La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Alain Orsoni en taule !
Alain Orsoni est le président du club de football d'Ajaccio (L2) mais aussi un ancien dirigeant nationaliste corse. Il a été écroué jeudi dernier.
Avec deux autres personnes, dans le cadre de l'enquête sur un assassinat en Corse, a indiqué le proc' de Marseille avant-hier.
Orsoni, interpellé jeudi sur commission rogatoire de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, est accusé d'« association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre en bande organisée », en l'occurrence celui de Thierry Castola, un pompier de 36 ans tué par balles le 3 janvier 2009 au sortir d'un bar de Bastelicaccia (Corse-du-Sud).
Lundi en début de soirée, M. Orsoni devait être présenté à un juge des libertés et de la détention (JLD) mais l'avocat du mis en examen, M° Antoine Sollacaro, a précisé qu'il avait obtenu que le débat soit différé. « Cela aura lieu jeudi à 15 H 00, dans l'attente, M. Orsoni reste détenu », a indiqué l'avocat.
Encore un type qui sait défendre ses clients au point de les laisser croupir en taule une longue semaine de farniente et d'intelligence ?
Le parquet de Marseille, lui, a requis son placement en détention.
Mise en examen « d'extravagante » affirme pourtant l'avocat. « Elle ne repose sur rien, on a soi-disant un mobile mais ce n'est absolument pas un mobile suffisant », a-t-il ajouté.
Bref, il faudrait savoir, quand même !
Le mobile ?
Selon des enquêteurs, Francis Castola avait des intérêts dans les jeux en Amérique du Sud, secteur où Alain Orsoni, selon ses dires, a travaillé comme consultant durant son exil, « politique »...
Ah la nostalgie de Sainte-Hélène !
C'est dans ce cadre qu'un contentieux serait né entre les deux hommes. « Tout cela est tout à fait farfelu », a commenté l'avocat qui a par ailleurs jugé la qualification d'association de malfaiteurs retenue contre son client injustifiée, M. Orsoni n'ayant jamais eu aucun rapport avec les deux autres personnes mises en examen avec lui et qui sont, selon l'avocat, des amis du fils d'Orsoni.
Ah les affaires de famille...
Le meurtre de Castola s'inscrit dans une série de morts violentes qui décime le banditisme insulaire depuis l'assassinat de Robert Feliciaggi, élu corse à la tête d'un empire des jeux en Afrique, et le décès « accidentel » du « parrain » Jean-Jé Colonna en 2006.
Il faut rappeler que Robert Feliciaggi, né le 15 mai 1942 au Cap en Afrique du Sud et mort assassiné le 10 mars 2006 sur le parking de l'Aéroport d'Ajaccio.
C'était un « présumé proche » de Charles Pasqua, maire divers-droite de Pila-Canale (Corse-du-Sud) depuis 1994, pas très loin des futures « zones humides » (protégée par la loi littorale) qui par la magie du Padduc en discussion (et qui vient de recevoir un avis favorable) va rendre constructible.
Il présidait aussi le groupe « divers-droite Union Territoriale » à l'Assemblée de Corse.
Populaire, affable, il était également proche de son cousin Toussaint Luciani, de Noël Pantalacci et de Jean-Jé Colonna, originaire de son village.
Il passa une grande partie de sa vie au Congo-Brazzaville, multipliant les entreprises dans le domaine du tourisme et de la pêche industrielle.
Dans les années 90, Robert Feliciaggi crée plusieurs établissements de jeux en Afrique avec son associé Michel Tomi.
En avril 1991, il a fondé the « Fortune's Club », une société de jeux et de loisirs au Cameroun, ainsi que la Société des grands casinos en France.
Proches de Charles Pasqua et du RPF, ils furent tous les deux mis en examen dans l'affaire du financement illégal du RPF.
On rappelle à ce sujet que dans l'affaire du casino d'Annemasse, celui-ci avait reçu une autorisation d'exploitation par le Ministère de l'Intérieur, en 1994 alors que Charles Pasqua en était encore ledit Ministre.
Michel Tomi a affirmé que l'argent prêté au RPF par sa fille Marthe Mondoloni, provenait de la cession d'actions d'une société gabonaise de Paris, la Cogelo.
La somme totale prêtée au RPF se monte à 7,5 millions de francs (soit 1,143 million d'euros).
Michel Tomi et Robert Feliciaggi ont été mis en examen pour « faux », « financement illégal de campagne électorale » et « abus de confiance ».
Il a comparu en octobre 2007 dans le procès en première instance pour le financement illégal présumé de la campagne du RPF pour les élections européennes de 1999.
Le 12 novembre 2007, il a admis à l'audience qu'une partie de la vente du casino d'Annemasse (Haute-Savoie), en 1995, avait bien servi à financer la campagne de Charles Pasqua et Philippe de Villiers.
Les fonds prêtés par Robert Feliciaggi au RPF auraient bien été une contrepartie de l'autorisation d'exploitation accordée par le ministre Charles Pasqua.
Ces fonds ne provenaient pas de la cession d'actions d'une société gabonaise de Paris, la Cogelo, mais de « sa part sur la vente du casino » d'Annemasse.
Sa fille Marthe Mondoloni, un personnage important pour être la gérante du « PMU gabonais », aurait joué le rôle d'intermédiaire à deux reprises.
Cependant Michel Tomi a refusé de reconnaître que ce versement constitue un « pacte de corruption ».
Comme dit l'autre, si ce n'est pas du Schweppes, ça y ressemble drôlement !
Bref, nous revoilà, sur fond de règlement de compte à « Ok Corral » dans la mouvance du banditisme insulaire, de nouveau sur la piste des « comptoirs africains », dont vous savez, au moins vous, amis lecteurs, les liens « supposés » avec l'affaire Érignac.
On se souvient que de mai 1988 à octobre 1989, Érignac était le directeur de cabinet du Ministre de la coopération et du développement, Jacques Pelletier sous « Roro-Card » (Jacques : un « Giskardien à la barre » avant de finir Rad-Soc), avant de rejoindre Nancy en qualité de Préfet (Claude Érignac : fait suivre un peu dites donc !)...
Pour en revenir sur la cité napoléonienne à l'équipe de foot locale si brillante, la Jirs de Marseille s'est saisie d'une douzaine d'affaires de ce type-là, dans le but de démêler cette recomposition du milieu corse.
En notant que Castola était un ancien sympathisant du MPA d'Alain Orsoni et son fils, un homme « réputé » être proche de la bande ajaccienne dite du « Petit Bar » - du nom d'un débit de boissons - assassiné, lui, en mars 2005.
« Petit bar » contre « Brise de mer » ?
Ajacciu contre Bastia ?
Tout cela se passe bien autour d'un verre entre amis, finalement...
C'était mon petit détour de nostalgie à l'égard des odeurs de mon maquis printanier...