Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

Publicité

Subventions aux entreprises


Encore une vérité qui n'est pas bonne à dire

 

On peut estimer à près de 65 milliards d'€ [4 % du PIB] l'ensemble des aides publiques aux entreprises, dont 90 % sont financées par l'Etat, et à au moins 6.000 le nombre cumulé des dispositifs d'aides, dont 22 aides européennes, 730 aides nationales et, par exemple, 650 pour l'ensemble des collectivités de la seule région Ile-de-France.

Ce total de 65 milliards d'€ représente un peu plus que le total du budget de l'Éducation nationale, près de deux fois le budget de la Défense, le même ordre de grandeur que le total des dépenses hospitalières, plus de trois fois le budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Les subventions coûteuses aux entreprises accaparent des fonds que la France pourrait utiliser de manière plus efficace.

 

Le Parlement vote des mesures sans s'être assuré qu'elles ne font pas double emploi, puis sans vérifier par la suite leur efficacité pour supprimer celles qui étaient inefficaces.

Pas d'évaluation.

Et il en va encore de la contribution mal connue de l'État à l'ensemble des aides, qui s'élève en réalité à près de 90 %, alors que l'opinion commune surévalue la part des collectivités territoriales. 

 

Les exonérations de charges et les dépenses fiscales, dont le nombre ou l'importance croissent chaque année, se voient au total compensées par d'autres prélèvements puisque l'observation est faite d'une grande stabilité du taux de prélèvements obligatoires depuis plus de vingt ans.

En somme, l'État reprend d'une main ce qu'il donne de l'autre, sans créer aucune richesse, mais en lésant ainsi les entreprises surtaxées au profit des entreprises trop aidées.

Personne n'est capable de connaître les diverses aides disponibles dans une situation donnée.

C'est ainsi que M. Méhaignerie, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, a estimé dans l'émission « C dans l'air » d'Yves Calvi du 06 mars 2006 à 17h50, qu'il y a environ 2.500 mesures d'aide aux entreprises en vigueur destinées à favoriser l'emploi.

Il était loin du compte, puisqu'il y en désormais a plus de 6.000, nombre en augmentation constante.

Et parmi les PME susceptibles d'en bénéficier, il n'y en a que 10 % qui en profitent.

 

L'incohérence de ces dispositifs est aussi le fait de la droite comme de la gauche. À l'évidence, les deux ont essayé de combattre le chômage en recourant aux mêmes méthodes interventionnistes, qui ont eu pour effet principal de gaspiller des fonds publics du fait de leur inefficacité.

 

En France nous sommes à juste titre fiers de notre culture et de ce qu'elle a apporté à la démocratie au cours des siècles passés. Mais le manque de culture économique est aussi énorme et flagrant que notre histoire est incroyable.

Du coup, ne connaissant rien à l'économie, les citoyens ont des attentes irréalistes concernant l'emploi et le niveau de vie, leurs deux principales préoccupations.

Et de nombreux politiciens qui sollicitent leurs suffrages en profitent pour faire des promesses et proposer des mesures économiquement aberrantes.

 

Voici quelques exemples de promesses et de mesures que la majorité des Français croyaient valables et qui sont des absurdités économiques :

 

- Gagner plus sans travailler plus : la relance à contretemps du Premier ministre Pierre Mauroy en 1981-82, s'est terminée par un désastre : 3 dévaluations dont deux en moins d'un an, et la France endettée et ridiculisée. Pourtant n'importe quel économiste pouvait prévoir le résultat, documenté depuis des décennies ;

 

- Maintien systématique du pouvoir d'achat quels que soient les progrès de la productivité. Or si un pays augmente le pouvoir d'achat plus que la production, il ne récolte que l'inflation, c'est mathématique ; et s'il le fait par augmentation des dépenses de l'Etat, c'est-à-dire par déficit budgétaire, il augmente la dette publique à la charge des générations suivantes, c'est tout autant mécanique ;

 

- Augmentation annuelle autoritaire du SMIC, c'est-à-dire du salaire minimum de millions de travailleurs, sans se préoccuper de ce qu'ils peuvent rapporter aux entreprises. Beaucoup de salariés deviennent ainsi trop chers. Ces mesures empêchent certaines entreprises d'embaucher et les encouragent à délocaliser.

 

- Aucune économie ne peut se permettre de faire croître les salaires plus vite que la productivité, qui progresse d'environ 1,8 % par an. Or le gouvernement Raffarin a aligné les SMICs vers le haut, avec des augmentations pouvant atteindre 11 %...

 

- Création d'emplois pérennes par une politique volontariste du gouvernement, alors que celui-ci ne peut créer que des emplois de fonctionnaire et des emplois aidés, aux frais des contribuables, donc impossibles à pérenniser car ce serait à la fois trop coûteux et injuste pour ceux qui paient.

 

Bref, les seules mesures favorables à l'emploi qu'un gouvernement peut prendre produisent leurs premiers effets à moyen terme, c'est-à-dire après les élections.

Et leur coût politique est élevé, car elles demandent des sacrifices à des groupes de citoyens qui ont du poids électoral.

Sachant les électeurs ignorants de ces réalités, les gouvernements successifs ne se sont préoccupés ni de les informer, ni de mesures à moyen terme.

 

Pourtant des pays comme le Canada et la Suède en ont pris et s'en trouvent bien mieux que nous. Depuis des décennies les Français sont persuadés que l'emploi se décrète, qu'il suffit d'une volonté politique pour l'imposer aux entreprises, ou de leur offrir des subventions ou des détaxations pour qu'elles en créent.

C'est une erreur magistrale aux conséquences incalculables, parce que largement exploitées par les politiciens et les syndicalistes pour justifier des mesures idéologiques et démagogiques !

 

Et au total, en France, la protection de l'emploi est une des causes principales de notre chômage élevé, car :

- Elle décourage les entreprises d'embaucher autrement que de manière précaire (CDD, intérim) ;

- En attirant l'attention du public sur la protection d'emplois CDI existants, elle a évité de s'attaquer aux deux problèmes de fond, le chômage structurel et le manque de croissance, problèmes qui n'ont que des solutions à moyen terme ; c'est-à-dire après les élections.

 

Un gouvernement n'a pas le pouvoir de décréter des embauches privées et une entreprise n'embauchera que si elle y a intérêt. On voit donc parfois des entreprises privées répondre aux sollicitations gouvernementales en faisant semblant de faire leur part du « devoir patriotique d'embaucher » par quelques embauches en nombre insignifiant (Renault - Clio à Flins 400 postes revenus de Slovénie) qui améliorent leur image auprès du public.

 

De nombreux rapports, honnêtes et de bonne qualité, existent sur tous ces problèmes. Et il faut aussi reconnaître l'habitude de transparence des pouvoirs publics qui fait qu'en général ils sont publiés.

Le problème est que les politiciens au pouvoir s'en servent le plus souvent seulement pour faire croire qu'ils se soucient des problèmes de l'emploi et étudient des solutions, alors qu'en réalité ils enterrent le plus souvent ces rapports.

C'est ainsi que de nombreuses recommandations de la Cour des comptes ne sont guère suivies d'effet, et que des rapports excellents comme le Rapport Camdessus passent à la trappe.

 

VCRM

 

Note de I² : Je te signale, l'Ami, que pour le Clio de Flins, c'est d'abord que la demande explose (+ 500 voitures à fabriquer en 4 mois et qu'en Slovénie, il aurait fallu pousser les murs : ils sont déjà en surchauffe !

Mais ça veut dire que la Safrane et la Laguna... elles ne se vendent plus.

 

Par ailleurs, tu t'en prends aux « politiciens » à plusieurs reprises !

Ils se trouvent que se sont des « élus ». Ils étaient boulanger, crêpier ou dentiste, par expert-comptable.

Ils s'appuient donc sur leur « technostructure » environnante, énarques, polytechniciens, ponts, mines, piston plus où liés aux ministères dont ils ont la charge.

Ce sont eux les coupables : ils ne les forment pas et les enfument sévère !

 

Pour l'anecdote, je me souviens parfaitement de Jean Tiberi éphémère sous-secrétaire d'État aux industries agro-alimentaires, entourés de konnards d'énarque qui lui en mettaient plein la vue sous le premier gouvernement du « Chi » d'avant qu'il ne sa fâche d'avec « Giskard à la barre ».

Tu penses bien que le petit juge de l'école de Bordeaux, il ne connaissait strictement rien à la grande distribution et à l'industrie alimentaire.

Bé il n'a pas trouvé de mieux que de commencer à décréter que les « intermédiaires devaient disparaître » !

Et vive la distribution directe de l'usine de Saint-Quentin à la cantine de la SMS de Biarritz !

Du grand n'importe quoi trouvant son origine dans la tête d'énarques farfelus qui ont fait brillante carrière depuis... Mais ailleurs !

 

Voilà pour les « politichiens ».

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
I
Alors là : BRAVO, Cindy !
Répondre
C
je fais ce que je peux pour pouvoir tenir debout et me lever quand même tous les matins !
Répondre
I
@ Cindy : il fait comme tout le monde !<br /> Il faut ce qu'il peut !<br />  <br /> Et toi, tu fais quoi pour ton pays ?
Répondre
M
Comme infree : IL DENONCE !Et ils ne sont pas si nombreux par les temps qui courent !
Répondre
C
Et encore une de VCRM...Toujours la même rengaine !Il fait quoi pour que ça change ?
Répondre