La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
« Bling-bling » à la manœuvre !
La Cour des comptes a rendu public, jeudi dernier (en 8), les résultats du contrôle effectué sur la gestion 2008 du budget de l'Élysée.
« Il y a un débat sur l'étendue des pouvoirs du Président de la République ? Eh bien mettons le sujet sur la table et je prendrai des initiatives dans quelques jours pour que le budget de l'Élysée et de la Présidence de la République obéisse à des conditions de transparence indispensables dans notre pays », avait enjoint péremptoirement notre « Ô combien vénéré Président » en juillet 2007, à Épinal.
Avant de rajouter in extremis : « Je demanderai au Président de la Cour des Comptes de contrôler le budget de la Présidence de la République, ce qui n'a jamais été fait jusqu'à présent ».
Dès lors, fort de ce mandat en blanc annoncé à Épinal et confirmé quatre mois plus tard, la Cour des comptes, présidée par « Sait-gain » (le bâfreur de pizza, justement ex-édile de la bonne ville susmentionnée), s'est mise à éplucher toutes les factures de l'Élysée pour l'année 2008.
Un budget « estimé », l'année dernière, à 110 millions d'euros, soit moins de 0,05 % du budget de l'État (plus de 358 milliards), selon les chiffres de la Cour.
« Le budget de la Présidence ne constitue pas un enjeu financier important », a souligné le Président de la Cour des Comptes (comme si il voulait en rajouter...), « mais il est évidemment hautement symbolique et donc propice, en l'absence de vérifications portées à la connaissance du public, à toutes sortes de supputations pour ne pas dire de fantasmes ».
Dixit dans le texte...
Les contrôleurs de la Cour ont donc tout passé en revue, avec « l'entière collaboration » des services de la Présidence.
Et ils ont été les premiers à se rendre compte que 14.123,00 € liés à des dépenses privées de « Bling-bling » Sarkozy avaient été payés par inadvertance par la Présidence de la République.
Une affaire qui aurait pu faire mauvais genre...
Le chef de l'État a aussitôt assuré à l'institution qu'il ignorait que l'Élysée avait pris en charge ces dépenses personnelles et a remboursé, avant la publication de l'enquête, l'intégralité de la somme.
Faut dire qu'avec un salaire de 240.000 € (avec retraite mais sans bonus), il a les moyens...
Sur le coup, la Cour a précisé que le chef de l'État avait donné instruction pour qu'on lui remette en mains propres les factures de ses dépenses privées et de celles de sa famille, si par hasard il ne les avait pas déjà en poche !
On ne sait jamais : à son tour de sortir le chéquier...
La Cour des comptes a aussi remarqué que l'Élysée ne procédait pas à des « mises en concurrence systématiques » de ses fournisseurs et prestataires de services.
Ainsi, pour les achats de boucherie, le Palais se fournit dans la même boutique depuis 1969.
Une vraie rente de situation pour de la « barbaque goûtuse » !
Pour l'organisation de la garden-party du 14 Juillet, le prestataire retenu est également le même depuis 1995 « alors que l'offre de son concurrent n'atteignait que 186.904 euros contre 296.437 pour la sienne ».
Certes, comme le souligne le rapport, le savoir-faire est « tout aussi primordial » que le prix, il ajoute même que la consultation d'autres entreprises que celles habituelles « n'a été que de pure forme ».
Ah oui ?
Comme cela est joliment dit : « Pourquoi payer plus cher ? » se demandaient les autobus de la RATP dans un pub d'antan pour le discouteur ED (filiale urbaine de Carrouf).
« Parce qu'on est kon ! » avait répondu en masse le consommateur parigot, « et qu'on aime ça en plus ! »)
Mais, il n'y a pas que pour la « garden-party » que les règles de la mise en concurrence n'ont pas été respectées.
Ainsi un contrat entre l'Élysée et l'institut de sondage Opinion Way a donné lieu à une série de sondages pour le Palais.
Petit problème, relève la Cour : la plupart de ces enquêtes d'opinion ont été intégralement publiées dans la presse. « On pouvait, dès lors, s'interroger sur l'utilité de ces dépenses », remarquent les contrôleurs.
D'autant mieux qu'en ces temps de crise nationale...
Par ailleurs, la Cour des comptes relève les économies possibles, soulignant que « des marges de progression existent » encore :
1 - La Cour constate des dépenses d'un montant relativement important sur certains achats : les fleurs (257.809 €...), le linge de maison (155.396 €...), qui pourraient être réduits grâce à une meilleure mise en concurrence.
Ou par simple soucis de « bonne gestion » : à 1,7 MFrs les bouquets de fleur par an, « Carlita Bunnie » est sans doute la « femme-de-France » la mieux fleurie du royaume pays !
Mais, quand on aime, on ne compte pas, me direz-vous !
Et puis « elle le veaux bien »... n'est-ce pas ?
Y'a aussi que des pénalités pour retard de paiement ont été relevées, comme pour les factures d'électricité (2.580,33 €) et de gaz (504,70 €).
« De telles négligences, fussent-elles accidentelles, ne devraient pas se produire à la Présidence de la République ».
C'est la Cour qui le prétend, hein, pas moi (qui paye tout toujours en retard : j'aime bien quand me supplie d'honorer mes factures ! C'est comme ça...)
2 - Les déplacements effectués par « Bling-bling » en France et à l'étranger pour un coût sommaire de 14 millions d'euros.
Et encore, ce montant ne comprend pas les trajets réalisés au deuxième semestre de l'année 2008, pris en charge par le budget spécifique de la présidence française de l'Union européenne (qui est audité par qui au juste ?).
On en a donc pour 6 mois seulement pour ce prix-là...
Ça va être dur pour le « petit chou », en 2009 : Son « voyage privé » à New-York pour écouter chanter « Carlita Bunnie » en hommage à Mandela ce week-end, c'est combien ?
Car, pendant ses voyages, il peut y avoir plusieurs centaines d'invités, précise le rapport.
Pour les trajets avec notamment la présence de nombreux chefs d'entreprise, la Cour suggère que ces derniers participent à la couverture des coûts du transport, à l'image de ce qui est demandé aux journalistes.
Dur d'être patron du CAC, par les temps qui courent.
Pour les déplacements privés, la Cour suggère aussi que notre « Ô combien vénéré Président » n'emprunte plus les lignes commerciales régulières réglées sur ses deniers personnels...
Pourquoi ?
« Le mieux peut être, néanmoins, l'ennemi du bien », précise-t-on.
« Prendre un avion de ligne pour un déplacement répond aux attentes de l'opinion. Mais cette banalisation des déplacements privés du chef de l'État est paradoxalement coûteuse ».
Tout simplement parce que même en déplacement privé, Le Président reste Le Président !
À ce titre, il est forcément accompagné par un certain nombre de fonctionnaires (aide de camp, un ou deux transmetteurs pour maintenir la communication avec le Palais de l'Élysée, l'officier en charge des codes du « bouton atomique », etc....).
Soit 6 à 7 billets allers-retours à payer par le contribuable : Pas sur ses deniers perso, pensez donc !
Et le plus dur pour le bon sens... parce qu'au même moment un avion de l'ETEC (Escadron de transport d'entraînement et de calibrage, mais oui, le remplaçant de feu le GLAM), voyage à vide, bien obligé d'accompagner le chef de l'État afin de lui permettre de regagner, en cas d'urgence, Paris ou toute autre lieu dans le monde, à toute heure du jour et de la nuit et des week-ends et vacances présidentielles.
Pour ce faire, il brûle du kérosène à vide, mobilise un équipage et son rechange, une équipe de techniciens de maintenance, la « garde rapprochée » dudit appareil et il paye les taxes aéroportuaires où il stationne près de son lieu de séjour sur un aérodrome de proximité : autonomie oblige.
La sécurité de la Nation est à ce prix-là !
Alors, pourquoi, en plus, ne pas aussi embarquer « le chef » ?
En bref, pour 110 millions, le tout n'est pas un exemple à suivre en matière de gestion de « bon père de famille ».
Dont acte...
Peut mieux faire !