La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
J'en suis resté scié...
Si on se met à en parler « à pleine page », c'est qu'il se prépare « un truc ».
Et Les Echos de publier dans leurs colonnes de l'édition du 20 mai dernier un entretien de Jean-Marc (pas le mien...) Vittori recueillant les propos du sociologue François Dupuy.
Ce gars-là est devenu consultant en « free lance » alors que je m'échinais, à l'occasion de mon dernier boulot « d'esclave salarié » à redresser une boutique d'allumés qui soignaient des patients qui patientaient en dépensant plus de fric qu'ils n'en rapportaient, genre 1 euro pour 1,92...
J'en suis parti avec une addiction au tabac incommensurable, incontournable et inaltérable suite à plusieurs grèves générales et une séquestration dans mon bureau (avant mon « évasion » rocambolesque par la fenêtre, le long de la gouttière en passant par un balcon de chez la voisine), sans licencier personne mais en ramenant le ratio précité à 1 pour 0,98 !
Je suis passé indépendant l'année suivante.
Et nous avons commencé à enseigner tous les deux dans la foulée, pas aux mêmes endroits, mais à peu près au même moment, lui étant mon « aïeul » de plus de 10 ans...
Je me souviens très bien de lui, parce que lors de ma soutenance de thèse sur les périphériques de rémunération du régime des salariés, il m'a été cité par l'un des membres du jury (alors que je ne le connaissais ni des lèvres ni des dents) pour déjà faire partie du CNRS alors même que j'avais eu ce mot, pas si idiot que ça mais vraiment « malheureux » à l'oreille des fonctionnaires de l'enseignement supérieur, annonçant la fin du salariat.
Dans mon esprit d'alors (et ces traits de génie de « blanc du bec » que je suis resté : si je ne m'envoie pas de fleurs, personne ne le fera à ma place, n'est-ce pas !), il s'agissait plus de la fin d'un « modèle vertical », parce que les rapports de travail dans l'entreprise devaient changer en impliquant bien plus les salariés aux objectifs des managers.
La suite devait me donner raison : les périphériques, déjà assez nombreux à l'époque, n'ont fait que se multiplier depuis avec des carottes fiscales et sociales telles que la confusion entre « actionnaires », « possédants » et « laborieux » salariés ne pouvait que croître et embellir.
Sans doute pour sauver le « modèle existant » appris dans les cénacles des meilleurs « hautes ékoles ».
Par ailleurs, l'évolution du droit du travail à travers la jurisprudence et les réglementations successives issues du pouvoir politique, tuait pourtant lentement le lien de subordination jusqu'à tuer la notion même de travail salarié.
Mais il faut être « né juriste » pour suivre cette évolution-là...
Là encore, l'Histoire me donne raison avec la flambée des « délocalisations ».
J'étais peut-être en avance sur mon époque et la pensée dominante (pas encore devenue « unique ») et le reste sans doute encore actuellement quand je pronostique que le « contrat de travail » ne subsistera que dans les fonctions publiques, là où la « subordination » est la plus légère, et dans des « niches de proximité », là où il est difficile de s'en passer, dans les TPE de quartier (le futur qu'on nous prépare).
Tout le reste va disparaître, jusque derrière la rupture de « contrat négociée » et y compris à travers le statut tout neuf « d'auto-entrepreneur » dont se félicitent nos gouvernants : ça réduit le nombre de chômeurs et en plus, il s'agit d'une nouvelle niche social « à pas chère », alors même que la niche fiscale existait déjà depuis l'invention des « micro-BNC » et « micro-BIC ».
Une activité professionnelle, un client, c'était « le » contrat de travail avec requalification par toutes les Cours d'Appel du pays jusqu'à dernièrement.
Désormais, ce n'est plus possible avec le statut d'auto-entrepreneur, sécurité juridique, sociale et fiscale en plus !
Là-dessus, l'article précité... et le « sous-travail ». « Un phénomène dont on ne parle jamais ».
Si, mais on ne sait pas le mesurer, sauf par inadvertance.
On sait mesurer la « non-qualité » et ça a un coût considérable dans les entreprise manufacturières : mon métier de consultant me l'a appris à travers l'observation et la mesure des activités.
Au point qu'on peut mettre sans problème, et dans le cadre d'une philosophie du « gagnant-gagnant », un accord d'intéressement collectif ou semi-collectif sur cette « performance », dès que la « non-qualité » dépasse 2 % (inhérent à toute activité humaine) : On a même pu le faire dans une étude de notaires en Bretagne...
On sait mesurer l'absentéisme et on tire la sonnette d'alarme quand il dépasse les 2 %. Un autre coût énorme quand on commence à se pencher sur « l'effet domino (*) ».
On sait aussi mesurer les écarts entre un « stakhanoviste » et un « suceur de roue ».
Même outil, mêmes conditions de travail, mêmes tâches et au final des écarts moyens des productions de 1 à 2, et des extrêmes de 1 à 5...
Je sais, je l'ai vu ici et ailleurs, je le constate tous les jours en clientèle, j'ai même agi pour du « mieux » qui inclue du plus (mieux pour la « non-qualité »).
Allez expliquer pourquoi ?
Bé, c'est très simple : quand on paye « à la pièce », au kilo, au colis, au lieu de livraison, à la visite, au chiffre d'affaires ou n'importe quoi qui se mesure et sur lequel est assis un salaire, il y a des « bons » et il y a des « mauvais » !
Il y a ceux qui bossent « pour la tune », parce qu'ils ont la traite de la maison à payer, les études du gamin, les fringues de l'épouse, les cadeaux à la maîtresse, la nouvelle série « Z » ou « X » de chez BM qui les font déjà jouir rien qu'en la regardant ou je ne sais quoi d'autre, parfois jusqu'à « l'enfer du jeu », et ceux qui se contentent du minimum.
Les uns sont motivés, les autres non... Toutes théories des attentes, des besoins, de la satisfaction et de l'équité bues jusqu'à la lie.
C'est comme ça.
Et c'est là que Dupuy met le doigt sur le « sous-travail généralisé ».
Et de constater qu'il « se développe de façon endémique dans notre pays. Entendons-nous bien : je ne parle pas ici des 35 heures », nous dit-il, « qui sont la durée légale du travail. Je ne parle pas non plus des temps de travail fractionnés que l'on impose par exemple aux caissières d'hypermarché, ce que j'appelle le sous-travail subi. Non, la tendance que j'évoque est plus diffuse. Elle se traduit par le fait que certains salariés travaillent à peine le quart de la durée légale du travail. Voire moins dans certaines entreprises que j'ai observées. »
En cause : « Les pauses, les conversations avec des collègues, les congés maladie qui sont aujourd'hui considérés comme un dû dans certaines entreprises (...) loin d'être cantonné, comme on le pensait, à l'administration publique, le sous-travail touche tout aussi bien les entreprises privées ».
Il pourrait rajouter le « syndrome du dossier (**) », la réunionite chronophage ou « l'urgentissime présidentiel ».
Me rappelant cette « folle de son corps », croisée dans une banque dans laquelle j'écrivais le Code Général des impôts en « langage commun » à l'occasion d'un stage de mes jeunes années, qui hurlait dans les couloirs pour exiger une voiture avec chauffeur sur le champ et toutes affaires cessantes, parce que le Pédégé venait de lui demander par téléphone de lui apporter le dossier « machin » jusque dans sa résidence secondaire Deauvillaise un vendredi avant midi...
J'ai eu l'équivalent du même dans une autre vie qui nous cassaient les pieds depuis son bateau au large de Ramatuelle en plein mois d'août à nous nous bombarder de fax et de télex en tirs serrés auxquels nous devions répondre par satellite, toutes affaires cessantes, sans ça il prenait son téléphone ou radio Saint-Lys (quand ça ne marchait pas trop bien) pour nous tancer vertement...
Après des coups pareils, la journée de boulot était généralement foutue, bien évidemment !
Et Dupuy de nous faire un cours d'histoire appliqué d'une vive pertinence :
« De la Seconde Guerre mondiale et jusqu'au deuxième choc pétrolier, il était difficile de trouver une voiture ou de se faire installer le téléphone. Les produits étaient rares.
Conséquence : le producteur était en mesure d'imposer son prix au client.
Du coup, l'actionnaire, étatique ou privé, pouvait se permettre de laisser filer les conditions de travail puisque le surcoût était supporté in fine par le client. De ce point de vue, actionnaires et salariés étaient alors alliés.
Puis il y a eu les chocs pétroliers et l'ouverture des marchés.
La concurrence a poussé l'actionnaire à faire alliance cette fois avec le client. Les entreprises se sont alors efforcées de récupérer tous les avantages donnés aux salariés sous la période précédente afin de diminuer les coûts (***). Beaucoup d'entreprises, notamment celles qui sont issues ou sont encore dans la sphère publique, restent touchées par le phénomène du sous-travail. Il faut parfois un choc pour arriver à y échapper, comme par exemple la menace d'une faillite ».
C'est très exactement ce que je vis dans mes quelques missions de redressement d'entreprise...
Mon arrivée est en général perçue comme la « fin des haricots » et je suis obligé de batailler pour faire comprendre que c'est seulement l'avant-dernière marche, l'unique et dernière chance de sauver des emplois.
Parfois, ça marche. Parfois, c'est déjà trop tard.
« Ce qui est sûr, c'est que le sous-travail corrode la société en profondeur. (...) Si on pouvait faire le calcul à l'échelle de tout le secteur public, on arriverait à un chiffre effroyable ! C'est ce que j'appelle le « surcoût du service pauvre » : l'administration délivre un service pauvre à un prix très élevé. »
Voilà la belle explication pressentie ici et là, le constat que VCRM, tant d'autres et même moi faisons, l'explication du phénomène que dénonce « Incognitoto » par ailleurs.
« Les dirigeants se rendent bien compte que ça ne peut plus durer. Ils pratiquent donc une politique de rapine, en reculant un peu l'âge de la retraite, en supprimant quelques postes par-ci par-là. Ils exaspèrent ainsi la méfiance du corps administratif qui se braque au moindre mouvement. (...) Se développent alors des mentalités de forteresse assiégée. On se croirait à Fort Alamo ! »
Et plus loin :
« Certaines entreprises ont réussi à reprendre la situation en main (...). D'autres ont échoué. Pour survivre, elles ont développé des stratégies alternatives. D'abord le recours aux intérimaires, (mais) le sous-travail devient le plus corrosif.
Les entreprises s'efforcent alors de réduire leur dépendance au travail. Elles le font en délocalisant ».
Et, analyse perfide et décoiffante : « L'objectif premier de nombreuses délocalisations n'est pas de faire travailler des gens moins payés... mais de faire travailler des gens !
Pour cette seule raison, une grande entreprise industrielle envisage ainsi de réduire ses effectifs dans ses usines en France... de 85 %.
L'autre moyen de réduire la dépendance au travail, c'est l'informatisation et la mécanisation.
Dans la logistique par exemple, les entreprises réfléchissent à remplacer les hommes par des robots dans les entrepôts. »
Ce qui est vrai encore actuellement... Et l'emmerdement du « dernier kilomètre » reste bien le plus angoissant !
Et puis, je l'ai moi-même fait dès les années 80 en qualité de DéGé adjoint du temps où j'étais « jeune esclave docile » d'un patron dans un entrepôt.
Le simple fait de mettre des robots pour bouger des palettes payait en moins d'un an l'investissement, rien que sur les inversions, les erreurs, les départs-manquant, la casse et la fauche : deux points de marge quand on fait 2 milliards de volume, eh bien ça fait 40 millions et à ce prix-là, on se paye toutes les machines que l'on veut !
« Le sous-travail tue le travail. Pire encore : le sous-travail permet à une génération de vivre confortablement en tuant le travail pour la génération suivante ».
Dur mais rayonnant de clairvoyance !
Et enfin le pronostic : « Pour faire bouger les choses, il faut une crise majeure, comme celle que nous vivons aujourd'hui.
Hélas, cette crise ne fera bouger les lignes que dans le secteur marchand. Dans tous les secteurs où n'existe aucune menace sur l'emploi, on continue à vivre dans une tour d'ivoire. »
Et en ce qui concerne les administrations publiques ?
« Au point où nous en sommes aujourd'hui, je ne vois plus qu'une solution : il faut une nuit du 4 août. Abolition du statut général de la fonction publique ! (...) »
Jacques, s'il lit ça, il va bicher...
Perso, vous connaissez déjà ma version des choses (de quand je serai devenu votre Président Ô combien vénéré) : c'est le Code du travail qui doit disparaître pour être absorbé par celui de la fonction publique... Plus simple à remodeler, y compris la grille des salaires, que de laisser les partenaires sociaux s'énerver à tout renégocier dans chaque entreprise. Et alors, meurt qui peut, pour mieux imposer le licenciement économique dans la fonction publique.
« Faut-il le rappeler ? Le travail, c'est d'abord une logique de la nécessité. »
Bien vu !
Très bien vu...
Nous voilà prévenu, une fois de plus...
(*) « L'effet domino » de l'absentéisme ne relève pas uniquement du manque à produire qu'il engendre directement : L'absentéisme provoque la désorganisation. Ce que l'absent devait faire de façon plus ou moins impérieuse, c'est un autre qui le fait au détriment de ses propres tâches, qui à leur tour vont devenir plus ou moins impérieuses et urgentes à faire et vont être assumées, plus ou moins rapidement par encore une autre personne, désorganisant à son tour son propre travail, poussant à l'absentéisme d'autrui et ainsi de suite.
En général, on y pare à travers un « sureffectif permanent » et des formations pluridisciplinaires ou en « mécanisant » le plus de tâches répétitives possibles, jusqu'à parfois avoir des machines coûteuses qui ne servent qu'exceptionnellement !
Par exemple, savez-vous que si un ordinateur est bien ouvert 10 à 12 heures par jour, il ne « travaille » réellement que quelques minutes par jour. 10, tout au plus quand on lui fait faire des millions d'opérations par seconde, ou des calculs invraisemblables.
Une aberration coûtative, mais il n'y a guère d'autres solutions, sauf... délocalisation...
(**) Un truc appris à l'armée. Un bidasse vu flânant les mains dans les poches et il se prenait des remontrances monstrueuses au garde-à-vous par le premier sous-off de passage.
Le même passant devant un général diplômé et étoilés avec un dossier à la main, du moment que l'allure s'accélérait après le salut dû au grade, il pouvait flâner toute la journée dans n'importe quelle direction...
(***) C'est un peu plus complexe que ça !
Tout le monde s'accorde pour dire que cohabitent sur un même marché 5 types d'entreprise :
- « L'émergeante », qui vient de se créer et qui plombe ou décolle dans les trois premières années.
Sa priorité n'est pas dans les rémunérations à verser : Elle s'en tape, elle n'a pas d'argent et il lui faut d'abord du volume !
C'est l'heure des fondateurs qui visent des objectifs à long terme
- La « croissante » : Elle a démarré et est en croissance rapide. Elle doit absolument recruter des compétences, à n'importe quel prix pour « assurer ».
Le salaire direct avec bonus variable a ses faveurs.
- « La consolidante » : Elle est devenue leader, challenger ou majeure dans son secteur. La croissance reste soutenue, mais par apport et adjonction d'un élargissement de sa gamme, voire par sa mise en profondeur.
La politique salariale restera de conforter et fidéliser le personnel en usant et abusant des périphériques de rémunération, car c'est l'ère des managers qui comptent et se doivent d'optimiser les investissements, les compétences, puisque les croissances exponentielles ne sont plus d'actualité.
- La « déclinante » : Elle perd des parts de marché par l'arrivée de nouveaux opérateurs ou parce que son marché s'érode naturellement. Le boulot des dirigeants reste de consolider leurs avantages personnels et ceux des investisseurs, mais en rognant sur les avantages acquis salariaux servis lors de la période précédente.
C'est long, c'est difficile et ça ne marche pas à tous les coups ! Elles peuvent en mourir...
C'est sans doute de celles-là dont parle F. Dupuy...
- La « rebondissante » : Elle a su se créer de nouvelles « niches », une avancée technologique, elle ne va pas mourir mais progresser à nouveau.
Quitte à se séparer de ses anciens métiers (Pinault bois, Boloré, Lagardère voiturier, Vinci, Suez banquier, etc.)
Ou faire vivre deux ou plusieurs métiers sous un même toit, avec des traitements de personnel fort différents d'une activité à une autre...
Une acrobatie permanente pour le DRH !
À ce sujet, j'ai appris aussi à lire les plaquettes de présentation, mais mieux encore à décrypter la configuration des bureaux.
Au plus haut, la direction générale et le secrétariat général.
Selon la typologie, la direction commerciale, marketing ou financière sont au même étage ou tout de suite en dessous.
Si par hasard la « DRH » est au même niveau, c'est plutôt bon signe à un double titre : il a les budgets et « vaut » au moins autant que les autres. C'est que les compétences sont soignées.
Si cette direction est en dessous, il a peut-être autant de budgets (et je vais pouvoir travailler aussi avec elle), mais elle est devenue un « centre de coût » alors qu'elle est au centre des compétences, au cœur de la création de valeur : mauvaise pioche de « l'étage supérieur »...
J'ai aussi eu un bureau de direction générale - c'était volontaire de ma part - dans l'entresol, dans une quasi-cave où gisaient les archives abandonnées.
D'abord parce que c'était la pièce la plus vaste, ensuite parce qu'il y avait une porte dérobée (je pouvais arriver sans que personne ne le sache et fuir de la même façon, prudent que je suis devenu depuis que je suis devenu fumeur par la force des choses).
Enfin, parce qu'il fallait « faire le pauvre » pour obtenir des « conditions très particulières » des fournisseurs et des banquiers...
Avec pour l'anecdote le « coup » du « Je vous invite à déjeuner ! » et de faire descendre des sandwichs par la secrétaire !
Ça et le coup de la table de bureau que j'ai changé une fois contre un truc piqué dans la cour d'une école du patelin en réponse à ce fournisseur qui ne voulait pas m'octroyer le point que je lui réclamais avec insistance... « Monsieur l'Infreequentable, quand on a un bureau aussi somptueux, on a les moyens ! », alors que la boîte était à l'agonie.
Et le même la semaine suivante, venu pour me réclamer les impayés, s'étonnant de ma table abîmée par les mégots de cigarette, un pied bricolé avec de la ficelle à carton, de lui répondre négligemment : « J'ai dû vendre l'autre pour faire le 13ème mois ! »
J'ai fini par l'avoir, ce « point manquant » dans mes marges du moment...
Et la boîte existe toujours !