La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
La bataille des municipales s’est engagée, là, sous mes yeux, dès l’avant-veille de Noël… 2006 !
Si ! Sur le trottoir, lieu de rencontres inopinées et urbaines par excellence, pas très loin de chez Jospin lui-même.
Monte sur le trottoir où je divaguais, à m’en tailler un short d’hiver, pour s’y garer, une immense voiture, genre 2 tonnes de ferraille ou plus, de marque allemande notoirement réputée, immatriculée dans le département dans le neuf-quatre.
Une créature de rêve montée sur échasses en sort de la place du passager avant, pendant qu’un sous-produit de l’espèce humaine, deux fois plus petit qu’elle, un énorme cigare au bec, enroulé dans un manteau de fourrure à poils longs, en fait autant de l’autre côté du véhicule : Ségala avait raison ! Ces gens là « se projettent » dans leur automobile, compensant peu ou prou leur sexualité putative.
Remis de mon émotion, je craque et engage la conversation sur un ton civil : « Vous savez qu’il est strictement interdit de stationner sur les trottoirs, à Paris, depuis quelques temps ! »
L’homme se retourne, l’air mauvais, et me demande de quoi je me mêle. « Mais du respect des lois de la République communément admises ! – J’ai un « coupe-file » (et un macaron tricolore, repère-je).
– Valable rive droite peut-être, mais ici vous êtes rive gauche. Ce n’est pas toléré. Vous souhaitez le vérifier dans l’instant ? » demande-je me saisissant de mon téléphone portable.
Autant il était agressif au début de la conversation, autant, après m’avoir toisé et en déduire que si j’éternuais malencontreusement, il était susceptible de traverser la chaussée en vol plané pour aller s’écraser sur les voitures d’en face compte tenu du volume que déplace, il en devint plus conciliant…
« J’ai une autorisation de Monsieur Delanoë. – Comme quoi ça sert de voter pour lui… Je me disais aussi ! »
Vous aurez noté qu’à aucun moment il ne lui est venu à l’esprit de s’excuser pour la frayeur passée qu’il a généré par sa manœuvre et les bruits de pneus maltraités qu’il fit dans mon dos, ce qui aurait mis fin immédiatement à mes récriminations.
« Mais, mais… Je n’ai jamais voté pour Delanoë et… – N’aggravez pas votre cas ! C’est un délit que de mentir à un substitut du Procureur » (que je ne suis pas, mais il ne pouvait pas le savoir), fis-je d’un ton qui n’admettait aucune contradiction.
« Il pourrait vous en cuire. – … Quoi ? – Il est démontré que nous avons été un peu plus de un sur deux à voter pour lui. Nous sommes deux z’ici. Comme je n’ai pas voté pour lui, je peux vous l’affirmer en qualité de magistrat assermenté (que je ne suis toujours pas), c’est donc vous qui avez voté pour lui ! En plus vous avez obtenu de lui « un coupe-file » qui n’est qu’une tolérance sans fondement légal. Alors dégagez de MON trottoir ou je fais appel à la force publique… »
D’ailleurs, des sirènes sonnaient déjà, plus loin…
« Vanessa ! On rentre, mon chaton ! » dit-il en s’adressant à la créature de rêve qui se marrait sous cape ! « Comme tu veux mon lapin ! »
« Désolé pour vos achats de Noël, Madame… – Mademoiselle, s’il vous plait. – Mademoiselle, veuillez m’excuser… Vous ne devriez pas sortir votre nounours dans les beaux quartiers. – Oh ! Il n’est vraiment pas méchant. Doux comme un agneau… N’est-ce pas mon biquet ? »
Ces deux là rentrent dans leur auto et j’ai le temps de glisser au conducteur : « Profitez-en bien, en 2008 il vous faudra aller voir Madame De Panafieu ou Robert Debré. Mais ils sont aussi rive droite ! »
Ils partent, lui furieux avec des yeux qui lancent des éclairs alors que les sirènes de deux motards ouvrent la route derrière lui…
Deux Motards, une 607 aux vitres fumées roulant à vive allure, deux voitures suiveuses avec gyrophare et surtout, signe distinctif entre tous, une puissante moto chevauchée par deux « G-Men ».
Pas de doute, c’est Villepin ou Sarkozy (les deux hommes du pays capables de dépenser l’argent du contribuable de cette façon là ! Hormis Jacques Chirac. Mais lui reste « rive droite ») : L’affaire « Clearstream » qui me dépasse !
Vive les Municipales, qu’on puisse encore rigoler après les élections qui se préparent dans quelques mois !