Retour sur images.
Je ne m’en lasse pas et veux ne pas oublier.
Au matin, histoire d’attraper quelques « palmes » en forme de buis pour bien se rappeler qu’il s’agissait quand même du moment de gloire du Christ incarné entrant dans Jérusalem avant que d’être vilipendé jusqu’à crucifixion pas plus tard que la semaine suivante, j’arpente le quartier à la recherche d’une église ouverte à la messe.
Il pleut et les quidams sont rares. Et puis il faut que je file voter et ramener les croissants frais pour ma nichée encore en train de pioncer.
La journée va être rude, il y a des tonnes de trucs à faire et cette compta d’un pote très en retard à embrayer depuis 2001, qui nuit à mon neurone.
Comptait-il déjà en euros ou était-il resté en francs ? Comment ouvrir les fichiers sur un logiciel que je ne maîtrise pas ? Avec quels codes de verrouillage ? Pourquoi n’y a-t-il même pas une balance tirée avant clôture ? Clôtures qui n’ont jamais été faites… et pour cause, sans ça on n’appellerait pas Zorro !
Et puis au soir, je suis coincé : je ne pourrai pas aller en Mairie, comme d’habitude, pour soutenir le « cousin ». Il est donné perdant, ce n’est pourtant vraiment pas le moment de le laisser choir ! D’autant qu’après avoir sonné l’hallali depuis des semaines et des semaines, voire des mois et des mois, ils vont tous être là pour la curée, filmer l’homme à terre, piétiné, haché menu : J’en serai, pour faire barrage de mon double quintal devant sa porte, pendant que les broyeuses tourneront derrière !
Mais pour le moment, je dépouille. Je reçois même un SMS qui me dit que c’est fini. Battu alors même que je cherche avec d’autres le bulletin manquant dans mon bureau de vote de l’arrondissement voisin.
Retour à la maison ou le suspens règne : en fait, « Miss Cohen » savait déjà qu’elle état la perdante du jour et partait se réfugier rive droite sous son chapeau et derrière ses lunettes noires en rasant les murs. Elle pouvait déjà remballer son champagne, son heure de gloire, celle d’avoir terrassé « l’inusable », celle de pouvoir humilier toute une tribu, n’avait pas encore sonnée !
D’ailleurs, je n’aime décidément pas la cohue des grands soirs de triomphe !
Il y a un goût de meurtrissure inhabituel noyé dans la joie d’avoir gagné… un peu dégueulasse.
Finalement, je n’avais rien à y faire. Et c’est tant mieux pour tout le monde.
Je suis très heureux comme ça !
Comme quoi, ça paye encore une campagne de proximité, dire le « vrai et le juste », rien de plus, contre vents et marées, contre le déferlement médiatique, contre tous les matraquages de si doctes personnages de « sachants » mieux que les autres, contre toutes les mauvaises foi réunies, juste avec des convictions, juste pour dire ce qui est ! « Rien qu’avec une chanson, pour parler au canon », ami, demain « nous aurons le monde entier », chantait déjà Brel !
Finalement, j’aime bien ce pays là où ni la presse, ni les loges, ni les partis ne dictent encore la loi à tous les autres, partout, ce pays qui résiste par petites poches, par quelques irréductibles interposés !
Magnifique !
Tout l’esprit gaulois ! Tous ceux qui disent non !
L’esprit de résistance en somme.
Gamin va !
Si c’est ça la gauche de demain, il y a encore du boulot à fournir !
On y verra plus clair ensuite : « Bling-bling » viré avec son harem, « De-La-Nuée » muté à sa place avec le sien, le « Hollandais » volant devenu vaisseau fantôme, « Marie-Ségololo » à Poitiers pour retenir les sarrasins loin de la Capitale, le Modem cramoisi à Pau et sur les rives de Seine, le Front en déroute, les IIIème et IVème internationale qui n’en finissent pas d’agoniser, les alterverdoyants qui deviennent des crypto-bourgeois, je pourrai retourner dormir tranquillement à l’ombre de mes figuiers !
C’est que ça rend fou l’ombre des figuiers, c’est bien connu : je serai peut-être alors enfin en harmonie avec moi-même !
Allez savoir !
D’une pierre 10 coups : Même au billard je ne pourrais jamais faire mieux !
Bonne journée à vous.