La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Les galères familiales...
Ce week-end, j'étais entre gens de bonne compagnie : que des « ex » ayant servis de nobles tâches mis à la retraite aussitôt que prévu !
Et parfois, il valait mieux qu'il en soit ainsi.
Parce que ce n'était que des eurosceptiques. Non pas qu'ils eussent voté NON de gaîté de cœur, mais plutôt qu'ils soient fâchés qu'on les dise anti-européens parce qu'ils ne supportent pas la place de telle ou telle virgule dans le traité de Lisbonne, dit « le simplifié » !
Pourtant, aucun ne l'a lu (sans ça ils auraient vite compris qu'il est encore plus complexe que tous les autres réunis).
D'ailleurs, il est illisible et les traductions faites en monégasque ne sont pas les mêmes que celles faites en Wallon ni que celles faites en basque ou en « gaulois-natif ».
Donc ils ne l'ont pas lu, et quand bien même, il est incompréhensible si l'on n'a pas à côté de soi l'ensemble des autres traités antérieurs causant de la chose.
Passons.
Le propos n'est déjà plus là : je veux juste répondre à l'attente unanime et empressé de l'ami « Momo », à l'occasion d'un de ses commentaires de la semaine passée.
Et force est de reconnaître que l'Europe, ça avance de travers. Depuis quelques temps disent les plus infects eurosceptiques, les plus nonistes d'entre tous !
FAUX les jeunes !
C'est depuis toujours... ou presque !
Pensez, on a commencé par la CECA (l'Europe du charbon et de l'acier), là entre gens du même monde, celui des maîtres des forges qui ont vendu leurs canons à deux générations.
Pour en arriver à quoi ?
Il n'y a plus d'aciéristes au pays et les derniers sites encore en exploitation sont bradés aux indiens pour qu'ils les ferment !
Ça eut se poursuivi par l'Europe de la défense, la CED... Qui n'a jamais fonctionné, phagocytée par l'OTAN (qu'on va d'ailleurs rejoindre après les avoir viré du site de Dauphine, pavillon bas).
On en est encore à essayer de constituer une brigade de biffins franco-allemande et à envisager de faire défiler sur les champs, à l'occasion du prochain 14 juillet, devant un parterre de chef d'états méditerranéens triés sur le volet, quelques pelotons détachés pour l'occasion de leurs garnisons en uniforme d'apparat !
Bien incapables que nous sommes d'avoir les mêmes matériels de combat à aligner, que ce soit du chasseur d'attaque aérienne à la munition de base de l'arme de poing des sous-offs...
On a eu la CEE. Là, l'Europe des marchands, elle a fonctionné. Lentement, mais sûrement ! De toute façon, elle existait déjà depuis le bas Moyen-âge, entre foires et marchés, bien avant l'emploi du vocable « franc » pour désigner le royaume occidental de Charlemagne légué à l'un des trois fistons !
Ça ne date donc pas d'hier.
Mais ça a perduré : plus de frontière, une même monnaie, plus de droit de douane : les marchands, ils savent y faire, vu leur ancienneté du problème.
Du coup, on a fait l'Europe agricole. Patatras ! C'était pour mieux subventionner les agriculteurs qui sont toujours plus nombreux à disparaître alors qu'est née une technostructure aberrante du « comment être un bon agriculteur »... avec les subventions destinées aux « z'agriculs », telle qu'il y a presque plus de spécialistes dans les bureaux du ministère que de fainéants dans les champs !
Et ceux-là, ils ne connaissent manifestement qu'une seule nature d'agriculteurs : les morts !
Si encore nos prés étaient laissés à l'abandon et en friche, mais même pas, il faut abattre les troupeaux, arracher les vignes et retenir à quai les pêcheurs (en de grandes grèves organisées par l'Europe patronale) !
La grande réussite de l'interventionnisme agricole...
Et là, aucun indien pour licencier tout ça, en plus !
Mais l'hécatombe dans les pays du sud, incapables d'accéder ni aux prix proposés pour se nourrir eux-mêmes en autosuffisance, ni investir pour le « qualitativement correct » aux yeux des pays du nord, laissés à la merci des « spéculateurs en bourse », qui n'ont même plus l'immobilier américain pour spéculer honnêtement avec leurs excédents monétaires...
L'Europe fiscale ? Même pas !
Le grand bide...
Et pourtant, on a commencé par le plus simple : la TVA !
Eh bien, que ce soit pour les champs d'application, les taux et les assiettes, pour le mécanisme de déduction de la taxe amont, même là, personne ne cause de la même chose !
Que notre vénérable administration des indirects en est encore à demander au quidam qui auto-liquide sa TVA à l'importation, d'être capable de justifier de la qualité d'assujetti de son vendeur ou prestataire de service...
Pourtant, nous avons tous un numéro TVA façonné de la même façon en Europe : les deux lettres du pays et une série de 10 chiffres censée nous identifier à tous les coups !
Alors l'Europe fiscale des impôts directs, y compris des retenues à la source, ne serait-ce sur ce qui est le plus facile à contrôler, à savoir les revenus de capitaux mobiliers, ce n'est pas encore demain la veille, tellement on nage dans l'exception de l'exception.
Re-bide !
L'Europe sociale ? Nous sommes libres de nous installer où qu'on veut pour bosser... Oui mais, à condition de respecter les mêmes règles professionnelles que celles applicables dans le pays d'accueil.
Eh bien figurez-vous, même pour un « esclave salarié », cela n'a rien d'évident !
Il faut une série de papiers et d'autorisations pour un polonais venant faire les vendanges en Bourgogne. Et quand ce n'est pas à sa charge, c'est à celle du bourguignon local.
Et en cas du manquement d'une virgule mal placée, les sanctions sont sévères.
Remarquez, pour faire « viticole », maintenant, il faut savoir lire et comprendre ce qui est écrit dans les formulaires à QCM obligatoires à avoir fait l'ENA pour comprendre les notices explicatives !
Déjà que même pour un juriste, on a parfois des surprises quand il s'agit de déclarer la constitution d'une société nouvelle... alors, faire du vin, je ne vous raconte pas !
L'Europe douanière ? C'est censé fonctionner. Le problème, c'est que les douaniers qui sont censés appliquer les mêmes règles de la rive gauche de la Neva à la sortie du détroit d'Istanbul en passant par les côtes écossaises et le large de Malte, ils ne lisent pas tous la même chose.
Et puis leurs tribunaux locaux ne disent pas non plus la même chose.
C'est une des raisons pour lesquels il est souvent plus simple de passer par Hambourg ou Anvers pour livrer à Aix-en-Provence que par Marseille (n'en déplaise à notre VCRM national).
Ou transiger et se rattraper sur le prochain business !
Et c'est qui qui paye ?
L'Europe politique ?
Elle a eu un hoquet en 2005. Trois ans plus tard elle remet ça en Irlande !
Ça chahutera quand il s'agira de faire entrer la Turquie...
Quant à l'étendre jusqu'à l'Oural ou vers les plaines de Libye... On demande à voir !
De toute façon, entre Gibraltar et Londres, rien que le monde britannique est déjà une série d'exceptions incompatibles avec le principe, même pas du fédéralisme européen, ni même d'inspiration confédérale - sans ça ce serait la guerre de sécession permanente - de l'Europe elle-même comme d'une entité supranationale et autonome.
L'Europe de l'espace ? Elle a fait long-feu à Kourou avec la fusée Europa... Au point qu'on lance parfois aujourd'hui des satellites laborieusement construits par Eutelsat - qui reste à avoir du mal à assumer son état de GIEE pour être devenue une SA - depuis la Floride, les steppes russes ou les déserts américains.
Quant à se passer du GPS de l'armée américaine avec Galileo...
Bon d'accord, si Concorde ne vole plus, Airbus vole sous toutes les latitudes grâce au coup de pouce royal de l'Europe !
Encore que, de retards en retards, de marchés annulés en parachutes dorés, d'usines fermées en ordinateurs qui ne comptent pas avec les mêmes mesures, on se demande si vraiment l'Europe aéronautique existe ailleurs que dans les conseils d'administration de tous ces planqués...
À peine capable de faire voler sous le feu l'Eurofighter... quant au « tigre », hélicoptère de combat de la même filiale, je ne vous dis pas !
L'Europe de l'atome ? Euratome... Eh bien c'est nulle par ailleurs que « chacun pour soi » ! Un bide total où même Areva a du mal à refourguer son savoir-faire et son matériel « que le monde entier nous envie », autre part qu'en Libye contre trois infirmières bulgares et un toubib palestinien (qu'ils en empoisonnaient à coup de sida les gosses de riches locaux, paraît-il !) .
Même les finlandais hésitent encore, les chinois persistent à se poser des questions, tellement la mainmise américaine, qui exporte là du « matériel pourtant jugé sensible » est nettement plus attractive.
Jusqu'aux britanniques qui exploitent des ogives nucléaires made in USA...
Bref, 60 ans d'efforts pour pas grand-chose à l'arrivée : on commence à faire entrer la troisième génération d'européens dans le monde du travail et ça balbutie à tous les carrefours !
Faut donc être fou pour être Européen !
Même pas besoin d'être noniste pour comprendre que jusque-là, c'est une vaste fumisterie !
Et pourtant...
Je suis citoyen européen. Moi, u Corsu, sorti de son île de beauté perdu à deux pas de Rome l'ancienne, celle qui avait déjà fait l'Europe il y a plus de 2.000 ans, je reste « gaulois supérieur » et... indubitablement européen.
Mais mondialiste aussi : c'est une expérience « physique ». Visitant New-York la « grosse pomme », j'ai pleuré de joie en entrant chez moi, dans le bâtiment de l'ONU.
D'abord, on y parlait francilien et sans accent, ensuite, on était ravi de m'accueillir (alors que je ne faisais vraiment que passer).
J'ai eu très exactement ce même sentiment partout en Europe - à de rares exceptions près dues aux mécontentements locaux de nos politiques gouvernementales. Toujours, sauf les anglais, tout le monde a toujours fait l'effort de me parler « gaulois » pour m'accueillir, même en Finlande !
Heureux de pouvoir me parler de Sibellius composant Finlandia ou la valse lente à Saint-Germain-des-Prés et d'ouvrir un fin bordeaux pour m'honorer.
Je suis Européen parce que je suis fils de Rome depuis la bataille de Gergovie - on ne parle toujours pas de civilisation romano-gauloise, mais gallo-romaine - parce que mes ancêtres ont servi Carlos Magnus (en Corsica bella Tchi-tchi, on n'est pas comme les sauvages continentaux : les archives de l'état-civil baptismales sont restées intactes et pas trop mal conservées.
Je suis Européen parce que ces luttes des familles d'empereurs austro-hongrois, franco-gaulois, ou autres, je m'en tamponne pour ne même pas les reconnaître comme légitimes à dicter la loi dans leurs frontières, pour être d'abord républicain et du coup n'admettant pas ni la guerre de cent ans, ni celle de 30 ans, ni aucune des suivantes, qui n'étaient rien d'autres que le fait de quelques « despotes mal inspirés » et aveuglés.
Car je crois encore à l'Europe de Jaurès, celle de la seconde internationale, hélas décédée sur le chemin des dames et des Dardanelles, dévoyée par les Léninistes et enterrée par les fils et petit-fils de la SFIO qu'on se tamponne encore rue Solferino et ailleurs !
Je suis Européen, parce que seul le « cousin » Napoléon, dit « le petit caporal », il l'a refaite jusque sur les bords de la Volga au nom du peuple français, d'accord, pas très longtemps et déjà à cause des anglais, il est vrai, ces anti-européens primaires et viscéraux...
(Et je me rappelle bien de De Gaulle qui nous avait gentiment prévenus à leur sujet, en plus...)
Parce que c'est la même, celle des peuples qui ont dit NON à la dictature et au totalitarisme nazi, d'accord, grâce aux anglais et aux américains qui se sont souvenus qu'ils sont aussi américains parce que Lafayette y a mis du sien (avec l'autorisation du roy de l'époque, et que ça s'est aussi décidé par très loin de chez moi, côté rive gauche de la Seine à côté de chez mon marchand de journaux) !
Je reste européen pour être sûr, même si je ne sais pas trop comment encore, que c'est cette Europe là qu'il faut léguer à nos gamins en héritage. Pas l'Europe des « technocrates » devenus « eurocrates », sans aucune légitimité - la Commission n'est pas élue, mais elle décide des directives à soumettre au vote du Parlement européen, elle n'est même pas contrôlée, mais juste guidée par les conférences et les Conseils des ministres ou des chefs d'État !
Mais l'Europe des peuples, l'Europe des citoyens, l'Europe des « gens d'en bas », l'Europe de tout le monde et que le « monde entier nous enviera » !
D'ailleurs, ils nous la copient tous, autour du pacifique, du continent américain, nord et sud, de l'Afrique, autour de la méditerranée, de l'océan indien, dans la péninsule arabique, tellement ils ont la trouille que la nôtre puisse fonctionner correctement un jour.
Je les rassure, ce n'est pas demain la veille tant qu'on n'aura pas fait le ménage nous-mêmes, mais du coup ils nous poussent au kul pour aller de l'avant !
Évidement, ce jour-là, j'étais bien seul à la soutenir, cette pauvre Europe...
Tout le monde m'ayant pris pour un kon d'eurosceptique !
Ils ont tous bu du petit lait m'entendant faire le tableau que je viens de vous résumer, me prenant pour un enragé de noniste, ou un chevelu trotskyste, maoïste ou altermondialiste !
J'ai alors pu mesurer tout le chemin qu'il reste à parcourir : nous ne sommes même pas au milieu du guet ! Nous avons tout juste fait deux pas dans l'eau et la rive d'en face est toujours cachée par la brume matinale !
Y seront nous pour trinquer z'ensemble au soir ?
Viva l'Europa,
Viva a Francia,
Viva a Corsica... sempré fiéra !
Viva a liberta per u populu Corsu !
Et pour tous les autres dans la grande confraternité des peuples démocrates du « vieux continent » !
Alléluia !