Bienvenue !
Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet.
Pauvre Marianne...
Un peu de pub :
Transmis par VCRM pour information !
Le comité de la maxi-dette, « mission Juppette-Ro-card », a rendu son rapport sur les « investissements d’avenir » évalué à seulement 35 milliards, un peu plus que le plan de relance de 26 milliards de l’année dernière, largement moins que les 104 milliards de déficits budgétaires programmés pour 2010 et les 30 milliards de déficits qui viennent d’être votés en commission mixte paritaire de la LFSS 2010.
35 « mignards » d’investissement d’avenir (même plus des « désirs » de « Ségololo ») qui devront être financés par le « Grand emprunt à Bling-bling », dans la droite ligne du Pinay d’antan et du « Giskard a la barre » plus récent.
L’emballage pourrait être séduisant et il reprend, il est vrai, toutes les idées à la mode sur les secteurs considérés comme prometteurs, comme en témoigne les sept axes retenus (page 14) :
1) – Soutenir l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation (qui peut être contre après les cohortes de « trouveurs » descendues dans les rues y’a pas encore très longtemps ?).
2) – Favoriser le développement de PME innovantes (que même on n’a pas encore pensé dans les têtes de la haute-administration qu’elles étaient assommées avec leur crédit d’impôt recherche, niche qui a failli disparaître l’année dernière pour être particulièrement dispendieuse !)
Perso, je viens de recevoir un dossier d’une de ces boutiques généreusement financées par ce mécanisme… qui vient de se voir notifier un redressement coton sur le sujet et tout le reste : le produit, fruit desdites recherches autofinancées, n’est pas encore commercialisé, mais qu’il est envisager de déposer le bilan avant la fin de l’année !
Faut jamais rien demander au fisc, il pourrait avoir l’idée de reprendre d’une main plus que ce que l’autre avait donné !
3) – Accélérer le développement des sciences du vivant (c’est sûr qu’entre « sciences molles » et « sciences dures », on ne sait plus où donner de la tête…)
4) – Développer les énergies décarbonées et l’efficacité dans la gestion des ressources (ah que il serait peut-être temps que Michel ne plaide plus tout seul dans son grand désert embrouillé à lui : il va enfin avoir du fric pour travailler !)
5) – Faire émerger la ville de demain (là, c’est un peu compliqué : nos villes sont enracinées dans au moins deux, voire trois millénaires d’Histoire, en faire émerger d’autres demain… y’a du taf !)
6) – Inventer la mobilité du futur (tiens, du boulot pour « Chouette-chouette » clouée dans son fauteuil à roulettes et sa voiture sans marche arrière…)
7) – Investir dans la société numérique (la bonne affaire du siècle passé : on a inventé le minitel, le plan calcul et le Bip-bop, ils nous ont tout piqué avec internet, windows et les GSM…)
Mais seront-ce des idées « à la mode », qui pouraient changer plus vite qu’on ne le pense ?
En 2005, « Borloo le chevelu » de chez le « Chi » promettait déjà la création d’un demi-million d’emplois sur trois ans dans les « services à la personne ».
Quatre plus tard, on connaît le flop de ce secteur, qui ne figure même plus dans le présent rapport.
Et que l’on tergiverse encore dans les cénacles des « sachants » ne serait-ce que pour accueillir en crèche la moitié des « chères têtes blondes » qui naissent sur le territoire tous les ans (plus de 800.000), service à la personne pour le moins rentable puisque ça permet aux parturientes d’aller bosser en usine et de cotiser pour la retraite des vieux, (loi d’avril 2008 ; Cog Caf/État avril 2009).
Parce que personne ne veut bosser dans le secteur, là comme ça, juste pour un « petit bout de la lorgnette » que je connais un peu…
Faut dire que pour ses emplois-là pour le moins « à effet positif » pour les comptes de la Nation, nos filles sont particulièrement mal payées et personne ne veut mettre la main à la poche…
Il suffirait pourtant que de 2 petits milliards, là, comme ça, « one shot » : après on se débrouillera bien !
Et il y a plus grave.
Quand on enlève l’emballage et que l’on se plonge dans le corps du rapport, on s’aperçoit que les 35 milliards d’investissement vont passer par la tuyauterie déjà largement percée et inefficace d’organismes publics existants comme l’ANR (Agence nationale de la recherche), ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine), Oséo (aide aux PME), Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) !
« Pour l’essentiel, la Commission s’appuie sur des organismes publics existants pour réaliser les investissements d’avenir retenus. Par exception et pour accompagner la mise en œuvre des grands objectifs d’investissements, il est proposé de créer une agence des campus d’excellence, une agence pour les énergies renouvelables et une agence pour le numérique » (page 43).
Idem pour « Das Groß Pariß » dont le « ministre délégué » ne sait même plus ce qu’il doit faire ni dire.
Je ne vous raconte pas non plus le silence fantastique sur le sujet du ministre de la relance, le bien nommé « Dévide-d’gens », qui non seulement n’a pas encore claqué les 26 milliards du plan fumeux, et « ah que », avec 35 milliards de plus auraient pu avoir à lui donner quelques idées de principe…
En bref, stupéfaction par ailleurs : il n’y a aucun dispositif fiscal ou réglementaire pour encourager l’initiative privée !
Tout repose sur des structures publiques, qui sont déjà surnuméraires et dont le fonctionnement est régulièrement dénoncé par la Cour des comptes ou des organismes indépendants.
Gag de la gabegie annoncée !
On va même en créer une « Agence nationale des campus d’excellence » qui aura pour mission de, tenez-vous bien :
« Soutenir la transformation d’un nombre limité (cinq à dix) de groupements d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche (indépendamment de leur statut : universités, grandes écoles, fondations de coopération scientifique…) en institutions pluridisciplinaires de dimension et de réputation mondiales, avec l’objectif de les faire figurer dans les cinquante premiers des différents classements mondiaux et du futur classement européen, et d’en faire entrer deux dans les vingt premiers » (page 56).
Fameux : On admire la précision concernant les classements !
Mais pan : tout de même, 10 milliards pour cela…
La question qu’il aurait fallu se poser c’est, compte tenu des moyens déjà importants consacrés aux universités, pourquoi nous n’y sommes pas déjà parvenus ?
Mais là, il aurait alors fallu s’interroger sur le fonctionnement de l’enseignement supérieur, entreprendre des réformes de structure, et cela les pouvoirs en place (à l’État comme à l’université) ne veulent pas en entendre parler…
Donc on fait ce que l’on fait depuis toujours, on injecte de l’argent dans le tonneau des danaïdes !
De la même façon, le rapport préconise d’« Instituer des bourses permettant d’attirer ou de faire revenir en France des post-doctorants et des chercheurs de renommée internationale » (page 60). Euh…Pourquoi sont-ils partis au juste ?
Mystère.
Le rapport propose simplement de l’argent (de 500 K€ à 1 M€ par chaire au maximum), ce qui est une façon totalement méprisante de voir le problème par le bout de l’aumône alors qu’il aurait fallu aussi tenir compte de la lenteur de progression des carrières, du manque de liens avec les entreprises, etc., toutes choses éludées dans les grandes largeurs et profondeurs.
La véritable esbroufe du rapport consiste finalement à faire croire à la rentabilité économique de ces dépenses.
Le rapport affirme : « Les dépenses d’investissement retenues par la Commission donnent lieu à la constitution d’actifs à hauteur de près de 60 %. Les autres dépenses sont accompagnées d’une exigence de retour. Dans tous les cas, les dépenses choisies sont porteuses d’une rentabilité directe (dividendes, royalties, intérêts…) ou indirecte (recettes fiscales induites par une activité économique accrue) pour l’État et de bénéfices socio-économiques pour la collectivité. » (Pages 15, 25).
Et lorsque l’on s’imagine à regarder dans le détail ce « retour » de chaque projet, on a le plus souvent ces phrases sibyllines : « La rentabilité de cet investissement est d’ordre socio-économique » ou encore : « en cas de succès économique »…
Interdit de rire : Il faut bien vendre le Grand emprunt aux députés et surtout à l’opinion publique relayée par une presse aux ordres et qui oublie son indépendance à critiquer, décortiquer, analyser pour éclairer la dite « opinion publique ».
Même Le Figaro en a abandonné depuis des lustres sa devise immémoriale : « Il n’est pas d’éloge flatteur sans la liberté de blâmer » (Beaumarchais…).
Un exemple ?
Le rapport préconise la création d’un « fonds national de valorisation des projets innovants » doté de 1 milliard d’euros qui « pourrait prendre des participations dans des structures de valorisation à hauteur de 10 % de son capital initial chaque année au maximum, jusqu’à épuisement de ses capacités. L’objectif est en effet que les structures de valorisation atteignent un équilibre financier après une dizaine d’années, grâce aux revenus générés par les licences concédées et par les prises de participation » (pages 70-71)…
Qui peut croire une telle annonce qui ne s’appuie, dans le rapport, sur aucune étude ou estimation chiffrée ?
Juste un vieux pieu, très, très loin de la vie quotidienne du monde des entreprises…
Si l’État peut avoir un rôle c’est dans les infrastructures, et il n’y a rien dans le rapport, hormis 2 milliards pour développer le très haut débit ! Ce qui est peut-être une bonne idée.
La somme, pour le coup, est largement insuffisante.
On note d’ailleurs, dans le domaine numérique, également 2 milliards pour développer les usages et les contenus numériques, comme si c’était à l’État de le faire !
En réalité, on constate que, hormis les 10 milliards pour les campus, ce sont dans tous les cas des dépenses à coup de 1 à 2 milliards par ci ou par là (biotechnologies, nucléaire, aérospatial, transport collectif, isolation, véhicules électriques, etc.) du « saupoudrage » à dose homéopathique qui de toute façon auraient pu être réalisées dans le cadre du budget normal de l’État, si celui-ci avait engagé un programme d’économie !
Le « Grand emprunt » traduit donc et surtout, et une nouvelle fois, l’incapacité totale de l’État à se réformer et le manque d’ambition catastrophique de la commission « Jupette/Ro-card ».
Quand même pas de bol d’avoir des élites aussi pusillanimes :
« Jupette », le « meilleur d’entre nous » ? Ena promo 72… dite « Charles De Gaulle » ;
« Ro-card », également « ex-premier » ? Ena promo 58… dite du « 18 juin » !
Avec 35 milliards, j’en aurai fait des choses, moi qui me démerde à en faire déjà plein avec « pas un rond » (mon surnom à la BdF…) !
La compétitivité des nations !
Comme chaque année, le Forum économique mondial (Davos) publie un rapport, qui classe les pays selon leur compétitivité. Tout n’y est pas inintéressant à une époque ou même « Bling-bling » s’entiche de quelques « sachants nobellables » en charge d’innover en terme de « mesure de la performance » et du « bonheur ».
Car il y a beaucoup de critères pertinents, et un classement globalement acceptable.
Mais… à y voir de près, on peut se poser quelques questions.
Ce rapport annuel est le classement de seulement 133 pays selon leur « degré de compétitivité ».
Et que peut-on en tirer ?
Tout d’abord, que la crise n’a pas fondamentalement modifié le classement, sauf de façon marginale : les États-Unis, qui étaient premiers, deviennent seconds et la Suisse fait le chemin inverse.
Parmi les autres pays bien classés, on trouve Singapour, la Suède, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, le Japon, le Canada, les Pays-Bas, Hong-Kong, Taïwan, le Royaume-Uni, etc.
Or, tous ces pays étaient déjà dans les premiers l’an dernier : la crise n’a donc absolument pas bouleversé les choses !
On remarquera également que pratiquement tous ces pays ont entrepris ces dernières années, il y a dix, vingt ou trente ans, d’importantes réformes libérales. Certains, comme la Suède, étant très « socialisants » auparavant ; maintenant qu’ils sont libéraux : les voilà en tête.
Curieux quand même… pour les héritiers du « modèle suédois » d’Olof Palme.
Il y a à l’inverse des pays qui reculent, comme la Russie, qui perd douze places : cela n’est guère étonnant, car ce pays s’enfonce dans le « nationalisme-étatisme-Kagébiste » outrecuidant.
Cela se paie, même dans le classement de Davos.
Il faut dire que les critères retenus par le Forum économique mondial sont complexes et nombreux : 110 critères en tout.
Certains sont très bien choisis, quantifiables, objectifs et pertinents.
C’est le cas par exemple du marché du travail : plus il est rigide, englué dans les réglementations, plus la compétitivité est faible, et plus il est souple, libre, rendant les prolétaires mobiles « corvéables et taillables à merci », plus la note est bonne.
Il en va de même pour les déficits publics, considérés négativement (c’est ce qui a fait « chuter » les États-Unis de la première place du podium jusqu’à la seconde marche et encore le rapport est-il paru trop tôt pour prendre en compte tous les effets du plan « Au-bas-Mât »).
La faiblesse du taux d’inflation est également un bon critère car la stabilité des prix est indiscutablement un facteur de compétitivité.
La qualité du système éducatif, primaire et supérieur, est également un critère important et justifié, puisque l’investissement en « capital » humain est un élément essentiel de la compétitivité.
La qualité des infrastructures de transport ou de communication est aussi un élément qui joue un grand rôle, et le secteur privé peut, suivant les pays, y contribuer largement (toute infrastructure n’est pas forcément « publique »).
Ce qu’on appelle « l’environnement des affaires » a également son importance, de même que la « qualité des institutions », encore qu’on ne sache pas très bien ce que les experts de Davos veulent mettre derrière ce mot.
On peut penser qu’il s’agit de « l’état de droit et du respect des droits de propriété et des contrats ». Notons que la « sophistication des marchés financiers » est aussi l’un des critères retenus, ce qui n’est pas forcément évident, compte tenu de « l’emmêlage de pinceaux dans les tapis », encore dans toutes les mémoires.
D’autres le sont moins.
Tout d’abord, il y a des critères qui manquent de précision. Qu’entendre par exemple de la « qualité des soins » ?
Qu’est-ce qui est pris en compte ? Les résultats (comme l’espérance de vie) ce qui est en partie vrai ; ou seulement le système de protection sociale ? Et dans quel sens ?
Le système de soins est-il considéré comme mauvais si tout le monde n’est pas assuré, comme aux USA ?
Le plus inquiétant n’est pas là : on peut être surpris qu’une part importante de la note vienne d’un sondage mené auprès de 13.000 dirigeants (surtout des hommes d’affaires) de 133 pays.
On entre là dans la « subjectivité la plus totale », et par définition cela n’a aucun caractère scientifique.
En premier lieu le sondage concerne moins de 100 personnes par pays et la représentativité de l’échantillon est très improbable…
Ensuite, l’opinion majoritaire, même (ou surtout) de dirigeants ne reflète pas obligatoirement la réalité ; les hommes d’affaires eux-mêmes peuvent aussi avoir des préjugés !
Il est à craindre que sur bien des sujets, comme l’éducation, la santé, voire l’innovation ou les institutions, leur note soit essentiellement venue de l’opinion dominante dans ce milieu, qui est ce que l’on sait : politiquement correcte.
Ceci dit, le cas de la « Gauloisie » est assez significatif.
Nous sommes quand même classés au 16ème rang.
Ce n’est pas très glorieux, mais le résultat est honorable si on le compare à ceux que notre pays obtient avec d’autres classements, comme celui des indices de liberté économique.
Hélas, si l’on détaille les notes, on voit que ce sont les « critères objectifs » qui plombent notre score. Sont notamment en cause la rigidité du marché du travail et l’ampleur des déficits publics.
Sans doute, certaines de nos bonnes notes ne sont-elles pas imméritées, comme la qualité des communications ou des systèmes de transports – qui fonctionnent très bien seulement quand… il n’y a pas de grève.
En revanche, nous pouvons difficilement comprendre comment notre moyenne remonte grâce à la qualité des systèmes de soin et d’éducation à un moment où l’on se rend compte que l’orthographe, la grammaire locale, le calcul ne sont pas maîtrisés par une grande part de la population… depuis des décennies !
Il faut tout de même être bien ignorant du système français pour en vanter la qualité.
Combien d’enfants sont-ils capables de lire et d’écrire ou de compter en entrant en sixième ?
Même pas moi : j’en suis sorti pourtant depuis de nombreuses années et heureusement que j’ai des machines qui font tout ça bien mieux que moi (Merci Bill Gates !)…
De même, en dépit de la qualité de nos médecins, leur nombre est désormais insuffisant, qu’ils soient généralistes ou spécialistes, et le financement de la médecine et de l’hospitalisation n’est plus assuré ; on ne cesse d’accroître les cotisations et de réduire les prestations : pas vraiment un signe de « progrès pour tous » !
Enfin la qualité des hôpitaux reste déclinante.
Les patrons interrogés auraient-ils été simplement impressionnés par l’importance des fonds que nous consacrons à la santé ?
Ou ne fréquentent-ils décidément tous que l’hôpital américain de « Neuilly-sur-le-Seine » ?
Si le chiffre de 11,5 % du PIB est impressionnant, il est surtout inquiétant !
Pour revenir à l’éducation : Quelle est la valeur du bac, qui ouvre en outre automatiquement la voie à l’université ?
Que vaut notre enseignement supérieur, sinistré par de gros bataillons qui vont échouer en ayant fait deux ou trois premières années, refusant sélection et concurrence ?
Que valent des diplômes délivrés dans des facultés qui ont fait quatre ou cinq mois de grève ?
Que dire de la syndicalisation de l’enseignement et de la recherche ?
Et du CNRS, dernier vestige de « l’Orchestre Rouge » ?
Sans doute les personnes interrogées ont-elles dû songer à une ou deux grandes écoles, ou à quelques universités privilégiées (pour combien de temps ?) qu’elles voient sur les CV des impétrants à carrière dans leurs groupes.
Ou est-ce te que la « Gauloisie de la beauté et de l’intelligence » peut-elle vivre encore longtemps sur sa vieille réputation culturelle ?
En conclusion, sans rejeter totalement le classement de Davos (il a malgré tout le mérite de nous alerter, puisqu’une 16ème place n’est pas enviable), il faut aussi nous plonger dans d’autres classements comme ceux « d’Heritage », du « Fraser Institute » ou « du Wall Street Journal », bâtis sur des critères plus proches de la réalité.
Le fameux « indice de liberté économique », lancé à l’initiative de Milton Friedman, ne retient que des éléments très objectifs, comme la place du secteur public ou des dépenses publiques.
Malheureusement, en « Gauloisie des libertés », on y est beaucoup plus mal classée, et même, on perd pied : le niveau de liberté économique ne cesse de diminuer…
Comme il existe une spectaculaire corrélation avérée et réitérée depuis des lustres entre « liberté économique » et « croissance », nos « technocrates de la pensées unique » devraient comprendre que seuls les pays libres vont bénéficier de la reprise quand elle se produira.
Hélas, chez nous, il pleut des mignards publics, piqués dans la poche d’autrui et des générations futures, anesthésiant radicalement toute autre initiative privée…
Bref, on persiste à marcher sur la tête : à nos gosses de payer la facture et la « fracture »…
Le bel avenir, n’est-ce pas !
Après quelques commentaires, l'original.
Il fallait bien clore cette série de « L'état des comptes de l'État », ne serait-ce que pour prendre date, par le « corpus » du texte lui-même...
Des 133 pages en comptant les annexes on ne reprendra que les conclusions : c'est déjà pas mal d'en prendre de la graine.
« Chapitre I : Une dégradation accentuée dès 2008
L'alourdissement du déficit public, déjà sensible en 2007, s'est poursuivi en 2008 (3,4 % du PIB après 2,7%). Cette augmentation est imputable au ralentissement de l'activité à hauteur de 0,4 point, ce qui signifie que le déficit structurel a poursuivi en 2008 sa dégradation sous l'effet des baisses d'impôts et cotisations sociales, notamment celles inscrites dans la loi TEPA, et en dépit d'un ralentissement des dépenses publiques en volume. Ce ralentissement résulte d'une stagnation de l'investissement public et de l'effet d'une inflation forte et non anticipée.
La dette publique a augmenté de 118 Md€, pour un peu plus de la moitié du fait du déficit et pour le reste du fait des apports financiers au secteur bancaire et d'une augmentation de la trésorerie de l'Etat. Elle a atteint 1 327 Md€ fin 2008 et représenté 68,1 % du PIB, ou 47 400 € par actif. Elle a généré 55 Md€ de charges financières, soit 1 950 € par actif, en hausse de 7,3 %.
Le solde primaire, avant paiement des intérêts, est redevenu nettement négatif en 2008 (-0,6 % du PIB) et conduit donc à devoir financer par l'emprunt non seulement la totalité des charges d'intérêt de l'année mais, en sus de ces charges, un volume additionnel de dépenses équivalent à 0,6 point de PIB.
Les soldes publics se sont un peu plus fortement dégradés dans les autres pays européens en 2008 mais leur niveau moyen est resté sensiblement meilleur que celui de la France (-1,5 % pour la zone euro hors France), l'Allemagne se distinguant par un solde quasiment stable au voisinage de l'équilibre. La dette française a crû plus fortement que la moyenne et elle a, en particulier, dépassé celle de l'Allemagne.
La situation dégradée des finances publiques fin 2008 résultait principalement de l'incapacité quasi constante de la France depuis de très nombreuses années à rééquilibrer ses comptes publics et à réduire le poids des dépenses publiques, contrairement aux autres pays européens.
Le niveau du déficit structurel (de l'ordre de 3,5 % du PIB), qui est particulièrement élevé au regard de celui des pays voisins (1,4 % pour la zone euro hors France et 1,0 % pour l'Allemagne), en est l'illustration. Il signifie que le déficit français est, indépendamment des effets de la conjoncture, sensiblement au-delà du seuil de 3 % résultant des traités européens.
Chapitre II : Une dégradation quasi générale pour toutes les catégories d'administrations
La dégradation du résultat de l'Etat, quel que soit le référentiel comptable retenu, explique presque entièrement l'augmentation du déficit et de l'endettement publics en 2008. Son déficit a représenté 20,2 % des dépenses et 25,4 % des recettes nettes. Cette dégradation, qui doit encore peu (de l'ordre de 4 Md€) au ralentissement de l'activité, résulte surtout de la perte de 14 Md€ de recettes fiscales, pour l'essentiel du fait d'allégements d'impôts et de la compensation d'exonérations de cotisations à la sécurité sociale. En outre, l'objectif de croissance « zéro volume » des dépenses, mesuré d'exécution 2008 à exécution 2007, n'a pas été atteint. Du fait de ce déficit, de la reprise de dettes d'autres organismes et d'une augmentation de la trésorerie, la dette financière de l'Etat a crû de presque 100 Md€ pour atteindre 1 044 Md€.
Le régime général de sécurité sociale aborde la récession avec un déficit de 10 Md€ en 2008, à peu près stable depuis six ans malgré la croissance dynamique de cette période, et de nature essentiellement structurelle. En effet, ses dépenses ont certes légèrement ralenti, mais leur croissance est restée supérieure à celle de ses recettes. Sa situation est donc préoccupante et le transfert à la CADES de la dette résultant de ses déficits cumulés jusqu'à 2008 n'a fait que reporter dans le futur le financement d'une partie des prestations.
Le besoin de financement global des administrations sociales n'a été maintenu au voisinage de l'équilibre que grâce aux excédents, très précaires, de l'assurance chômage et des régimes complémentaires. La dette globale de ces administrations, en y ajoutant la CADES, n'a ralenti sa forte croissance des années passées que grâce à la reprise par l'Etat de la dette du régime agricole.
Le besoin de financement des administrations locales n'a été quasi stabilisé en 2008 qu'en raison d'une baisse de l'investissement, alors que leurs dépenses de fonctionnement, malgré une légère inflexion, ont continué à augmenter nettement plus vite que leurs recettes de fonctionnement. Cet effet de ciseau est particulièrement fort dans les départements. La dette brute des administrations locales s'est accrue de
10 Md€ et, si elle reste soutenable au regard de leurs ressources, les collectivités abordent la crise sans qu'aient été réalisées les réformes de leurs structures et de leurs financements qui permettraient de maîtriser la croissance de leurs dépenses.
Chapitre III : Un impact massif de la crise en 2009
L'Etat perdra plus de 25 Md€ de recettes fiscales en 2009 par rapport à 2008, dont une dizaine en raison des mesures de relance, en principe temporaires. Ses dépenses croîtront fortement, du fait du plan de relance mais aussi d'une progression de 1,2 % en volume des crédits affectés aux autres dépenses. Celles-ci peuvent encore rester dans la limite des crédits votés, sous réserve d'un effort de redéploiement important, mais avec la perspective que l'Etat ne parvienne pas à réduire le montant des dépenses exigibles et impayées en fin d'année.
Le déficit budgétaire dépassera 120 Md€ et l'augmentation de la dette financière pourrait être supérieure à 100 Md€.
La récession creusera fortement le déficit du régime général de sécurité sociale qui, même si l'évolution des dépenses est conforme à la LFSS, dépassera 20 Md€. La question du traitement de sa dette va donc très vite se poser à nouveau. La crise touchera aussi particulièrement l'Unédic dont les résultats financiers sont très sensibles à la conjoncture et qui devrait donc voir réapparaître un déficit significatif. Les régimes complémentaires basculeront dans le déficit. Le besoin de financement des administrations sociales pourrait atteindre 1,3 à 1,5 % du PIB.
La hausse du taux des impôts locaux et l'inertie de leurs bases devraient permettre aux collectivités locales de maintenir à peu près leur autofinancement, malgré le dynamisme persistant de leurs dépenses de fonctionnement. La croissance de leur investissement est très incertaine mais, malgré l'incitation à l'accroître apportée par le remboursement anticipé du FCTVA, elle sera sans doute assez faible et leur besoin de financement ne devrait donc pas beaucoup augmenter.
L'ensemble des éléments ci-dessus amènent à conclure que le déficit global des administrations publiques devrait dépasser 140 Md€, soit plus de 7,0 % du PIB, en 2009 avec une baisse du PIB de 3,0 %.
La crise et le plan de relance n'en expliqueraient qu'environ la moitié, le reste étant de nature structurelle, avec un déficit structurel tendant à légèrement s'aggraver. Malgré un plan de relance moins important, le déficit français resterait supérieur à la moyenne des autres pays européens, car notre pays part d'une position beaucoup plus défavorable.
Sans même compter les emprunts de la SFEF, la dette publique dépasserait 75 % du PIB. Avec eux, elle progresserait d'environ 220 Md€ et serait voisine de 80 % du PIB.
Chapitre IV : La perspective de déséquilibres encore massifs à l'horizon de 2012
La perspective d'une réduction sensible du déficit et de la dette à l'horizon de 2012 n'est pas réaliste à défaut d'un effort majeur de redressement. Même si la croissance de l'activité redevenait supérieure à
2,0 % par an à partir de 2011, comme le suppose la programmation des finances publiques, la croissance des recettes pourrait être durablement faible.
En outre, faute de nouvelles mesures d'économie, le ralentissement des dépenses sera insuffisant.
Le déficit public risque d'être encore supérieur à 6,0 % du PIB en 2012 et la dette approcherait alors 90 % du PIB, sans même compter les emprunts de la SFEF. Les charges d'intérêt pourraient être supérieures de 20 Md€ à leur montant de 2008, soit l'équivalent de deux points de CSG. Chaque actif paierait alors 2 700 € de charges d'intérêt par an, 750 € de plus qu'en 2008.
La Cour a souhaité l'adoption d'une loi de programmation des finances publiques et d'un budget triennal de l'Etat. Ils demeurent des instruments essentiels, mais d'une portée limitée au regard des circonstances exceptionnelles que connaissent les finances publiques. En outre, la loi de programmation ne peut pas avoir d'emprise sur une partie importante des administrations publiques.
Ses principales orientations, maîtrise des dépenses et sécurisation des recettes, sont encore appropriées mais les objectifs de croissance des dépenses ont été infléchis à la hausse et des évolutions fiscales récemment annoncées, dans la mesure où elles ne sont pas compensées, contribueront à réduire durablement les recettes.
Le budget triennal constitue la traduction la plus opérationnelle de la loi de programmation mais sa portée serait affaiblie si la répartition des crédits pour 2010 inscrite dans ce budget devait être trop modifiée dans la loi de finances initiale.
Chapitre V : Les risques liés à une dérive incontrôlée de la dette
Dans la situation actuelle de la France et des marchés, la dette brute est l'indicateur central. Il doit être complété par un suivi plus vigilant des engagements implicites, compte tenu des problèmes de soutenabilité posés par le cumul d'une dette brute massive et d'engagements implicites élevés. La dette à un instant donné n'est cependant que l'accumulation de déficits passés et, pour maîtriser l'endettement, il faut évidemment d'abord limiter les déficits.
Compte tenu du niveau qui sera atteint par la dette et par le déficit primaire en 2009, l'endettement pourrait augmenter de manière exponentielle. Les charges d'intérêt mobiliseraient alors une part disproportionnée des ressources publiques (toutes les recettes de TVA pourraient finalement y être consacrées) ; un risque pèserait sur la signature de l'Etat, avec la perspective de charges d'intérêt encore plus fortes (une hausse d'un point du taux d'intérêt sur la dette publique coûte à terme 14 Md€, soit plus que le produit de la taxe d'habitation) ; le succès de la politique de relance pourrait enfin être remis en cause.
Il serait peu prudent d'attendre que des remèdes comme la hausse de la croissance potentielle ou la reprise de l'inflation, qui ne se décrètent pas et qui, pour la seconde, a de multiples effets pervers, exonèrent la France des efforts de redressement nécessaires de ses comptes publics.
Si le creusement des déficits publics est inévitable en phase de récession, leur résorption à moyen terme est indispensable. Pour maintenir la confiance des ménages et des investisseurs dans la signature de l'Etat, il faut donc démontrer rapidement que la France n'est pas engagée dans un processus d'alourdissement continu de sa dette publique.
Plus la réduction de l'endettement sera retardée, plus elle sera douloureuse et difficile.
Chapitre VI : Les voies de l'ajustement nécessaire
Il faut s'engager dès maintenant vers les mesures nécessaires pour réduire rapidement la dette dès que la croissance sera repartie. L'effort structurel de redressement nécessaire est de l'ordre de 3,5 points de PIB.
Il serait seul conforme au respect dans la durée de l'objectif d'équilibre des comptes publics, désormais assigné par la Constitution aux lois de programmation des finances publiques. Le gouvernement allemand a d'ailleurs manifesté son intention de limiter constitutionnellement le déficit structurel à un niveau très faible.
L'ampleur de l'effort à réaliser n'est pas exceptionnelle au regard des ajustements budgétaires menés dans les autres pays de l'OCDE dans le passé. L'essentiel doit passer par la réduction du poids des dépenses publiques dans le PIB pour le rapprocher de la moyenne des pays comparables. Plusieurs pays européens ont réalisé un tel effort de maîtrise des dépenses au cours des dernières années et la France, dans son histoire, a su prendre des mesures de redressement drastiques de son économie.
La limitation des dépenses prévue par le ministère des finances (en mars 2009) à l'horizon 2012 ne peut contribuer que pour environ un point de PIB à ce redressement et les économies annoncées dans le cadre de la RGPP, qui ne sont pas toujours bien documentées, sont encore loin de s'élever à un point de PIB. Des réformes beaucoup plus ambitieuses sont nécessaires. Si la maîtrise des dépenses s'avérait insuffisante, une hausse des prélèvements obligatoires deviendrait nécessaire.
L'ampleur des déficits sociaux, en particulier de la branche vieillesse, rend toutefois inévitable une hausse ciblée des prélèvements sociaux, passant notamment par une révision des niches sociales.
En tout état de cause, les baisses d'impôts non compensées ne sont plus compatibles avec la situation dégradée de nos finances publiques.
UN AJUSTEMENT INÉCTABLE
Pour ce qui concerne l'Etat, des économies supplémentaires pourraient venir d'une meilleure gestion budgétaire « en mode LOLF », d'une réforme de la gestion des ressources humaines et d'une refonte des rémunérations. L'extension aux opérateurs de la réduction des effectifs est bienvenue, mais pourrait être de plus grande ampleur.
La perspective d'un net infléchissement du rythme de croissance des dépenses locales est hypothétique, leur maîtrise ne pouvant venir que de réformes restant à engager. Encore faudrait-il que l'Etat n'appelle pas les collectivités à financer à sa place les politiques dont il n'a plus les moyens budgétaires. Un encadrement de leurs dépenses facultatives et une rationalisation de l'intercommunalité seraient nécessaires.
La réforme de la fiscalité locale doit être accompagnée d'une refonte des concours financiers de l'Etat.
La forte croissance des prestations sociales appelle aussi la poursuite des réformes visant à la ralentir. La dégradation rapide des comptes de l'assurance vieillesse devait conduire à ne pas différer de nouvelles négociations sur les retraites, y compris sur les avantages familiaux. Dans le domaine de la santé, une révision du cadre des négociations conventionnelles, une refonte de la prise en charge des affections de longue durée et la poursuite de la réorganisation du système hospitalier sont nécessaires.
Conclusion générale
La France a abordé la crise avec, en 2008, un déficit public de 3,4 % du PIB, nettement supérieur à celui de la moyenne des pays européens. Ce déficit est marginalement le résultat de la crise, dont les effets sur les finances publiques ont encore été très limités en 2008. Il est surtout le résultat d'une maladie chronique, l'incapacité de la France à rétablir l'équilibre de ses comptes en raison d'une insuffisante maîtrise des dépenses publiques et de baisses répétées des prélèvements obligatoires. Cela se traduit par un déficit structurel de l'ordre de 3,5 % du PIB.
C'est l'Etat qui a contribué le plus à ce déficit. Pour autant, la persistance d'un déficit du régime général de sécurité sociale d'environ 10 Md€ depuis six ans était, dès avant la crise, très préoccupante et la stabilité en 2008 du déficit des collectivités locales n'a tenu qu'à une baisse de l'investissement.
La dette publique a augmenté de 118 Md€ en 2008 pour atteindre 1 327 Md€, soit 68,1 % du PIB, et elle a généré 55 Md€ de charges financières, plus que le produit de l'impôt sur le revenu.
Le déficit public pourrait plus que doubler en 2009, du fait de la crise et des mesures de relance, et la dette dépasserait 75 % du PIB, hors emprunts de la société de financement de l'économie française (elle approcherait 80 % avec). Cette dégradation touchera plus particulièrement l'Etat, dont le déficit devrait représenter plus de la moitié du total de ses recettes nettes, et le régime général de sécurité sociale.
Le déficit public sera probablement encore supérieur à 6,0 % du PIB en 2012 et la dette approchera alors 90 % du PIB (hors SFEF). Les charges d'intérêt seraient alors supérieures de 20 Md€ à leur montant de
2008, soit l'équivalent de deux points de CSG, et représenteront 1000 € de plus par personne occupée.
Dans ces conditions, l'endettement pourrait augmenter de manière exponentielle. Les charges d'intérêt mobiliseraient alors une part excessive des ressources publiques et un risque pèserait sur la signature de l'Etat.
La reprise de la croissance est fondamentale et le rétablissement des finances publiques en dépendra largement. Le creusement des déficits publics est inévitable en phase de récession mais le succès de la politique de relance pourrait être remis en cause si le redressement à moyen terme des finances publiques n'était pas assuré et si la confiance des ménages et des investisseurs venait à faiblir.
Il serait peu prudent d'attendre que des remèdes hypothétiques, comme la hausse de la croissance potentielle ou la reprise de l'inflation, exonèrent la France des efforts de redressement nécessaires de ces comptes publics.
Il faut donc démontrer rapidement qu'elle n'est pas engagée dans un processus d'alourdissement continu de sa dette publique. Plus la réduction de l'endettement sera retardée, plus elle sera difficile.
Dans un contexte de différentiels significatifs des taux d'intérêt entre Etats et de concurrence croissante des émetteurs publics, il est souhaitable de définir une stratégie d'assainissement pour accompagner la sortie de crise. Le niveau de la dette déjà atteint en 2008 et la progression qu'elle enregistrera avec la crise rendent d'autant plus important l'effort qui devra être mené. En tout état de cause, un ajustement de l'ordre de 3,5 points de PIB sera nécessaire pour revenir à un équilibre à moyen terme des comptes publics et réduire rapidement l'endettement.
Cet assainissement doit d'abord passer par une réduction du poids des dépenses publiques, suivant ainsi l'exemple de bien d'autres pays. Si leur réduction s'avérait insuffisante, une augmentation des prélèvements obligatoires serait nécessaire.
L'objectif de croissance des dépenses affiché à l'horizon de 2012 dans le rapport de présentation de la deuxième loi de finances rectificatives de 2009 ne correspond toutefois qu'à un ajustement insuffisant, d'un point de PIB seulement, et les économies que pourraient permettre les réformes déjà engagées sont elles-mêmes très loin de cet objectif.
De nouvelles réformes doivent donc être entreprises sans délai : la réduction progressive des effectifs de l'Etat, bien engagée maintenant, doit être poursuivie et ne plus négliger le champ des opérateurs. De même, il sera nécessaire, tout en tenant compte de leurs spécificités, d'amener la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière, à dégager également des gains substantiels de productivité.
La maîtrise des dépenses d'intervention de l'Etat, par la recherche d'une plus grande efficacité, doit être engagée. Les exemples étrangers montrent, en effet, que c'est dans ce domaine que se situent les gisements d'économies les plus importants.
Les dépenses locales ne sauraient échapper à l'effort général d'assainissement. Au-delà des économies qui pourraient résulter de la maîtrise des effectifs de la fonction publique territoriale, la révision des interventions facultatives et une meilleure gestion de l'intercommunalité sont des chantiers prioritaires.
Enfin, la persistance d'un déficit très important du régime général, qui pourrait atteindre 30 Md€, est de nature à compromettre la pérennité de la protection sociale. L'accumulation, depuis trop d'années, d'une dette sociale qui a atteint 6,7 % du PIB en 2008 conduit à un transfert de charges sur les générations futures que rien ne saurait justifier.
L'ampleur des déficits sociaux est telle que la maîtrise des dépenses ne suffira pas. La nécessité d'un retour rapide à l'équilibre implique une réduction des dépenses fiscales et niches sociales, ou une hausse des prélèvements sociaux, afin de dégager, parallèlement aux réformes à lancer pour modérer l'évolution des dépenses, des ressources supplémentaires.
Compte tenu de l'ampleur des réformes à mener et des délais nécessaires à leur plein effet, il est indispensable d'engager leur préparation dès maintenant, afin d'éviter le maintien, à la fin de la crise, d'un déficit trop important entraînant une dérive dangereuse de la dette, et d'envoyer rapidement des signaux en ce sens aux marchés, aux entreprises, mais aussi à l'ensemble des Français. »
Nous voilà prévenus : maintenant, on ne pourra plus dire que nous ne savions pas.
On ne pourra pas non plus soutenir qu'il n'y avait rien à faire.
Désormais, nous attendons des actes.
Contre-enquête de l'IFRAP
Les salaires des Français ont-ils réellement été sacrifiés au profit de la rémunération du capital, se demande le « think-tank » de l’Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques ?
C'est que Jean-Philippe Cotis, Directeur général de « l'IN-sait », a été chargé début février par « Bling-bling » de conduire une mission d'analyse sur le partage de la valeur ajoutée.
Le rapport final devrait sortir début mai, après le « chaud 1er mai » promis par B. Thibault, et servira de base à une discussion entre les partenaires sociaux voulu par notre inénarrable Président de la République (qui a quand même la bonté de ne pas picoler toute la cave du Palais de l'Élysée avant que vous ne m'y portiez dans pas trop longtemps)...
La stagnation du niveau de vie et du pouvoir d'achat est dans tous les esprits en ces temps de crise absolue.
Mais les coupables ne sont pas les entreprises, et encore moins les actionnaires.
Car, d'après les travaux de l'IFRAP, qui travaille plus vite que les fainéants
fonctionnaires de « l'IN-sait », montrent au contraire que les véritables causes se trouvent dans la faiblesse des gains de productivité de notre économie, et dans son incapacité à
créer des richesses.
Et de rappeler que la valeur ajoutée (au sens économique, pas celui ni de la TVA ni de la Taxe professionnelle) est la différence entre ce que l'entreprise a produit, et ses consommations intermédiaires en biens et services.
La somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises, à laquelle on ajoute la valeur ajoutée des administrations (évaluée à son coût, à défaut de pouvoir calculer une production), constitue le Produit Intérieur Brut (PIB) de la France.
La valeur ajoutée rémunère le travail par les salaires, les créanciers par les intérêts, et l'État par les impôts.
Ce qui reste, le profit, est dépensé en investissements, pour moderniser l'outil de production, et rémunère les propriétaires de l'entreprise à travers les dividendes.
Du classique...
Première question : Existe-t-il un partage optimal de la valeur ajoutée ?
On peut constater que la répartition de la valeur ajoutée a subi des variations importantes depuis 1960, dues notamment aux effets des chocs pétroliers sur l'économie.
Néanmoins, les valeurs sont aujourd'hui très proches de leurs moyennes sur une longue période.
« L'équilibre entre salaires et profits » et les déterminants de ce partage sont néanmoins difficiles à apprécier.
En fait, la théorie économique enseigne que la répartition de la valeur ajoutée repose sur les fondamentaux de l'économie, et doit fluctuer autour d'une valeur d'équilibre quasi-immuable.
Dans les faits, en « Gauloisie supérieure », la valeur d'équilibre de la part salariale, soit la moyenne observée sur la période, se situerait autour de 67 %.
Assez loin du « tiers » proposé par « Bling-bling » dans sa tête, comme nous vous l'avions indiqué.
Mais à Nanterre, où il a été formé, ce n'est pas une fac qui sait compter, surtout chez les « juristes » (qui n'aiment décidément pas les chiffres).
Bref, personne ne peut être parfait.
Mais du simple à la moitié, y'a comme qui dirait un « grand écart » entre le « verbe et les réalités »...
On peut néanmoins noter que d'après « l'In-sait », deux grandes périodes :
- De 1959 à 1973, la part des salaires est demeurée relativement stable autour de 67 %.
Durant cette période de forte croissance, les salaires et les profits augmentaient rapidement, soutenus par des gains de productivité élevés et des investissements massifs.
- Au-delà des années 70, au contraire, les profits s'effondrent, tandis que les salaires continuent d'augmenter et que l'inflation bat des records historiques.
Le partage de la valeur ajoutée s'en retrouve profondément déformé en faveur des salariés.
La rigueur « babariste » et économique, l'ouverture du pays au commerce mondial de la fin des années 80 et les délirants plans de relance « mauroytesques » ont eu pour effet très logique de ramener le partage à un niveau proche de sa moyenne sur longue période.
On peut noter toutefois une lourde augmentation de la part de l'État à travers les impôts (il fallait bien commencer à songer à rembourser les « écarts de conduite » du premier premier ministre « Mythe-errandien »), qui passent de 5 % de la valeur ajoutée en 1972 à près de 10 % en 2007.
Un petit doublement effarent qui ne rend pas compte des impôts d'aval, à savoir les TCA (ou autrement dit la TVA sur les consommations, on passe de 17,6 à 19,6 avec un détour par 20 % pendant ladite période), les impôts directs sur les personnes physiques et l'envol de la fiscalité locale, ni encore moins « la rémunération salariale différée » à travers les cotisations salariales (plus qu'un doublement en taux et en assiette, compensée pour partie par l'inflation).
Le partage de la valeur ajoutée est aujourd'hui stabilisé, et il n'y a aucune raison de remettre en cause cette stabilité.
La part des salaires dans la valeur ajoutée depuis 1987 est d'environ 65 %, et celle des profits d'entreprise d'environ 25 %. Les 10 % restants constituent la rémunération de l'État.
Les coupables ne sont donc pas les entreprises.
Mais, pour qu'une entreprise soit capable de produire des biens et des services, il faut en premier lieu qu'elle dispose aussi de capitaux.
Ces fonds sont apportés par les actionnaires, les véritables propriétaires de l'entreprise.
Leur unique rémunération est le dividende, quand on peut en distribuer.
Notez que le dividende est la contrepartie du risque pris par les actionnaires sur leurs fonds propres. Par conséquent, son évolution ne doit pas être appréciée en proportion de la valeur ajoutée, mais en proportion de la quantité de capitaux apportés.
Or, le graphique, qui débute en 1981, témoigne de la baisse continue de la rentabilité pour les actionnaires depuis 25 ans.
Elle s'établit en moyenne à moins de 4 % l'an, soit guère plus qu'un contrat d'assurance vie classique qui ne comporte, lui, aucun risque, qui est exonéré d'IR et qui va financer les émissions de Bons du Trésor.
Les actionnaires ne peuvent donc pas non plus être considérés comme les coupables du « hold-up » dénoncé par les « alter-machin-quelque chose » ou mister Oliver Besancenot et sa clique « anti-tout ».
Ils ont vu fondre la rémunération de leurs apports en capital.
Les véritables causes de ses effondrements seraient plutôt à rechercher dans les faiblesses structurelles de l'économie française
Les salaires réels n'augmentent que très faiblement en France depuis une vingtaine d'années parce que le poids de l'industrie décline dans l'économie du pays et que les secteurs à fort contenu technologique ne se développent que trop lentement.
Or, seuls les gains de productivité permettent d'augmenter les salaires.
Et depuis les années 1990, ils sont beaucoup plus faibles en « Gaulosie magnifique » qu'en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis.
Faut dire que là où on travaille plus (pour gagner plus) partout ailleurs, nous, sous l'impulsion de « Tonton Yoyo » et de « Tata Titine », on a bossé moins pour... gagner autant !
L'essentiel des créations d'emploi en France se fait d'ailleurs actuellement que dans des secteurs qui ne génèrent que très peu de richesses (services à la personne, par exemple, distribution et ses cohortes de sous-simcards précarisés).
Si ces services peu qualifiés créent un certain nombre d'emplois, ils sont le plus souvent peu productifs et mal rémunérés.
Et d'autres secteurs de l'économie doivent au préalable produire des richesses, qui seront elles-mêmes dépensées en services, ex-post.
Or, cela n'est véritablement possible que dans les pays où l'effort d'innovation est une priorité.
Et en « Gauloisie sublime », on n'investit pas suffisamment dans l'éducation et la recherche, et c'est pourquoi elle dépose peu de brevets. Le retard est énorme, et sera vraisemblablement difficile à combler.
Dépense de R&D : Japon = 3,39 % du PIB = 111,35 brevets par millions d'habitant.
USA : 2,68 % du PIB = 53,91 brevets par millions d'habitant.
Allemagne : 2,53 % du PIB = 74,86 brevets par millions d'habitant.
« Gauloisie » : 2,08 % du PIB = 39,86 brevets par millions d'habitant.
Tout est dit !
Le taux de profit des entreprises françaises est déjà extrêmement faible, de l'ordre de 10 points inférieur à la moyenne de la zone euro.
Les dividendes ne cessent de baisser, et il est donc impossible d'en attribuer une part croissante aux salariés.
Les dividendes restants seraient si faibles qu'il ne resterait plus aucun actionnaire prêt à investir ses deniers.
D'autant plus que les trois-quarts des entreprises (y compris celles du CAC 40 tout confondu) ne distribuent pas de dividende...
La faute à ne pas pouvoir et de donner la priorité aux effets de levier propres aux fonds propres pour assurer une petite part des investissements nécessaires pour ne « pas mourir ».
Notons de plus que les besoins en « capitaux propres » des géants de notre économie sont tels pour soutenir l'activité de notre économie que, malgré la « fonte » des
rendements, il faut bien noter une réaffectation, une mobilisation récente d'une part grandissante de l'EBE pour soutenir la levée des capitaux.
Mais c'est aussi une des causes « mécaniques » de la crise de d'avant celle des subprimes !
Comme quoi, dans la course à la performance, les courbes ont fini par se croiser... dans le mauvais sens !
Bref, le partage de la valeur ajoutée ne se décrète pas.
Pas plus que la croissance du PIB ou la hausse des salaires.
Pour améliorer durablement le niveau de vie, la solution passe par des réformes structurelles en faveur du travail et de l'innovation, pas en augmentant encore les « plans de relance
ruineux » financés par l'impôt et la dette publique (qu'il faudra bien rembourser un jour), pas au profit de l'arrogance du « capitalisme d'État » qui de toute façon ne sait gérer,
que bien médiocrement, que les intérêts bien compris d'une « technocratie » qui est de moins en moins méritoire et toujours de plus en plus anti-démocratique.
Mais bon, depuis que tout le monde se met à taper sans vergogne dans le portefeuille du Kontribuable, on n'est pas prêt d'en sortir !
Un bon prétexte pour augmenter le prix des services publics
C’est dans une des lettres récentes de l’OFCE que l’on peut lire : « La contrepartie à l’accroissement de la dette publique est le maintien du fonctionnement du système économique et financier.(…)
La faillite globale du système coûterait beaucoup plus cher aux générations actuelles et futures que quelques dizaines de points de PIB de dette en plus. Pour éviter le scénario d’une longue récession et briser les anticipations déflationnistes, l’intervention publique doit être massive. Seul l’Etat a les moyens d’éviter que la mécanique récessive ne s’emballe ».
Raisonnement inquiétant pour l’avenir mais sans doute inévitable quand il concerne les investissements et baisses de charges pour les entreprises privées.
Il devient pernicieux quand il s’agit d’augmenter les dépenses de fonctionnement du secteur public.
De « dépensons plus d’argent public » la tentation est forte de passer à « ne réduisons surtout pas les effectifs publics » mais « augmentons les impôts ».
Alors que l’on fait la chasse aux grandes surfaces qui augmenteraient leurs prix plus que l’inflation, les coûts des services publics, eux peuvent se permettre d’exploser !
Avec le seul consentement des « sachants », ceux-là mêmes qui ont vu leur système au bord de l’effondrement et n’ont d’autres ressources que de le conforter très… démocratiquement !
Qu’entendrait donc le « vulgus peccum » des affaires d’État, de l’intérêt général bien compris, n’est-ce pas ?
Ils nous ont menés au bord du gouffre et c’est tout juste s’ils ne nous recommandent pas de faire un « grand pas en avant », selon la formule suicidaire en vigueur !
La preuve : Les salaires des fonctionnaires en place, qui ne connaissent pas la précarité de leurs emplois, eux, ont augmenté de 3,7 % en 2008 alors que l’inflation n’a été que de 2,8 %...
Pour 2009, l’augmentation sera à nouveau supérieure à l’inflation selon le ministre Eric Woerth bien que les finances publiques soient exsangues et que partout ailleurs dans le monde, on gèle les salaires publics et diminue les effectifs !
Pas chez nous…
De l’autre côté, les prix des pommes de terre et des pâtes sont surveillés par les associations de consommateurs et la répression des fraudes.
À la moindre dérive, producteurs et distributeurs sont cloués au pilori par les médias déchaînés.
Cette chasse à la sorcière touche au Maccarthysme appliqué !
Par exemple, pour l’essence, c’est Bercy lui-même qui veille et a même créé un site Internet où chaque station-service doit publier ses prix.
Le prix des logements et des loyers baissent.
Mais dans le secteur public, les tarifs continuent à augmenter.
Pourtant, du 1er février 2008 au 1er février 2009, l’envolée des prix n’a été que de 0,9 % nous assure-t-on !
Alors que les augmentations de l’été à venir vont être sévères :
+ 1,82 % pour les timbres ;
Environ + 3,5 % pour la SNCF et le trafic voyageur et TGV ;
+ 4 à 6 % pour la RATP ;
+ 3,5 % de hausse des impôts locaux dans les villes de plus de 100.000 habitants ;
+ 5,6 % pour la taxe d’habitation dans les 40 plus grandes villes ;
+ 6,4 % pour la taxe foncière dans ces mêmes villes (11,4 % et 4,7 % rien qu’à Paris…) ;
+ 1,6 % de taxe professionnelle (celle qu’on retrouve dans les prix à la consommation sans le savoir) ;
+ 7,9 % rien qu’à Paris (et des « taux de délire » à Montreuil par exemple, ville passée sous le règne de « Voy-née » la verdoyante : 45,60 % !…) ;
+ 20 % pour le stationnement à Paris et les amendes de police…
Et cætera, et cætera…
Les droits de mutation étant en chute libre avec l’effondrement et du nombre des transactions (– 47 % en tendance) et en « prix du m² » (– 8 %), les mêmes « z’élites » qui réclament à cors z’et à cris un plan de relance massif et national par le pouvoir d’achat, n’hésitent pas, eux, à taper au portefeuille !
Dans les 36 plus grandes villes de France, aucun conseil municipal n’a eu l’idée de baisser le taux d’imposition de la taxe foncière ou de la taxe d’habitation…
Ç’aurait pourtant rendu du « pouvoir d’achat » là où ils le demandent eux-mêmes !
Motif ?
« Il faut qu’on investisse » ou « pendant la crise nos rentrées baissent ».
C’est que « l’argent des z’autres », quand on peut les racketter en toute légalité, ça monte au neurone et ça se traduit par un grand « Pourquoi se priver ? »
Dans le secteur privé quand les rentrées baissent, on diminue les dépenses.
Et pour investir, on trouve à emprunter, si les projets sont utiles.
Là, les banques ont non seulement pu refaire leurs marges (le taux d’emprunt est toujours de 5 à 5,5 % mais le refinancement est descendu à 1,25 %), mais en plus, il y a tellement de liquidité en circulation par voie de recapitalisation qu’on se demande même quoi faire de tout ce fric !
Pendant ce temps-là, et depuis le début de la crise, les consommateurs ont réorienté leurs achats vers des voitures plus petites et à bas coûts, et vers les marques distributeurs.
Les industriels et les commerçants ont tous réduit leurs marges à en prendre le risque de ne pas tenir la distance, au point que le taux de destruction d’emplois et celui des dépôts de bilan commencent à grimper les fortes pentes himalayennes.
La grande lessiveuse est en marche et va « broyer » les plus fragiles au profit des plus forts.
On en parlait déjà il y a presque deux ans à propos des « futures taxes à venir »
Pour 2009, Bruxelles prévoit une baisse de – 1,8 % de la richesse produite en France.
D’autres parlent de – 2,9 %...
Les prévisionnistes se sont de toute façon toujours trompés.
Mais les tarfifs publics, on peut en être sûr (pas besoin d'être prévisionniste
diplômé pour ça), vont augmenter lourdement...
Conclusion : En augmentant ses prix plus rapidement que l’inflation et que le Produit Intérieur Brut, le secteur public va encore accroître sa ponction sur les richesses produites par les
« Gaulois résidents ».
Un véritable « plan d’anti-relance » s’est donc mis en place et va exactement à l’encontre des recommandations des quelques économistes sérieux.
Chaque euro supplémentaire prélevé par le secteur public entraînera une augmentation des licenciements dans le secteur privé : c’est mécanique !
Et c’est pourtant très exactement l’avenir immédiat que nous préparent nos édiles locaux : Magnifique de cohérence !
Janvier 2007
Vous en trouverez une version développée sur : http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS
Sortir la société de la crise.
L'original est « en italique », mes réactions ne le sont pas...
« Madame, Monsieur,
Vous le savez sans doute, nous vivons une période exceptionnelle de l'histoire où l'Humanité est confrontée à des défis d'un niveau jamais atteint :
- La population terrestre est passée en 60 ans seulement de 2,5 milliards à 6,5 milliards. Un bond gigantesque par rapport aux centaines de milliers d'années qu'il a fallu pour atteindre la population des années 40.
- Au cours de cette même période d'une soixantaine d'années, l'humanité a développé des technologies capables de modifier l'ensemble de notre écosystème. »
Pour une espèce menacée de disparition brutale durant la « guerre froide », ce n'est pas trop mal, finalement...
« Les sociétés humaines se sont organisées tout au long de l'histoire autour de deux postulats aujourd'hui erronés :
- ressources naturelles illimitées,
- rareté de l'argent. »
Ça, c'est un postulat « ex-post »...
À aucun moment de l'histoire de l'humanité il n'a été question d'une vie économique « aux ressources illimitées », au contraire : ça a toujours été un état des lieux de « pénurie subie », au point d'aller piquer chez le voisin ce qui manquait là où on en avait besoin, par la rapine ou la guerre !
Part ailleurs, la rareté de l'argent a disparu avec l'époque des Conquistadors : 5 siècles d'opulence monétaire ont suivi.
La suite ne peut donc pas vraiment être du meilleur effet... quand on démarre ainsi sur deux âneries historiques !
« Or de nos jours, une bonne part des ressources naturelles se révèle presque épuisée tandis que l'argent moderne, totalement dématérialisé et en grande partie issu du crédit, est devenu « illimité ». »
C'est à la fois vrai et faux : La pénurie de matière première en renchérira le « coût d'extraction », y compris en matière alimentaire (je pense d'abord à l'eau potable), permettant des financements de l'ouverture de nouveaux sites ou technologies de substitution (la désalinisation de l'eau de mer, en commençant par le Jourdain et la mer-morte actuellement en projet avancé).
Par contre, le « crédit illimité » est resté vrai jusqu'au crépuscule de l'année 2008.
Depuis, l'implosion de la « bulle monétaire » à travers le « trou noir des actifs pourris et toxiques » semble donner tort à cette assertion.
« Le système économique actuel plonge ses racines dans la genèse du capitalisme, c'est-à-dire dans la réalité humaine telle qu'elle se présentait au début du XIX ème siècle. Sa logique et ses outils sont donc par nature impropres à répondre de façon adéquate aux défis actuels. Cela se traduit dans notre monde par les problèmes insolubles suivants :
- Les plus pauvres sont toujours plus nombreux et plus enfermés dans la misère que jamais. La précarité, la marginalisation et l'exclusion qui en résultent génèrent une fracture sociale grandissante qui favorise tous les excès et toutes les violences. »
Pour la genèse, c'est juste.
Pour les effets sur les Nations des plus pauvres, autant que je sache, et le continent asiatique et le subcontinent indien, en sont des contre-exemples parfaitement viables.
Passons !
« - La seule réponse actuelle des différents systèmes économiques réside dans une croissance forte ; mais les effets d'une telle croissance sont d'une part incompatibles avec les exigences écologiques auxquelles l'humanité est confrontée et d'autres part sans effet sur l'emploi du fait de l'amélioration constante de la productivité, qui est en soi un bien. »
C'est en effet ce que l'on constate et que l'on redoute.
Mais on ne peut guère tracer un trait destructeur sur le « besoin de consommer » dignement d'un plus grand nombre : il ne faudrait pas non plus imaginer que la solution serait un holocauste majeur ou une politique de dénatalité exacerbée (comme justement en Inde ou en Chine).
C'est un non-sens : les enfants d'aujourd'hui sont les consommateurs/producteurs de demain ! Ils sont le moteur du progrès de l'Humanité toute entière en marche.
« - Les modes de production et de vie des pays industrialisés ne sont pas transposables à l'ensemble de la planète. »
Ah ?
On ne doit pas partir du même sens des valeurs de l'humanisme bien compris du XVIIIème siècle.
Voilà bien une régression qui est un peu vite postulée comme nécessaire, une fois de plus.
« Que faire pour sortir de ces impasses ?
Notre proposition consiste à introduire, au sein même de l'espace économique existant, un nouvel « Espace Complémentaire Sociétal » (ECS).
Sa vocation est l'obtention de ce que nous appelons « le bénéfice sociétal », c'est-à-dire tout ce qui favorise l'épanouissement de l'être humain au sein de la société. Par sa dynamique interne l'Espace Complémentaire Sociétal sera capable de résoudre « mécaniquement » un grand nombre de problèmes écologiques et humains que la logique capitaliste comptable ne sait pas traiter et amplifie même parfois. »
La bonne question c'est : comment ?
Nous sommes toutes z'ouïes z'ouvertes :
« Les moteurs de l'Espace Complémentaire Sociétal (ECS)
- Une monnaie libérée qui libère l'action
Comment le système ECS financera-t-il les investissements nécessaires et ses acteurs ?
Ce ne sera ni par l'impôt, ni par l'emprunt, mais par utilisation d'une monnaie sociétale complémentaire à l'euro, émise par l'État à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés ; Monnaie gratuite (elle ne peut produire d'intérêts) elle serait permanente (ce n'est pas une monnaie de crédit), électronique et nominative. »
Avec l'État une fois de plus comme garantie de la valeur des échanges en « monnaie sociétale » ?
Admettons : c'est déjà son rôle délégué à la BCE en Europe. Pourquoi ne pas réinventer l'eau chaude, après tout ?
« Elle serait également non convertible en devises étrangères mais a cours forcé (toute personne, physique ou morale, sur le territoire national, devra accepter en paiement cette unité de compte sociétale dont la valeur faciale serait équivalente à l'euro). »
Un retour au contrôle des changes ?
Marrant, ça !
Toutes les nations qui l'ont voulu se sont cassées la tronche en de vitupérantes dévaluations qui a, comme qui dirait, fait fondre la valeur des sous des quelques laborieux qui faisaient confiance à Pinay et compagnie...
« Précisons qu'au départ, la masse monétaire en monnaie sociétale à mettre en circulation sera déterminée par l'estimation des besoins que révèleront les enquêtes nationales, régionales et communales préalables, en tenant compte des effets produits sur le bien être des citoyens dans un cadre écologique et non des effets produits sur la simple « consommation ». »
Chouette-chouette ! Le retour des plans quinquennaux de la brillante technostructure qui a fait voler en éclat la deuxième phase du communisme avancée dans les pays du bloc de l'Est et jusqu'en Chine, avant même d'en arriver à la troisième phase du communisme.
Une erreur historique qu'on veut nous refaire faire ?
J'adore la perspective.
« Afin de garantir cette monnaie sociétale, l'État, par le biais du Trésor Public, émettra des bons du Trésor spéciaux en unités sociétales, sans intérêt ni échéance, qu'il cèdera à la Banque de France. Cette dernière ouvrira un compte en monnaie sociétale du même montant, à partir duquel les banques privées pourront s'approvisionner selon les besoins dont elles auront connaissance, grâce aux prévisions qui leur auront été données, tant en capital qu'en exploitation par les entreprises à finalités sociétales engagées dans la réalisation des différents projets sociétaux. »
Une économie fondée sur de la monnaie de singe ?
Un banquier qui distribue du pognon sans même quelques agios ?
Pas mal comme idée...
« Par la suite, c'est l'équilibre entre la masse monétaire et la valeur de la richesse réelle créée par l'activité sociétale qui déterminera s'il est nécessaire d'injecter plus de monnaie ou d'en retirer.
Ainsi, cette monnaie permettra la réalisation de tout ce qui participe au bien être et au bonheur des individus mais qui ne peut ni être proposé par les entreprises commerciales faute de rentabilité, ni financé par l'État qui ne peut plus augmenter les prélèvements ni s'endetter plus lourdement. »
M'enfin, pourquoi donc l'activité entrepreneuriale serait-elle à bannir ?
En « Gauloisie éclairée », il y a aujourd'hui plus d'associations sans but lucratif employant des salariés que d'entreprises dans la même situation !
Voilà qui touche à l'autisme...
« - Une reconnaissance de l'activité sociétale
Le champ d'activités qu'ouvre la création de cet espace complémentaire est immense (services à la personne et à l'environnement notamment).
L'expression des besoins que révèlera l'enquête nationale suscitera sans nul doute des vocations chez beaucoup de personnes qui aujourd'hui cherchent un travail à reculons, ne se reconnaissant pas dans la logique du système actuel ; sans parler de celles qui ont déjà un projet sociétal mais qu'elles ne peuvent mettre en œuvre faute d'être « rentable » !
Ainsi pourra-t-on recréer rapidement un contexte de plein emploi grâce auquel les personnes actuellement marginalisées retrouveront une place à part entière dans la société, du pouvoir d'achat et un sens à leur vie par la nature même de leur activité. »
Moi je veux bien, mais s'il s'agit de créer de l'activité essentiellement « non rentable », c'est-à-dire qui ne se paye pas elle-même, a minima, la monnaie créée va directement à la valeur zéro et c'est encore l'impôt qui devra faire la soudure !
Exactement l'inverse de ce qui est dit ci-avant : « ni impôt, ni endettement » !
Faut-il être niais du bulbe pour ne pas saisir ça ?
« L'idée directrice est de créer à l'intérieur de cet espace économique nouveau et complémentaire des conditions de vie qui assurent à ses acteurs un haut niveau de sécurité afin qu'ils puissent utiliser leur énergie, leurs talents et leur créativité à leur mission sociétale au lieu de les inféoder à la nécessité de « gagner sa vie » à n'importe quel prix. »
Mais inféodé à une « technostructure » qui elle n'a rien de démocratique et aurait le droit de décider après étude préalable ?
C'est un non-sens absurde...
« L'exemple français (une autre révolution)
Précisons encore un point d'une grande importance. Le projet dont nous parlons ici est conçu pour une mise en œuvre en France : le porter au niveau européen dès à présent risquerait de le voir s'embourber à jamais.
Nous misons sur la valeur d'exemple qu'une réalisation de ce genre, dans notre pays, pourrait avoir sur le reste du monde. Ne voyez donc à aucun moment le désir de nous replier frileusement derrière nos frontières.
Ce projet ne vise pas à créer un décalage par rapport aux autres pays de l'Union européenne et du monde pour en tirer un avantage concurrentiel quelconque. Ce projet a pour vocation de stimuler l'engagement des autres nations, à commencer par celles qui composent l'Union européenne, dans la voie ainsi tracée.
Ainsi, les plus démunis pourraient non seulement sortir de leur dépendance et atteindre la suffisance, mais encore l'ensemble des nations pourraient enfin coopérer pour une gestion équitable et pérenne des richesses de la planète. »
Comment ?
Je n'ai pas bien compris, là !
En leur proposant un « système » qui porte en lui sa propre faillite ?
Faudrait vraiment qu'ils soient tous totalement aveugles...
« Nous aimerions conclure la présentation très succincte de ce projet par une citation de George Bernard Shaw : « Dans la vie il y a deux catégories d'individus : ceux qui regardent le monde tel qu'il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et se disent pourquoi pas ? »
Puissiez-vous faire partie de ces derniers et réaliser que l'avenir de l'Humanité n'est freiné ni par ses connaissances ni par ses moyens, qui sont amplement suffisants, mais par une barrière imaginaire : l'accès à l'argent.
Par votre action auprès des élus et décideurs vous avez aujourd'hui la possibilité de lever cette barrière
Avec nos respectueuses salutations.
Philippe Derudder
André-Jacques Holbecq »
Les barrières imaginaires ne le sont que dans l'esprit de quelques-uns, dont les auteurs de ce courrier.
Et je fais partie des gens qui œuvrent à changer, même qu'un tout petit peu, ce monde que je n'ai pas choisi mais dans lequel je vis en faisant tous les jours des « choses qui ne sont même pas marquées dans les bouquins ».
Autrement dit, je donne raison à Shaw sans même l'avoir lu jusque-là dans le texte !
Mais encore faut-il ne pas tomber dans l'utopie : car « l'utopie est la trappe par laquelle l'Humanité est menacée de disparaître, car c'est aussi la trappe par laquelle s'épanouissent toutes les folies, tous les poisons de l'Humanité ».
Ç'aurait pu être du Lénine, mais c'est tiré de... je ne sais plus qui (je n'ai pas retrouvé).
Et on peut citer cette idée de Morus, le maître ès-utopies : « L'utopie a un défaut, mais il est capital : Il s'occupe trop du bien-être des hommes et pas assez de leur Liberté ! »
Bref, une perte de temps que d'élaborer, mais tout autant lire la bafouille ci-dessus reproduite : on a mieux à faire pour les générations futures (et nous-mêmes) !
Encore une vérité qui n'est pas bonne à dire
On peut estimer à près de 65 milliards d'€ [4 % du PIB] l'ensemble des aides publiques aux entreprises, dont 90 % sont financées par l'Etat, et à au moins 6.000 le nombre cumulé des dispositifs d'aides, dont 22 aides européennes, 730 aides nationales et, par exemple, 650 pour l'ensemble des collectivités de la seule région Ile-de-France.
Ce total de 65 milliards d'€ représente un peu plus que le total du budget de l'Éducation nationale, près de deux fois le budget de la Défense, le même ordre de grandeur que le total des dépenses hospitalières, plus de trois fois le budget de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Les subventions coûteuses aux entreprises accaparent des fonds que la France pourrait utiliser de manière plus efficace.
Le Parlement vote des mesures sans s'être assuré qu'elles ne font pas double emploi, puis sans vérifier par la suite leur efficacité pour supprimer celles qui étaient inefficaces.
Pas d'évaluation.
Et il en va encore de la contribution mal connue de l'État à l'ensemble des aides, qui s'élève en réalité à près de 90 %, alors que l'opinion commune surévalue la part des collectivités territoriales.
Les exonérations de charges et les dépenses fiscales, dont le nombre ou l'importance croissent chaque année, se voient au total compensées par d'autres prélèvements puisque l'observation est faite d'une grande stabilité du taux de prélèvements obligatoires depuis plus de vingt ans.
En somme, l'État reprend d'une main ce qu'il donne de l'autre, sans créer aucune richesse, mais en lésant ainsi les entreprises surtaxées au profit des entreprises trop aidées.
Personne n'est capable de connaître les diverses aides disponibles dans une situation donnée.
C'est ainsi que M. Méhaignerie, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, a estimé dans l'émission « C dans l'air » d'Yves Calvi du 06 mars 2006 à 17h50, qu'il y a environ 2.500 mesures d'aide aux entreprises en vigueur destinées à favoriser l'emploi.
Il était loin du compte, puisqu'il y en désormais a plus de 6.000, nombre en augmentation constante.
Et parmi les PME susceptibles d'en bénéficier, il n'y en a que 10 % qui en profitent.
L'incohérence de ces dispositifs est aussi le fait de la droite comme de la gauche. À l'évidence, les deux ont essayé de combattre le chômage en recourant aux mêmes méthodes interventionnistes, qui ont eu pour effet principal de gaspiller des fonds publics du fait de leur inefficacité.
En France nous sommes à juste titre fiers de notre culture et de ce qu'elle a apporté à la démocratie au cours des siècles passés. Mais le manque de culture économique est aussi énorme et flagrant que notre histoire est incroyable.
Du coup, ne connaissant rien à l'économie, les citoyens ont des attentes irréalistes concernant l'emploi et le niveau de vie, leurs deux principales préoccupations.
Et de nombreux politiciens qui sollicitent leurs suffrages en profitent pour faire des promesses et proposer des mesures économiquement aberrantes.
Voici quelques exemples de promesses et de mesures que la majorité des Français croyaient valables et qui sont des absurdités économiques :
- Gagner plus sans travailler plus : la relance à contretemps du Premier ministre Pierre Mauroy en 1981-82, s'est terminée par un désastre : 3 dévaluations dont deux en moins d'un an, et la France endettée et ridiculisée. Pourtant n'importe quel économiste pouvait prévoir le résultat, documenté depuis des décennies ;
- Maintien systématique du pouvoir d'achat quels que soient les progrès de la productivité. Or si un pays augmente le pouvoir d'achat plus que la production, il ne récolte que l'inflation, c'est mathématique ; et s'il le fait par augmentation des dépenses de l'Etat, c'est-à-dire par déficit budgétaire, il augmente la dette publique à la charge des générations suivantes, c'est tout autant mécanique ;
- Augmentation annuelle autoritaire du SMIC, c'est-à-dire du salaire minimum de millions de travailleurs, sans se préoccuper de ce qu'ils peuvent rapporter aux entreprises. Beaucoup de salariés deviennent ainsi trop chers. Ces mesures empêchent certaines entreprises d'embaucher et les encouragent à délocaliser.
- Aucune économie ne peut se permettre de faire croître les salaires plus vite que la productivité, qui progresse d'environ 1,8 % par an. Or le gouvernement Raffarin a aligné les SMICs vers le haut, avec des augmentations pouvant atteindre 11 %...
- Création d'emplois pérennes par une politique volontariste du gouvernement, alors que celui-ci ne peut créer que des emplois de fonctionnaire et des emplois aidés, aux frais des contribuables, donc impossibles à pérenniser car ce serait à la fois trop coûteux et injuste pour ceux qui paient.
Bref, les seules mesures favorables à l'emploi qu'un gouvernement peut prendre produisent leurs premiers effets à moyen terme, c'est-à-dire après les élections.
Et leur coût politique est élevé, car elles demandent des sacrifices à des groupes de citoyens qui ont du poids électoral.
Sachant les électeurs ignorants de ces réalités, les gouvernements successifs ne se sont préoccupés ni de les informer, ni de mesures à moyen terme.
Pourtant des pays comme le Canada et la Suède en ont pris et s'en trouvent bien mieux que nous. Depuis des décennies les Français sont persuadés que l'emploi se décrète, qu'il suffit d'une volonté politique pour l'imposer aux entreprises, ou de leur offrir des subventions ou des détaxations pour qu'elles en créent.
C'est une erreur magistrale aux conséquences incalculables, parce que largement exploitées par les politiciens et les syndicalistes pour justifier des mesures idéologiques et démagogiques !
Et au total, en France, la protection de l'emploi est une des causes principales de notre chômage élevé, car :
- Elle décourage les entreprises d'embaucher autrement que de manière précaire (CDD, intérim) ;
- En attirant l'attention du public sur la protection d'emplois CDI existants, elle a évité de s'attaquer aux deux problèmes de fond, le chômage structurel et le manque de croissance, problèmes qui n'ont que des solutions à moyen terme ; c'est-à-dire après les élections.
Un gouvernement n'a pas le pouvoir de décréter des embauches privées et une entreprise n'embauchera que si elle y a intérêt. On voit donc parfois des entreprises privées répondre aux sollicitations gouvernementales en faisant semblant de faire leur part du « devoir patriotique d'embaucher » par quelques embauches en nombre insignifiant (Renault - Clio à Flins 400 postes revenus de Slovénie) qui améliorent leur image auprès du public.
De nombreux rapports, honnêtes et de bonne qualité, existent sur tous ces problèmes. Et il faut aussi reconnaître l'habitude de transparence des pouvoirs publics qui fait qu'en général ils sont publiés.
Le problème est que les politiciens au pouvoir s'en servent le plus souvent seulement pour faire croire qu'ils se soucient des problèmes de l'emploi et étudient des solutions, alors qu'en réalité ils enterrent le plus souvent ces rapports.
C'est ainsi que de nombreuses recommandations de la Cour des comptes ne sont guère suivies d'effet, et que des rapports excellents comme le Rapport Camdessus passent à la trappe.
VCRM
Note de I² : Je te signale, l'Ami, que pour le Clio de Flins, c'est d'abord que la demande explose (+ 500 voitures à fabriquer en 4 mois et qu'en Slovénie, il aurait fallu pousser les murs : ils sont déjà en surchauffe !
Mais ça veut dire que la Safrane et la Laguna... elles ne se vendent plus.
Par ailleurs, tu t'en prends aux « politiciens » à plusieurs reprises !
Ils se trouvent que se sont des « élus ». Ils étaient boulanger, crêpier ou dentiste, par expert-comptable.
Ils s'appuient donc sur leur « technostructure » environnante, énarques, polytechniciens, ponts, mines, piston plus où liés aux ministères dont ils ont la charge.
Ce sont eux les coupables : ils ne les forment pas et les enfument sévère !
Pour l'anecdote, je me souviens parfaitement de Jean Tiberi éphémère sous-secrétaire d'État aux industries agro-alimentaires, entourés de konnards d'énarque qui lui en mettaient plein la vue sous le premier gouvernement du « Chi » d'avant qu'il ne sa fâche d'avec « Giskard à la barre ».
Tu penses bien que le petit juge de l'école de Bordeaux, il ne connaissait strictement rien à la grande distribution et à l'industrie alimentaire.
Bé il n'a pas trouvé de mieux que de commencer à décréter que les « intermédiaires devaient disparaître » !
Et vive la distribution directe de l'usine de Saint-Quentin à la cantine de la SMS de Biarritz !
Du grand n'importe quoi trouvant son origine dans la tête d'énarques farfelus qui ont fait brillante carrière depuis... Mais ailleurs !
Voilà pour les « politichiens ».
Commentaires...
Vous vous souvenez : il y a un an, alors qu'on attendait tous une augmentation du taux de TVA, éventuellement sous forme de « TVA sociale », suite à la « bourde » de « Borloo le cheveu en pétard » en direct entre 2 tours de législative, confirmée par « Fifi », Monsieur le Premier.
Il aurait été logique, effectivement, de procéder à des « redistributions » à somme nulle (l'État ne créant rien
d'autres que des taxes, des déficits et des règles coercitives et emmerdantes) en piquant ici ce qu'il redistribue ailleurs.
Jusque-là, il y a deux logiques : La première est vécue depuis 30 ans avec le succès que l'on sait !
Je pompe plus de pognon par voie d'emprunt, pour en supporter la charge étalée sur plusieurs années et plus tard, pour redistribuer là où le besoin s'en fait sentir (emploi, consommation, investissements, œuvres sociales, etc.).
C'est la « méthode soce » qui consiste à « calquer du fric » qu'on n'a pas encore, par la dépense publique.
Tout en admettant aussi qu'entre « Giskard à la barre » (et « Barbiturique » tellement shooté aux « manettes » qu'il en vu le bout du tunnel longtemps bien avant tout le monde et très longtemps avant de mourir, qu'il en est mort que tout le monde est encore dedans d'ailleurs) et « Ballamou », le mot « rigueur » étant synonyme de perte d'élections, ils n'ont pas été les derniers à user de tels artifices.
Artifices d'ailleurs recommandés depuis des lustres par les théoriciens drogués au keynésianisme...
La seconde consiste à pomper plus de pognon, directement dans la poche de chacun pour le redistribuer là où le besoin s'en fait sentir (emploi, consommation, investissements, œuvres sociales, etc.).
Mais évidemment, quand on « met la pression » sur quelques-uns au profit de quelques autres, on accentue la « fracture sociale », on crée des mécontentements et souvent on parle de « rigueur », le mot à bannir, pour accompagner la méthode : demandez donc au « Chi » !
La méthode « Chi/Pasqua » (le cousin), elle leur a fait perdre les élections de 1988. Ça, plus quelques fourberies du « Scapin élyséen » (Mythe-errant soi-même) et vous aurez tout compris : on ne parlera plus jamais de rigueur au pays !
On pouvait imaginer un troisième modèle, qui d'ailleurs fleurit partout ailleurs, sauf entre les « 4 coins de l'hexagone » Gaulois : Globalement, ça consiste à réduire la voilure de l'activité publique pour mieux laisser fleurir l'initiative privée, terreau qui s'il est fertile fournit quantité de fruits et subsides au secteur public lui permettant ainsi de « renvoyer de la toile ».
C'est d'ailleurs ce que nous racontait « Fifi le Premier » encore l'année dernière (souvenez-vous : « Les caisses sont vides ! », donc marges de manœuvre similaires à celles d'une « structure failliteuse »).
Toujours le même poursuit actuellement : « Ce n'est pas une récession. Tout juste un ralentissement ! » Et de préférer encore une politique économique de réformes structurelles, plutôt qu'une politique de relance, ni souhaitable ni faisable...
Il fallait compter avec « Bling-bling » au moins aussi « grand économiste » qu'il est petit par la taille (à en rivaliser avec Bouvard qui se gausse de son côté des mensurations de géant de Phelps dans son billet publié dans le Corse Nice-Matin n° 22059 du 20 août dernier), mettant « aux manettes » une non moins spécialiste de l'économie pour être... avocate.
Quand les juristes apprendront à compter (et les « compteurs » apprendront à faire du droit), la face du monde changera.
On n'en est hélas pas encore là, dans le progrès de la pensée de l'humanité :
1 - Mesure phare, l'exonération des heures supplémentaires a coûté 967 millions d'euros aux régimes sociaux sur les 6 premiers mois de l'année 2008. Et 4.600 millions d'euros au Trésor public...
Il paraît que près de 6 millions de personnes, travailleurs laborieux s'il en est, en auront bénéficié.
Soit une splendide augmentation de pouvoir d'achat de 927 € par tête (en moyenne) !
Comme par ailleurs l'Acoss nous indique que le salaire moyen dans le privé en 2007 - ayant fait un bond de 3,9 % en 5 ans - est de 2.136 € en moyenne - on aura assuré ainsi quelques 3,6 % d'augmentation, par la finance publique, comme d'une subvention à l'activité salariée...
Le reste, à la charge des entreprises (mais nous n'avons pas les chiffres) !
Qui d'ailleurs ne sont que 38 % à sauter sur l'aubaine (1 sur 3 parmi les TPE de moins de 10 salariés, plus d'1 sur 2 pour les autres, 55 %)...
Miraculeux, n'est-ce pas ?
Compte tenu de la « résistance » des salariés des TPE, à mon sens, il ne s'agit que de faire réapparaître à la pleine lumière des « coûts cachés » déjà préexistants, mais non retraités en comptabilité... d'entreprise.
Encore des gens qui ne savent pas ce que « compter » veut vraiment dire dans notre beau pays (que j'aime tant).
Un peu comme la même opération que le passage de la TVA de 19,6 à 5,5 quant aux travaux d'aménagement dans les habitations principales : le secteur du second œuvre ne s'en était ni mieux ni moins bien porté qu'auparavant.
Mais que de « black » revenu en pleine lumière !
2 - Autre mesure phare, le « bouclier fiscal ». Vous allez rire !
Sous « Vil-pin », alors que le taux n'était que de 60 % et n'incluait pas la CSG et la CRDS, le Trésor avait fait une série de 93.000 chèques pour 247 millions d'euros (2.656 € de moyenne, un peu plus d'un 13ème mois du salaire moyen) !
« Notre Dame de La Garde », en abaissant le plafond à 50 % et en incluant la CSG et la CRDS avait fait mouliné le « Grand Ordinateur de Bercy » (« GOB » le bien nommé) pour simuler le coût : 600 millions d'euros avait craché la bestiole électronique !
Part malchance, au total le Trésor n'aura reversé que 213 millions d'euros à quelques 4.600 kontribuables...
C'est dire si même les plus riches se seraient encore appauvris cette année !
Mais ils sont contents et s'attendent toujours à faire 235.000 chèques d'une valeur moyenne de 2.553 € dans les mois qui viennent !
D'ailleurs, dans les semaines à venir, on va mobiliser quelques fonctionnaires pour rappeler à leurs devoirs ces citoyens oublieux de leurs droits à l'égard de l'État et de les obliger à venir réclamer ce qu'il leur est dû !
Y'a pas de raison à ce que « GOB » se soit trompé, pensez donc !
3 - On note le « succès » de la réduction d'ISF proposé à travers son paiement (partiel) en fonds propres dans les PME.
Là où « GOB » avait prévu 410 millions d'euros, il fallait compter presque 50 % de plus avec un montant de 600 millions !
Dont 50 millions seulement aux fondations, entreprises d'insertion et universités... les parents pauvres du dispositif qui
n'ira pas améliorer le pain quotidien de l'autonomie financière toute nouvelle des belles « écoles du savoir » du pays que le monde entier nous envie.
Ce n'est peut-être pas « GOB » qui se trompe systématiquement finalement : c'est peut-être les énarques (juristes de formation) qui pondent la méthode d'utilisation qui se plantent ?
4 - Beau succès pour l'exonération des droits de succession : Pour 1,6 milliard d'euros, il ne reste plus que 5 % des 650 à 700.000 successions ouvertes chaque année qui sont encore imposables dans la « grande douleur des proches » de ces « êtres chers ôtés prématurément à l'affection » des survivants !
Bon, ça laisse quand même du boulot aux notaires et aux conservateurs des hypothèques, parce que « la formalité », elle existe toujours, elle.
5 - Bide total pour les intérêts déductibles pour l'achat de son logement. Ils ont bien été 320.000 à se partager 400 millions d'euros (1.250 € en moyenne par foyer fiscal, soit un demi 13ème mois pour un célibataire, un quart pour un couple marié ou pascé).
On attendait 9 fois plus...
Curieux quand même, cette manie indécente de toujours donner tort aux prévisionnistes patentés...
6 - Quant à la défiscalisation des « jobs d'été » et aux limites imposées aux « golden parachutes », si pour le premier, on ne sait pas encore, parce que l'été n'est pas terminé, pour le second, on est à peu-près sûr que c'est l'équivalent d'une piqûre dans une jambe de bois !
Il suffit de mettre des critères de performances exigés par la loi TEPA suffisamment probable pour que « Miss Lucent » accompagne sa « dém' » d'un chèque de 6 millions d'euros (ça aide à prendre la décision « en toute conscience et liberté d'esprit »), alors même qu'elle a réussi le joli coup, avec son complice - l'homme de l'entreprise sans usine - à ruiner des milliers d'épargnant qui avait tant cru aux miracles de l'ex-futur major des télécoms...
J'en rigole encore.
Même si c'est d'un rire jaune, que de constater les cohortes de « sans emplois » nouvelles que ce management-là a su fabriquer en si peu de temps...
Total : 7,413 milliards d'euros de recette en moins - là où « GOB le bien nommé » attend toujours presque 2 fois plus... mais maintenant à l'horizon 2011 (peut-être 2012...) !
Pour l'heure, 2,7 % du budget pour être précis ! Très loin du déficit budgétaire prévu...
À peine 3,9 pour 1.000 du PIB...
Et « Fifi le Premier » de compter sur un peu moins, 0,3 %, de gain de PIB avec ça ?
Il rêve...
Tout comme ces « kons de gauche »... Qu'auraient-ils fait de mieux avec 2,7 % de plus dans les poches ? Quelle « politique de relance » pour avoir quelques chances de succès, avec moins que l'inflation « presque officielle » ?
Que s'en est décidément ridicule !
À comparer ces « délires » avec ceux de feu la « cagnotte fiscale » d'antan !
La « quatrième voie » empruntée par « Bling-bling » le sublime, qui n'a décidément rien de gaulliste, naturellement, consiste à refiler du pognon « aux pauvres-gens z'heureux » qui n'en avaient pas besoin pour être « riches parmi les riches ».
Pour en faire quoi au juste. Importer encore un peu plus de berlines étrangères, grosses consommatrices de produits pétroliers importés, pour leur fiston, histoire de fêter leur Bac tout neuf ?
Et la balance des paiements dans tout ça ?
Sans ma « TSPM », ça ne peut qu'appauvrir notre économie nationale, tout le monde sait ça !
Sans compter que c'en est tellement ridicule, et dans ses montants et dans ses effets à en attendre sur le quotidien de millions de « salaud de pauvres », qu'une fois de plus, on a décidément le sentiment du « faire du sur-place »...
Comme à la belle époque du « Chi », pourtant parti en croisade contre la « fracture sociale ».
Contribution de Momo...
Pas piqué des hannetons, l'ami fidèle, commentateur omniprésent, aux quelques pointes d'humour !
Il m'a envoyé une belle missive internautique que je reprends presque intégralement afin que vous puissiez juger duquel d'entre les deux - lui z'et moi - est finalement le plus ignoble !
« La crise du subprime
Elle est en train de transformer en « crise économique mondiale comparable à celle de 1929 », nous affirme Olivier Pastré (prof à Paris VIII).
Et ce sont les « pauvres » (salauds de pôvres aurait dit Gainsbourg), ces kons de ménages américains qui
croyaient à tort que l'on pouvait emprunter 400.000 $ avec un revenu annuel de seulement 20.000 $ pour s'offrir le confort du XXI° siècle !
Mais les vrais responsables, ce sont aussi les banques, qui le leur ont fait croire au « rêve américain », les banques les plus « pauvres », pauvres en fonds propres, pauvres en dépôt, pauvres en profit qui ont toutes été contraintes de se refinancer sur le marché de la titrisation depuis des années et ce jusqu'à l'agonie pour que le rêve ne tourne pas au cauchemar...
Et ce sera justice que ce soit les plus pauvres qui payent leurs inconséquences !
Car cette crise va immanquablement se traduire par une contraction des volumes de crédits octroyés par les banques dans un vaste « credit crunch » qui commence déjà à licencier, à réduire la voilure par temps calme, écrasant la plaie de la titrisation au moins pour un temps, et par une augmentation de la « prime de risque » que les PME qui veulent investir pour fournir leurs clients - et des emplois à ceux qui se sont follement endettés - ne pourront pas supporter !
À moins d'avoir des marges colossales, payées par quelques clients encore fortunés...
Les premiers à payer les « pots cassés » seront les pays les plus pauvres, ceux qui ne disposent ni de matière première comme la Turquie, ni des moyens de s'endetter à taux fort !
Bien sûr, les PME de tout le globe, les plus pauvres et les plus fragiles, par manque de fonds propres et manque de résultats, sans perspective de développement auto-finançable sur leurs maigres niches commerciales, notamment celles qui œuvrent dans l'immatériel, sans garanties tangibles, feront parties du lot, avec leurs cortèges de plans sociaux emportant des plus brillants cerveaux au plus simple des lambdas !
Et puis de nouveau, les ménages « pauvres », leurs ex-salariés, frappés par l'exclusion bancaire, par le surendettement, finiront dans l'exclusion tout court : encore longtemps, les clients « pauvres » se verront fermer les portes des établissements bancaires, à moins d'être capables de faire croire à des banquiers devenus encore plus méfiants qu'ils peuvent payer le prix fort, enchaînant encore plus les plus appauvris parmi les « ex-riches » qui se la pétait (pour reprendre une expression propre aux d'jeuns et à Infree, l'ignoble).
Ils ne possédaient finalement que leurs dettes, leur fortune d'avoir un toit, une voiture, un congélateur, un écran plat ne valant désormais plus rien !
C'est le loto, mieux que le paquet fiscal de la TEPA pour ceux qui ne sont pas endettés, qui autofinancent leurs investissements, qui parviennent à maîtriser leurs frais fixes, leurs consommations obligées, par une réduction contrôlée de leur niveau de vie, toute de discipline stricte, en entreprise et au foyer qui vont encore leur donner la leçon !
Ce n'est que justice faite au bon sens...
Des remèdes ? Relance par la consommation ? Qui va profiter aux importateurs, comme en 1981/83 ?
Sûrement de l'argent jeté par les fenêtres pour soutenir des activités des pays du sud (encore plus pauvres que « nos pauvres »)...
Infree le démontrait jeudi dernier...
Relance par l'investissement public ? Avec quel argent ? Les États sont les premiers à être surendettés !
Même Fillon nous racontait l'année dernière que les caisses étaient vides.
Et vu la politique de gribouille du « Vénéré Président à l'autre », elles ne sont pas prêtes de se remplir !
Piquer l'argent à ceux qui en ont ? Mais depuis 30 ans, c'est ce que l'on fait sans grande réussite dans ce pays : Un, ils en ont toujours plus (même si ce n'est pas forcément les mêmes) ;
Deux, voler aux « riches » n'a jamais enrichi les « pauvres », et ce depuis des millénaires ;
Trois, pour en faire quoi ? Effacer les dettes ?
En commençant par qui ? Nos propres « pauvres » à nous, ceux par qui le scandale est arrivé ou ceux encore plus miséreux de part le vaste monde qui n'en demandaient pas tant à en faire des émeutes du pain ?
On ne manquera jamais de couillons près à tout risquer pour sortir de la misère. Et cette misère est à nos portes, par simple cupidité : L'argent facile des années Tapie est une utopie qui a flambé à travers plusieurs explosions de bulle spéculative.
Et on continue toujours de vous proposer des crédits, jusque dans les panneaux publicitaires annonçant la météo !
Ces criminels-là, les seuls vrais responsables - au moins tout autant que les « politiques et technocrates » qui ont laissé faire voire encouragé le processus - ils font de telles marges sur les « pauvres », qu'ils peuvent longtemps continuer à se payer le parrainage de la météo en cachant bien que le monde leur appartient, tant que les « pauvres » resteront stupides !
Alpagués par le miroir aux alouettes qui leur est tendu !
(...)
En bref, « la faute aux pauvres » et comme a écrit Philippe Bouvard l'année dernière dans un petit billet dont il a le secret, « on finira par ne prêter plus qu'aux riches ». Et tout rentrera dans l'ordre !
« N'est stupide que la stupidité ». Parole de Forest Gump ! »
Bon j'ai coupé quand même quelques passages, Momo... Le carnage anti-pauvre, le massacre ethnique de la pauvreté, ne sont évidemment pas dans les solutions imaginables.
Car imaginer un vaste charnier des « pauvres » ne fera pas disparaître la misère, au contraire : il faut relire le « Schtroumpf financier »
Et puis l'appel à la violence est formellement interdit par la loi. Et vous me savez respectueux de nos lois !
Mais il y a du juste dans le propos de Momo : Si tous les gars du monde avaient eu un peu plus de jugeote, un peu
moins le regard tourné vers leur nombril, des ambitions un peu plus mesurées et beaucoup plus raisonnables, des femmes un peu moins dépensières, peut-être qu'on n'aurait pas couverts les
vastes prairies de tous les continents de logements sans habitants et ruinés autant d'épargnants.
En fait, je crois que la solution se met en œuvre toute seule sous nos yeux : la réapparition de l'inflation.
C'est une forme de destruction de valeur monétaire, aveugle et quasi-égalitaire, générationnelle, même !
Elle permet de rembourser les dettes avec de la monnaie de singe et de faire galoper le monde entier après des prix stables... toujours plus hauts et donc spéculatifs et enrichissant.
Comme quoi, si cela s'avérait juste, la « stagflation » ne serait finalement plus qu'une utopie économique parmi d'autres.
L'écologisme-malthusien un signe annonciateur (comme le fut Mai 68) de l'époque ?
Qui va mourir dans la crise qui se présente ?
Alors que dans mon laïus de lundi dernier, j'ai omis de mettre en exergue cette fabuleuse invention qu'est l'Euro fort. Était-ce seulement inconscient ?
Aujourd'hui, je ne regrette pas, pour ne plus être sûr de rien !
Merci mon Momo...
Maintenant, de nous deux, lequel est-il le plus ignoble, quand on réfléchit un peu à toutes les conséquences de tes dires ?
Match Industrie/Commerce.
La volonté du législateur est claire : faire baisser les prix à la consommation !
Méthode Attali : Casser la réglementation des ouvertures de magasin de vente de détail, interdire d'interdire la vente à perte !
Traduction dans la « très grande sagesse du législateur » :
Baisser la « TACA », qui est de 8,32 € par mètre carré pour les entreprises de plus de 400 m² qui vendent aussi du carburant et font au moins 600.000 € de CA par an (6,75 € pour celles qui ne vendent pas de carburant), c'est une bonne chose.
En notant que celles qui font 12.000 € par m²/an payaient 35,70 € au m² si elles vendent du carburant (34,70 € pour les autres).
Quand on a une « pissotière », on est déjà exonéré de tout : ça ne va pas aider le « piti commerce » cette affaire-là !
Et encore faut-il compter avec un abattement de 20 % pour les surfaces de vente au détail comprises entre 400 et 600 m² si le CA est inférieur à 3.800 € (les « crevards » à 2,28 M€/an), de 30 % quand on s'amuse à vendre des meubles, des voitures, des machines agricoles ou des matériaux de construction (ah, la puissance des syndicats professionnels lobbyistes !) et d'un abattement général de 1.524,49 € dans les zones urbaines « sensibles » !
Une règle, 2 tarifs progressifs, 3 « niches » !
Un truc à faire plaisir à Monsieur Heurtault...
Avec un hectare couvert ça nous donne, pour un hyper pas tout à fait milliardaire (en chiffre et en feu le franc Pinay) 357 K€.
Désormais, il en coûtera 90 K€ dans les mêmes conditions, soit une diminution de... 0,175 % des prix de vente (sauf si le magasin est « hyper milliardaire », toujours en CA et en franc Pinay) : Bel effort !
La formule magique...
Il suffisait d'y penser : Merci M'ssieur Attali !
Ah ? Ce n'est pas une de vos idées ni celle de votre Vénérable commission ?
Dommage !
Faut aussi dire que là, on pousse vraiment le bédouin jusqu'au fin fonds des allées des hypermarchés, avec une mesure pareille : C'est Édouard (Leclerc) et les petits gars du syndicat des hypers, qui vont bicher un max !
Qu'à cela ne tienne, on retient des « 316 mesures incontournables et urgentes qui vont changer la vie des français » de surtout redonner la main aux maires de France pour les implantations de nouveaux magasins (et leur ouverture, naturellement).
Tellement il n'y avait pas de raisons que le trafic des « petites enveloppes qui entretiennent l'amitié et les bons rapports de voisinage » soit capté uniquement par les membres des commissions départementales d'équipement commercial, vu que les maires collectent déjà celles relatives au permis de construire à délivrer...
Peut-être qu'ainsi, ça finira par devenir moins cher à force de cumuler les obstacles.
Peut-être que les « tarifs d'entrée » vont devenir plus coûteux : à suivre !
Plus de marge arrière ? Faut tout mettre sur facture ? Mais c'est déjà le cas...
Écrire les relations « industrie/commerce » noir sur blanc ? Mais pourquoi pas !
Alors, en quoi cela va-t-il faire baisser les prix ?
Les industriels voudront tout mettre sur le papier, pour ne pas être pris en défaut de « favoritisme » pour telle ou telle enseigne : on les comprend.
Les distributeurs aussi : au moins, ils n'auront pas à réclamer leur dû une fois les quantitatives et conditionnelles acquises, les plans d'approvisionnement respectés à la lettre, puisque ce sera « payé sur la facture » : c'est autant de trésorerie en plus qui permet des achats promotionnels à offrir à leurs clients.
Bé justement, c'est autant de moins quant aux escomptes obtenus pour paiement comptant !
Et on appelle cela un progrès ?
Admettons !
En fait, le seul vrai progrès qu'on peut y voir, c'est le fisc qui va le faire (depuis le temps qu'il courait après).
En effet, jusque-là, les RRR (Remise, Rabais, Ristourne) à obtenir ou à verser étaient normalement le résultat d'accords écrits, passés en centrale d'achat ou dans le bureau du directeur des achats après négociation.
Ça peut même se calculer au centime près (en général rapporté à des pourcentages de volume d'affaires : on fait simple dans ces métiers-là !)
Seulement voilà, les industriels ont tendance à « provisionner » des charges à payer à leur maximum écrit, ça réduit l'impôt, d'autant que c'est dû même si c'est payé plus tard pour rester une garantie de bon paiement en cas de défaillance de l'acheteur.
Quant aux distributeurs, sachant qu'il faut toujours courir après, ils avaient tendance à ne prendre en considération que ce que les RRR qu'ils avaient effectivement reçues, au moins le temps de faire les comptes et de publier leurs bilans aux centres des impôts : de toute façon, le reste, s'il arrivait, serait comptabilisé sur l'exercice suivant, personne ne vole personne !
Et c'est 10 % de « flottant » qui vont devoir être réintégrés ici et là !
De quoi faire faire un bon d'autant pour l'Impôt sur les sociétés dû en 2010 (pour le solde, les acomptes devant être corrigés dès 2009)...
Mais alors pas du tout dans la poche du consommateur !
Autrement dit, qui va payer ? Sûrement pas ni les industriels ni les distributeurs, qui remettent tout ça dans leurs prix de vente public, naturellement !
Ça plus la réduction des délais de paiement, il va y avoir des morts entre août 2010 et août 2012 !
Remarquez, si au moins les contrôleurs des impôts se retrouvaient au chômage technique, mais même pas, il faudra les occuper à autre chose : d'où la Haute Autorité de la Concurrence !
Enfin, entre-deux, on aura eu le mérite de prévenir Harold's et les boutiques transalpines, transpyrénéennes, outre-rhénanes, luxembourgeoises et belges des moments « astucieux » pour faire leurs propres soldes à elles : encore du chiffre qui ira se faire voir ailleurs !
Quand on vous dit que franchement, ils ne savent pas grand-chose de quoi qu'ils légifèrent... ce n'est hélas pas une blague !
Perso, j'aurai mis la TVA à 15 % et là, on aurait vu la différence...
Augmentation du pouvoir d'achat garantie de 4,6 % et baisse des recettes compensée pour la phynance publique par ma fameuse « cotisation sociale sur les produits importés » 20 à 25 points (sur un quart du PIB, le compte y est !).
Au moins, ça aurait boosté les industries locales respectueuses de l'environnement - au lieu de bouffer du kérosène ou du fioul lourd qui polluent nos airs et jusque nos plages de sable fin - et aurait réduit le chômage et l'exode des d'jeuns !
Mais de ce que j'en dis ou rien, n'est-ce pas.
Mister « FF » veut le plein emploi !
Il l'a dit dimanche soir dernier, en plein décalage horaire ! Et qu'il a donc raison, le brave homme !
Imaginez un peu une France sans soucis de croissance, sans chômeur (ou presque) et où toute personne en âge de travailler et le souhaitant ardemment aurait travail digne et rémunéré (autrement qu'avec un ersatz de minimum légal) à la mesure de ses justes compétences et ardeurs !
Nous en avions déjà fait le rêve récemment ensemble.
Plus besoin de cotiser pour le chômage.
Des recettes d'assurance maladie en hausse de plus de 14 % pour pas plus malades pris en charge. Finis les 11 milliards de déficit chroniques !
Des recettes fiscales qui s'envolent que nous en épuiseront peut-être un jour enfin nos déficits répétitifs, voire l'endettement public abyssal qui courent depuis tant d'année : 14 % à 16 % de recettes supplémentaires, sans rien avoir à réformer, pour des agents des impôts qui n'aurons même pas à travailler plus : le rêve !
Un pouvoir d'achat global qui viserait les sommets.
Un PIB à forte valeur ajoutée qui nous ferait champion d'Europe toutes catégories.
Une part étatique revenue à la portion congrue toutes choses égales par ailleurs, dans cet ensemble, se cantonnant à ses quelques missions régaliennes et se barricadant encore en des domaines où l'action publique reste indispensable comme l'entretien et l'amélioration des infrastructures (routes, ponts, ports, aéroports, voies ferrées) que nous aurions toujours plus denses et rénovés tous les ans tellement l'argent coulerait à flot !
Et puis, plus de problème de retraite pour une population vieillissante.
Des garanties nouvelles pour les fonctionnaires pensionnés, ceux qui émargent directement à ne rien faire en travaillant pô
beaucoup sur une vie sur votre feuille d'impôt et votre ticket de caisse !
Nous ne parlerions même plus des « neuf iniquités »...
Je fermerai ce blog et partirai, le nez au vent, des fleurs dans les cheveux sur les routes de Navarre et d'ailleurs, guetter la gueuze au coin des chemins.
Mais, ah que voilà, du rêve à la réalité, c'est encore pire que de la coupe aux lèvres.
J'expliquais encore l'autre jour, que ce qui fait toute la différence, ce sont justement les « dix derniers centimètres », que ce soit entre une fille et un garçon, entre une idée et son application, entre une envie, une pulsion, un désir et sa mise en œuvre, sa satisfaction.
Parce que les 260 milliards d'euros que cela générerait sous le sabot du cheval, il faut bien que quelqu'un les paye !
Et là, même à l'étranger, ça ne se bouscule pas au portillon, pour cause d'insolvabilité générale de la planète (qui n'en finit pas de vivre à crédit pour payer ses barils de pétrole et autres billevesées).
Car juste pour en rire, question retraite du civil, complémentaire, quand vous cotisiez 1.000 €, vous-même en piquant sur votre feuille de paye à titre obligatoire, ou votre patron en spéculant sur votre sueur, vous avez acquis 169,76 points à l'Agirc en 2007 (176,04 en 2006 et jusqu'au 1er avril 2007 ; un peu moins de 3,7 % pour vous faire « manger l'inflation », n'est-ce pas...).
Pour recevoir, à vie, naturellement, peut-être un jour seulement (parce qu'il faut y arriver quand même) 69,14 € de rente (hors les charges, CSG et CRDS plus quelques retenues diverses).
Soit 14,5 ans à espérer dépasser l'âge de 79,5 ans pour « rentrer dans vos frais » !
Et encore, je n'ai pas compté les diverses cotisations supplémentaires de base, dont la Contribution Exceptionnelle Temporaire, (qui dure, qui dure...).
Un truc pas pour moi, ça ! Je serai mort et enterré sous mes châtaigniers depuis belle lurette !
L'année dernière, le même calcul donnait 70,50 € (et pan ! 1,9 % d'inflation dans les dents), soit un « retour sur amortissement » de 14 ans et 2 mois !
Les effets de la canicule de 2003 figurez-vous !
Parce qu'on a anticipé de quelques mois les décès des plus fragilisés, à cette époque là, pour cause de « coup de chaud sur les vieux » sous le règne de notre bon « Raff la main sur le cœur », bé, depuis on s'occupe mieux de ceux qui nous restent sur les bras pour s'être décidés à survivre encore un peu et qu'ils en vivent depuis lors plus longtemps ai-je entendu dans le poste l'autre fois !
Bon, ça, c'est pour les cadres. Pour les « non-cadres », c'est un peu différent. Arrco ne calcule pas de la même façon ses complémentaires. Toujours pour 1.000 €, il faut compter une rente de 67,98 € en 2007 et 69,31 en 2006.
Pourquoi moins ? Bin je ne connais pas tout de la vie du « bétail » ! Peut-être qu'ils sont plus
nombreux. Ou qu'ils meurent encore plus tard, allez savoir ?
C'est vrai que s'est épuisant à être « cadre ». Surtout de direction générale... Stressant : j'en sais quelque chose, de faire bosser les autres !
En bref, je vous raconte tout ça, parce qu'à chaque poisson d'avril, (autrement dit hier : je n'ai pas osé, figurez vous, vous auriez encore cru que ce n'était même pas vrai !) nous avons droit à un nouveau barème. Normalement, pour 1.000 €, on va obtenir 67,84 € de rente chez les « cadres » et 66,71 € chez les non-cadres.
Soit une espérance de vie à atteindre de 79 ans et presque 9 mois chez les premiers et presque 80 ans pour les autres.
À ce rythme là, les « petits jeunes » nés à compter de 1968 devront tous vivre centenaire pour s'y retrouver !
Tous les autres en seront de leur poche !
Mais pas dans la fonction publique naturellement, qui reste en dehors de ces affreusetés de mécanismes « du privé », donc reste à avoir de beaux jours devant elle, puisque qu'on s'en tape vu que c'est le kontribuable qui paye.
Le jour où tout le monde sera fonctionnaire dans mon beau pays, tout finira par être gratuit, puisque chacun payera finalement pour lui-même !
Encore un effort et on rentrera dans la phase utopique du communisme intégral !
Parce que là, la soviétisation de la France, elle n'en est encore à cusser lamentablement et depuis des années à 52/53 % du total de toutes les activités.
J'adore la perspective.
Car ce « chacun pour soi » final de la phase ultime de la dictature du prolétariat, comme d'un aboutissement de la
soviétisation rampante, c'est exactement le modèle de la « gouvernance globale » du libéralisme le plus débridé, sauvage et tant décrié des alter-quelque chose (mais ils ne
le savent pas encore, rassurez-vous) !
« Communistes libéraux, au pouvoir ! »
Une autre dimension que le minable 144 millions d’heures sup (1,5 % du « potentiel » inemployé en heures « normales »).
Que je vous souhaite excellente quand même, (vous le valez bien !).
Voilà qui est fait.
Mais de ça, chacun avait pu s’en rendre compte avant moi.
Belle affiche !
Pas fou, le gueux : dans les affaires comme ailleurs, pour vivre heureux, faut vivre caché !
Pour le moment, convenez-en, on en est encore très loin.
Drôlement efficace, le « formatage » !
Passez à l’article suivant :
Passez à l’article suivant, svp :
Commentaires