La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Ou générateur de pénurie ?
C'est encore un grand « faux-nez ». Longtemps j'ai cru n'avoir rien compris aux mécanismes de l'économie, quand on m'expliquait (et ce « on », c'était soi-disant « les plus et les meilleurs ») que sans « le marché », il n'y aurait pas de progrès.
Pour les tenants de l'orthodoxie économique, et comment les blâmer, sans un besoin à satisfaire, il n'y aurait pas d'entrepreneurs capables de s'organiser pour produire et distribuer le produit attendu par le « marché » représentés par le « besoin à satisfaire ».
Autrement dit, un boulanger au Japon, parce qu'on n'y mange pas de pain, au Japon, mais des galettes de riz, il n'a aucune chance de fournir une « production solvable » à un « marché » à satisfaire...
De même on explique qu'un des premiers progrès technique a été, à l'ère industrielle, de fournir de l'énergie mécanique grâce à la machine à vapeur.
Parce qu'il était plus utile, tant au champ que dans les ateliers et manufactures, de fournir de l'énergie mécanique à travers des « arbres » sur lesquelles étaient tournées des courroies qui servaient à faire fonctionner les machines et « métiers » servis par des ouvriers, que de fournir la même énergie à la force des bras ou de l'animal...
On utilisait le vent pour écraser le grain et faire de la farine.
On utilisait la force de l'eau vive pour le même métier ou d'autres comme tisser, façonner, tailler, scier.
La machine à vapeur a permis de s'affranchir des aléas climatiques.
La combustion interne, brûlant du pétrole lampant, puis des produits pétroliers plus raffinés, ayant de biens meilleurs rendement a renvoyé la machine à vapeur dans les musées, parce que les « besoins » du marché étaient encore mieux satisfaits avec ce « progrès ».
Puis la « fée électricité », et cætera, etc.
Ça, je voulais bien le comprendre, mais ça ne me paraissait pas suffisant, dès tout-petit, à peine sorti de l'œuf éclos.
Soyons sérieux, le « marché » fonctionne parce qu'il y a une demande solvable à satisfaire. Pas de demande « solvable », pas de marché.
C'est au « marketeur » de détecter et de développer son marché.
La plus belle expérience contemporaine que nous ayons eu à vivre comme d'une folie en même pas une décennie, ça reste, non pas l'ordinateur portable (quoique...), mais le téléphone mobile !
Autant l'ordinateur permet de se sortir de « l'infernale entreprise » pour travailler, produire, organiser, vendre, administrer, gérer, avec une « machine à tout faire » (qui ne sait que les « 0 » et les « 1 »), autant dans le pays du « 22 à Asnières », coller un fil à la patte à quasiment tout le monde en même pas 10 ans est une démonstration extraordinaire de « marketeurs » qui touchent au génie.
Souvenez-vous du « Bip-bop » et de « Radiocom 2000 » !
Débuts difficiles, balbutiants, onéreux, aléatoires... et pourtant : 66 millions de personnes, 45 millions de portables !
En même pas une décennie.
Le « marché » est donc capable de créer sa propre abondance.
Une abondance solvable.
Il est capable de « s'auto-générer ».
De « s'auto-entretenir », de « s'auto-protéger ». Enfin, ses « acteurs ».
Peut-être au détriment d'autres choses ?
Qui sait ?
Est-il capable de « s'autoréguler » ? Bé oui ! Et comment ? En créant de la pénurie...
Paradoxalement.
Et c'est tout le génie du « marketeur ». Le type qui est capable de faire croire à des « petits jeunes » que s'ils n'ont pas le dernier « Eastpack » ou la pompe du « docteur Diesel » au pied, il est « has been ». Ainsi, il crée une demande auquel il va répondre avec parcimonie : ça crée la rareté, donc un prix élevé, donc des marges sublimes, donc peu de production pour beaucoup de profits. Profits qui permettent de payer la distribution raréfiée, séléctive, une production soignée, une communication calibrée, etc. Rien que de la « valeur ajoutée » quasiment virtuelle pour être superfétatoire !
On ne vend plus que du vent : c'est le principe du luxe sur lesquels au moins deux grandes fortunes Gauloises surfent (Pinault et Arnault, mais pas encore Bolloré).
Ceux-là, ils ont tout compris !
Mais idem les « autorités »...
En interdisant la consommation des opiacés, elles créent un « marché » dont s'est emparé le monde de la contrebande.
En taxant le tabac, l'alcool, on alimente la « rareté » par le prix et donc un « marché parallèle ».
Idem, pour votre voiture, son assurance devenue obligatoire, son écotaxe, les chiens des parigots devenus usines à étrons verbalisables, etc....
À chaque fois que l'Autorité intervient, c'est pour créer une « contrainte nouvelle » qui va créer peu ou prou une « pénurie ».
Et donc rendre « solvable » un marché qui devient atone !
C'est à peu près systématique tant au « Pays des Libertés » que dans la tête des « Libéraux », jusque dans l'entretien des ascenseurs (la faute à quelques meks qui avaient trafiqué la cabine de l'un d'entre eux pour y planquer leur came que ça en a tué un pauvre môme qui mis le pied au-dessus de rien !).
Autrement dit, le « marché » n'existe, ne survit, que parce qu'il est capable de générer de la « pénurie ».
Logique, si le caviar était abondant, il ne se vendrait plus : on le donnerait en prime des paquest « Bonux » pour écouler la surproduction.
Au point que quand les prix du pétrole s'effondrent, passant de 120 $/baril à 34 $ en quelques semaines, les producteurs (« libéraux ») rassemblés au sein l'OPEP, n'ont comme seule solution que de créer une pénurie artificielle pour soutenir les cours de « l'or noir » en fermant le robinet...
Ce n'est ni la première, ni la dernière fois que l'on organise ainsi la « pénurie ».
C'est bien pour « sauver » un marché solvable, et pas autre chose. Éviter la ruine, empêcher l'arrivée de produits de substitution, de process de remplacement, exactement comme la machine à vapeur à été remplacée par les moteurs à combustion interne puis par des moteurs électriques partout où c'était possible !
Force est donc de reconnaître que Gramsci, Althusser, Marx et Cie, Smith, Keynes et Friedman se sont lourdement plantés. L'activité laborieuse des hommes n'ira pas vers un « cercle magique » dit de la « phase supérieure »...
« Où chacun aura selon son besoin ».
Où « le marché » et sa soi-disant « main invisible » générera l'abondance et la richesse pour tous !
Pas du tout !
L'abondance détruit le « marché » et la « main invisible » est juste là pour réguler la pénurie. La créer si besoin est.
Que l'on en appelle à la « main invisible », à l'Autorité, de régulation, étatique, ou n'importe comment d'autre,
Que l'on appelle cela « libéralisme », « néo-libéralisme », « ultralibéralisme » ou « économie mixte », voire « économie planifiée » ou n'importent comment d'autre, c'est toujours le même mécanisme qui gère la pénurie jusqu'à la créer.
Et ses moyens sont nombreux : licence, permission d'installation, normes de production, normes écologiques depuis peu, interdictions, quotas, barrières qualitatives, autorisations de mises sur le marché, jusqu'au contrôle des prix si nécessaire, voire dans les cas absurdes les tickets de rationnement, l'arsenal est lourd et puissant !
Et n'a absolument rien de « libéral », quoiqu'en pensent les « bonnes âmes » qui veulent nous réguler encore plus ! Créant ainsi mieux encore de la « pénurie ».
Un jour, un jour peut-être, il faudra appeler un chat un chat.
Ça permettra de ne pas prendre des vessies pour des lanternes.
Et d'enfin comprendre que la « LIBERTÉ », de produire et de consommer, c'est la vraie dernière liberté qui ne nous est pas encore accordée !
Nous n'avons la liberté que de choisir entre un ou deux fournisseurs, parfois trois quand on a des pieds pour marcher...
Que cette « Liberté » de produire et de consommer librement, nulle part elle existe et qu'il va falloir aller la conquérir.
De gré ou de force.
Tout en conservant toutes les autres, celle de vivre, celle de penser, celle de dire, celle d'apprendre.
Pas facile, en définitive, d'être un peuple adulte !
Et nous en sommes loin, même en « Gauloisie libertaire ».
Voire, on régresse à grandes enjambées, le spectre de « la Crise » menaçant comme alibi facile...