La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Hécatombe !
« Ils n'en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».
Le sida keynésien envahit les esprits, et chaque jour des gens, toujours plus nombreux, présentent tous les symptômes de la maladie.
Prenez un bon « libéral », voire même un « ultra », qui a toujours professé sa préférence pour la libre entreprise et le libre échange.
Parlez avec lui de « la » crise.
Il conviendra parfaitement que la crise est due aux maladresses, voire aux malversations, des responsables de la politique monétaire et financière.
Il vous suivra quand vous rappellerez que les « subprimes » ont eu comme foyers deux organismes publics distribuant sur ordre du gouvernement américain des crédits hypothécaires immobiliers à des gens incapables de les rembourser.
Il admettra que le laxisme monétaire de la Réserve Fédérale a dilué la responsabilité des financiers.
S'il a quelque connaissance technique, il conviendra que la finance est sur-réglementée, avec des réglementations stupides comme Bâle II.
Il marquera peut-être même son scepticisme à l'égard des « fonds souverains » et autres meccanos dirigistes imaginés par les hommes politiques.
Mais, mais, en conclusion, il vous surprendra en affirmant avec le sanglot dans la gorge nouée que lorsque la crise est là, il faut bien recourir à la relance par les finances publiques.
Il faut sauver les banques de la faillite !
Il faut injecter à cet effet les liquidités monétaires voulues !
Il faut laisser les banques centrales continuer à abaisser les taux d'intérêt et gonfler la masse monétaire.
Des personnes jusque-là saines d'esprit, qui ont toujours adhéré aux principes de « l'économie de l'offre », viennent grossir le camp des keynésiens qui professent les principes adverses de « l'économie de la demande ».
Partisans de la liberté économique et ennemis de l'État en temps ordinaire, ils deviennent partisans de l'intervention de l'État et de la mise en liberté surveillée en période de crise.
Le monde occidental a été atteint d'une telle épidémie dans les années 1930.
La thèse de Keynes venait au bon moment, pour expliquer que la crise était, d'une part, celle du « capitalisme » créateur de chômage (alors qu'elle était déjà une crise du dirigisme née de la reconstruction des potentiels industriels détruits dans la monde occidental par la Grande Guerre) et, d'autre part, que l'on pouvait préserver quelques principes du capitalisme (comme la propriété privée du capital) à condition de mener une politique de plein emploi, de relance de la demande globale.
Le keynésianisme apparaissait aux esprits faibles comme le moyen de sauver le capitalisme en réduisant la liberté économique et en misant sur l'intervention de l'État.
Avec le succès que vous savez : montée des fascismes et finalement une autre guerre mondiale encore plus brutale et dogmatique (quatre blocs politiques et interventionnistes, trois en Europe, deux dans le pacifique), et une « guerre froide » qui faillit à plusieurs reprises faire disparaître l'humanité toute entière (jusqu'à même ce qu'un avion de tourisme suédois vienne se poser sur la Place rouge au grand dam des militareux ex-post soviétique... Eltsine s'est même posé la question du « doigt sur le bouton ».
Mais comme il n'avait qu'une heure de lucidité par jour, et pas « tous les jours » a prétendu Gorbatchev plus tard...)
Nous y voici à nouveau. Pour éviter une « crise systémique » (c'est-à-dire pour éviter que le « système capitaliste » ne soit détruit par les Besancenot et Chavez), les malades contaminés applaudissent aux plans de relance dont l'imagination est sans borne, puisqu'il s'agit d'annoncer des milliers de milliards de soutien étatiques, alors que les États sont eux-mêmes déjà en faillite.
La pitié se foutant de la charité, le spectacle de l'aveugle et du paralytique avançant en terrain miné...
La maladie atteint toutes les couches de la population. On a même pu apprécier ces titres dans les journaux : « Les libéraux de l'UMP se félicitent de l'intervention croissante de l'État ».
Même parmi quelques personnes passant naguère pour des « intellectuels libéraux », on se résout, la mort dans l'âme, à souhaiter l'inondation monétaire pour éviter la faillite des banques.
Comme la crise menace aussi des milliers d'entreprises, on se résout encore à des crédits injustifiés pour sauver des emplois.
Pour l'instant la seule recommandation keynésienne qui n'ait pas encore été reprise est le protectionnisme pur et dur : jusqu'ici la mondialisation a trouvé grâce, même si les fonds souverains font recette !
Le succès apparent du keynésianisme n'est dû qu'à l'ignorance des vertus du marché.
Car, il y a dans le marché, le « vrai » et le seul moyen de sortir de la crise sans recourir à l'État.
Veut-on sauver les emplois ?
Les emplois n'existent et ne durent qu'au service de la communauté, adaptés quantitativement et qualitativement à ce que veulent les clients. Supprimer des emplois n'est pas un drame quand d'autres emplois nouveaux apparaissent.
« L'économie de l'offre » nous rappelle que le niveau d'emploi dépend essentiellement de la liberté reconnue aux entrepreneurs, aux travailleurs et aux épargnants : la croissance ne se décrète pas et ce depuis toujours !
Relancer l'économie c'est mettre fin aux entraves réglementaires, fiscales et sociales qui empêche les « libres-entreprenants ».
C'est mettre fin aux privilèges dont bénéficient les « parasites ».
Un vrai grand plan de relance consisterait à libérer la créativité, et à rendre aux « gaulois » l'argent qui leur est confisqué par un État rapace et une Sécurité Sociale en déroute qui s'épuisent à survivre à crédit.
Mais qui en a le courage ?
Il est nettement plus facile d'invoquer l'alibi des faillites des banques et des entreprises cotées.
Or, ici encore, le marché est la solution : quand le prix des actifs devient très faible, trop faible voire négatif, il y a des occasions de rachat par d'autres, ou d'appel à des augmentations de capital, les investisseurs faisant la différence entre ce qui leur promet des plus ou des moins-values.
Voilà sûrement des bouleversements, mais moindres que ceux d'un financement par l'État qui saupoudre dans l'urgence et sans compter à qui demande, surtout quand ce sont les apparatchiks de la technostructure qui demandent à d'autres apparatchiks de la technostructure environnante.
Car il faut en revenir à Bastiat : ce que l'on voit c'est le « sauvetage » des banques ! Ce que l'on ne voit pas c'est le coût de financement.
Le coût c'est l'inflation, qui à son tour entraîne le chômage ; le coût c'est la dette publique, qui à son tour entraîne davantage de prélèvements obligatoires (et dès aujourd'hui à cause du service de la dette).
Ce que les malades du keynésianisme ont oublié, ou ignorent encore, c'est que l'économie est détruite par les interventions qui privent le marché de sa substance, de son sang détourné, de sa vertu essentielle : répartir les ressources rares en fonction des besoins réels de la communauté, grâce à un système de prix significatifs nés de la concurrence.
Le dirigisme keynésien balaye tout cela : Après avoir balayé le « marché », on appelle Keynes au secours !
Un comble !
DD
PS de I² : J'admire la limpidité du propos. Mais elle n'est pas convaincante.
Tant que des écervelés s'adresseront à des ignorants, personne ne prendra l'initiative de proposer les bonnes solutions. Même pas toi, la preuve !
Tu critiques, tu critiques (à tort ou à raison ce n'est même pas le problème), mais ce n'est pas convainquant et les quelques « sachants », même ici sur ce blog ne peuvent pas être attirés par ce discours qui est battu en brèche par d'autres « sachants » qui eux ont surtout en ligne de mire leur propre statuts et privilèges à garantir : diriger la vie d'autrui sans rendre jamais de compte, quel confort...
Et ceux-là, ils s'y entendent à enfumer l'opinion et nos dirigeants !
Crois-moi...
C'est le fruit de l'acculture économique générale que X. Bertrand, le « Ministre de l'Intelligence » (maçon peut-être, « franc, sûrement pas ! » disait de lui notre « Ô combien Vénéré Président »... Franc comme un âne qui recule, peut-être ?) se prépare, doucettement à y remédier en introduisant la matière économique dans les collèges !
Encore un truc qui va nous formater les bons esprits des « chères têtes blondes » aux vertus du keynésianisme appliqué dominant... Tu verras.
Mais prenons date avant la faillite finale : elle se rapproche à grand pas et vive allure...