La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Vous ai-je parlé du banquier d'un de mes « bons clients » ?
C'était en fin de semaine dernière : j'étais « à la bourre » pour aller déjeuner avec le banquier de cette personne, sur les Champs-Élysées, comme d'habitude, pas loin de ses bureaux.
Bureaux fastueux, au niveau du Rond-point, « café et petits-fours » à volonté, portes lourdes et salle des marchés à l'étage du dessous, véritable ruche en bourdonnement continu et contenu.
Avec tout ce qui se passait sur les « marchés » (financiers), mon « bon client », avant de partir dans le désert de Jordanie avec quelques « potes » de ses amis en voyage organisé, il tenait à ce rendez-vous biannuel pour se rassurer.
Et voilà donc le « cador », pas frimeur mais tout sourire quand même dans la débâcle « des marchés », nous raconter que la situation se redressait sur le moment (ce que l'on voyait nettement sur les écrans : l'Asie venait de clôturer à la forte hausse, Moscou était « suspendu » et les indices parisiens flambaient sous le soleil de la confiance revenue).
Ce qui n'était pas vraiment une bonne affaire pour les « valeurs » sur lesquelles il avait « pris position » en vertu du mandat de gestion confié par mon « bon client », il y a bien des années.
Celui-ci avait fait sa « fortune » (toute relative, mais quand même) dans la revente d'automobiles et la gestion du patrimoine immobilier de son épouse (« beau-papa » faisait déjà dans l'immobilier parigot et la mécanique).
Une fois l'heure de la retraite bien sonnée, il a fait valoir ses droits à une maigre pension et quelques indemnités de rigueur.
Bien heureusement, car les pensions de retraite, ce n'est plus ça.
Il a investi partie de son pécule dans de « l'immobilier commercial » qui va « cahin-caha », une partie dans sa maison de Sèvres et le reste en banque.
Perso, mon rôle c'est d'écouter ce que l'autre nous raconte - pour retraduire à l'occasion - et de vérifier que la fiscalité des supports proposés, voire - mais ce temps-là est passé - négocier les commissions sur des opérations sortant de l'ordinaire. Pas très compliqué.
Ce faisant, un « truc » qui m'énerve, son banquier a tendance à faire « de bonnes affaires » sur les supports exonérés de tout (sauf CSG & CRDS + demain le 1,1 RSA) et de cantonner « les pertes » sur des supports pas exonérés.
Et que ça fait des années que je ne sais pas où imputer les « moins-values » (sur des plus-values de même nature me raconte mon Code) au moment de faire la déclaration d'IR (qui est au moins aussi compliquée que l'ISF de ce « bon client »), et qui finissent par se perdre.
Ah que donc, je venais lui « redonner la piqûre » pour lui expliquer que cette année encore, on allait perdre des « moins-values imputables »... bêtement.
Pas du tout son problème !
Autant il s'inquiétait de la reprise des marchés, mais sincèrement, alors que pour nous, c'était plutôt une bonne nouvelle... autant il est resté très pessimiste sur les « fondamentaux » de l'économie française, certes plus solides qu'on le dit habituellement selon lui, avec une « décroissance » de 0,4 sur les deux premiers trimestres, sans doute de 1 à 2 point sur le dernier semestre.
Ça plus les hausses d'impôts déguisées, notre « Ô Combien Vénéré Président » a dû avoir les oreilles qui sifflaient « à courte distance » !
Mais pourquoi donc s'inquiétait-il sur les positions de « mon bon client » ?
Pour deux raisons : Il s'était positionné à « découvert à la baisse ».
Or, la SEC, mais aussi les britanniques et les irlandais venait d'interdire les « vente à découvert »... au moins jusqu'au 1er Octobre prochain !
Et kon comme un balai que je peux être parfois, je lance un « Ah bé tant mieux ! Pour une fois ils ont compris la source de leur problème ! »
Regard noir du type de l'autre côté de la table, derrière son costume à 2.000 €...
Et la deuxième raison vint comme un retour de boomerang : « Si je sors du 16,30 de gain (c'est le chiffre qu'il avait avancé à mon « bon client », graphiques et inventaires à l'appui) depuis le début de l'année dans une Bourse en déprime sévère, c'est justement en spéculant à la baisse. Or, pour le moment l'AMF ne nous l'interdit pas, mais ça va devenir de plus en plus difficile. »
Et d'expliquer le mécanisme : Vous vendez 1.000 actions à 10 € d'une action, à réaliser à la clôture des liquidations (vers le dernier jeudi de chaque mois ai-je compris) et le marché peut devenir vendeur « au spot » (puisque votre vente est « au spot », même si elle est « fictive, sans contrepartie monétaire sur le moment), car quand on vend, ça fait baisser le prix (et inversement).
Le lendemain, elle vaut 9. Vous revendez 1.000 au prix de 9 €, dans les mêmes conditions...
Et ainsi de suite : 1.000 à 8 €, puis 1.000 à 7 €, et encore 1.000 à 6 €.
Le jour de la liquidation, il vous suffit de racheter 5.000 à 5 €, le cours du moment et vous encaissez tranquillement la plus-value !
Sans rien faire... et quitte à grimper le titre (la « correction technique »).
Et ce mécanisme de « vente à terme » peut jouer sur plusieurs mois, « à découvert » et sans un rond vaillant !
Idem à la hausse : Vous achetez 1.000 à 10 €, paiement à terme. Parce que le marché devient acheteur, le prix va grimper. Vous soutenez la hausse en réitérant vos achats, et quand vous liquider la position, vous vendez pour vous couvrir, quitte à refaire dégringoler la valeur du titre, en encaissant la plus-value tranquillement.
Le tout est de se positionner sur des valeurs en décalage par rapport à leur valeur réelle et de faire naître (ou de « s'accrocher » à) un mouvement de se genre sans perdre de vue qu'au moment de la liquidation, il y a les « corrections techniques » !
Marrant comme métier, non ?
Et on peut comprendre qu'il fasse la gueule, si du jour au lendemain, c'est interdit !
Qu'évidemment j'en rigole ferme !
Parce que le résultat reste quelle que part aléatoire quand même (les fameuses « moins-values » que je ne sais pas imputer sur la déclaration d'IR de mon « bon client »).
Et que de toute façon, si l'AMF n'a rien interdit, elle a juste fait passer la consigne de se calmer sur ces marchés à terme, en attendant mieux : Le 2 octobre, ils pourront recommencer, user et abuser du système !
10 jours de vacances, ça ne se refuse pas ?
Bè si ! Son boss à lui, il gagne à chaque mouvement (les commissions de courtage). Plus ses gusses font des aller-et-retour, plus il gagne et plus les bonus de fin d'année aux salariés sont épais !
Et dire qu'à la fin de cet après-midi, j'ai dû faire un détour en urgence, parce que mon banquier à moi refusait d'honorer un chèque de paiement de 53,62 € d'électricité...
Je dois rester non-violent, je dois rester non-violent, je dois rester non-violent, je dois rester non-violent, je dois rester non-violent !
Zen le mek !
Bonne journée quand même !