage caché » est passée de 47 % à 51 % (source ANPE) : Il nous faudra donc doubler le prochain chiffre officiel pour avoir une image « vraie » de « la France qui souffre et qui se bat »…
Accrochez vos ceintures de sécurité !
Personnellement, je bloque mon fauteuil à bascule, celui que j’utilise quand je « joue » à l’acheteur ou au dirigeant social…
Normalement, en « manœuvre », quand on m’annonce un prix ou une revendication ou encore un ratio délirant, j’enfonce la manette avec la main droite posée sous le siège, le faisant descendre brutalement de quelques centimètres tout en partant en arrière et en posant la main gauche au niveau de la poitrine, le tout accompagné d’un cri de surprise, bouche grande ouverte sur mes chicots plombés !
Ca fait toujours de l’effet, la première fois !
Il m’est même arrivé de casser un fauteuil en me cognant sévèrement la tête sur le radiateur (la place du cancre, toujours) de derrière, le tout en faisant sauter tous les ustensiles posés sur la table du bureau avec les pieds…
Le Directeur d’IBM France que j’avais en face ce jour là, un « X » aux yeux bridés, et son entourage l’accompagnant (une blonde décolletée profondément à en voir la couleur du string et un ingénieur aux dents jaunes) n’en sont pas revenus : j’avais eu droit à une flopée de logiciels « pour par un sou » pour l’entreprise que je dirigeais alors, tout autant de licences qu’on venait me vendre « hors de prix » dix minutes auparavant !
III – Le prix de ma baguette de pain de 250 grammes était, en moyenne de 25,46 centimes d’€ en 1980.
Le Smic était fixé à 2,038 €, brut. Il fallait donc travailler 7 minutes et 29 secondes.
Désormais le même Smic est à 8,27 € et la « baguette parisienne » de 220 grammes est vendue à 83 centimes d’€…
Pour la même quantité de pain quotidien, je travaille donc 6 minutes et 50 secondes ! Une diminution de prix de 8,68 % en 26 ans ! Qui a dit que les prix augmentent ?
Vive le progrès social !
D’accord, la qualité n’est décidément plus la même : dans le temps, la baguette était encore mangeable le lendemain au petit-déjeuner. Maintenant, on s’y casse les dents !