La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Vous en aviez rigolé récemment.
Mais depuis mon post du 8 juin dernier, il se trouve que quelques élus européens s'inquiètent.
Les nouveaux « Gentils Membres » (GM) de l'hémicycle auront décidé de tous toucher 7.665 euros bruts par mois.
Quel que soit l'État dans lequel ils ont été élus.
Car jusque-là, ils étaient « indemnisés » chacun par leur propre « État contributeur », hors les « à-côtés ».
Et à ce jeu-là, c'étaient les italiens qui étaient les mieux « défrayés » de toute l'Europe des 27. « Ils touchent en effet 11.703,64 euros bruts mensuels », indique une porte-parole du Parlement européen, à condition de ne pas sécher les séances de travail.
C'était bien plus que les élus français, qui émargent à quelque 7.008,65 euros, dans la moyenne des élus des grands États de l'ouest de l'Union, comme l'Allemagne (7.339 euros), la Belgique (6.243,59 euros), l'Autriche (8.160 euros), l'Irlande (7.791 euros), les Pays-Bas (6.949,86 euros), la Grande-Bretagne (5.397 livres, mais la pound ne vaut plus ce qu'elle valait), etc.
À ce décompte-là, le cas des eurodéputés espagnols, certes payés sur 14 mois par an, était d'ailleurs très étonnant.
Avec leurs malheureuses indemnités de 3.126,53 euros, ils faisaient figure de « gagnepetits ».
En tous cas, un eurodéputé ibérique était certainement celui qui coûte le moins cher à son pays rapporté au niveau de vie.
On peut donc avoir quatre ibères pour le prix d'un seul député italien.
Et au jeu des comparaisons nationales, les ressortissants des certains nouveaux États membres étaient totalement largués : un maltais venu de sa lointaine île méditerranéenne n'émargeait qu'à hauteur de 1.262,52 euros.
Se taper un trajet aussi compliqué que La Valette-Strasbourg s'avérait donc une affaire peu rentable.
Un eurodéputé slovaque ne touchait quant à lui que 1.512,23 euros, alors qu'en aval du Danube, son homologue hongrois percevait trois fois plus : 4.975,34 euros mensuels bruts.
Mais c'était l'élu bulgare qui méritait la « cloche d'airain » et le qualificatif « d'eurodéputé smicard » avec ses minables 900 euros par mois.
De quoi créer un « lumpenprolétariat » au sein du Parlement communautaire et des risques réels de tensions sociales entre « classes d'eurodéputés ».
Depuis la dernière vague d'élargissement de l'Europe, il n'y a donc pas qu'entre un chauffeur routier roumain et un conducteur de poids lourds français, un plombier polonais et son homologue irlandais que les écarts de salaires sont considérables !
C'est que, jusqu'alors, le montant des émoluments était fixé par chaque État et financé chacun par son budget national.
Mais avec le nouveau Parlement élu le 7 juin, on entre dans un nouveau régime.
Tout va s'arranger, tout va s'harmoniser d'un coup de baguette magique grâce au nouveau statut d'élu européen.
Principe applicable désormais : même salaire pour tous, qu'ils soient socialistes ou ultralibéraux, c'est-à-dire fanatiques de la concurrence à tout crin et adversaires des minima sociaux garantis, tous bénéficieront de cette considérable avancée de l'Europe sociale : outre une protection sociale, ils auront chacun droit à un niveau d'indemnités identique fixé à 7.665 euros bruts, soit 5.963 euros nets.
Quel que soit donc le pays dans lequel ils auront été élus.
S'y ajouteront les traditionnelles « indemnités de frais généraux » de 4.202 euros et une indemnité journalière de « subsistance » de 295 euros ainsi que les remboursements des frais de voyages pour faire « bon poids bonne mesure ».
Et ce grâce au tout nouveau statut de l'élu européen.
Pour les Français, cela ne changera pas grand chose - à quelque 600 euros bruts près - mais pour un élu roumain, lituanien, siéger à Strasbourg, c'est finalement comme gagner au loto !
Il y a fort à parier qu'une telle mesure ait des effets inflationnistes sur leur classe politique nationale respective, chez certains « membres de l'UE » : Il ne faudrait quand même pas qu'un eurodéputé soit mieux payé qu'un ministre ou qu'un Président de la République !
« Bling-bling » a bien fait de prendre les devant il y a deux ans !
En fait, pas du tout pour tout le monde : « Ce nouveau statut n'est pas obligatoire. Plutôt que de faire des sacrifices, les eurodéputés italiens (par exemple) vont conserver leur ancien statut jusqu'en 2014 », confie-t-on au Parlement, et certains de persister à empocher bien plus que les autres.
Que la vie est belle en « social-démocratie avancée » !
Bref il n'y a plus qu'à appliquer au vulgum pecus européen le principe de cette belle harmonisation sociale par le haut !
Et l'Europe deviendra à coup sûr un truc très populaire.