Le processus de Lisbonne : RESUME DES PRINCIPALES CONCLUSIONS OPERATIONNELLES !
Mon cher Infreequentable,
Très impressionné par votre credo européen de lundi et profitant
odieusement de l'immense audience de votre site, je me permets de vous rappeler quelques vérités retranscrites dans mon dernier ouvrage « Une stratégie européenne pour la mondialisation », publié chez Odile Jacob (ISBN 2-7381-2181-0,
juin 2008, 155 x 240, 336 pages au modique prix de 23,50 €, dans les meilleures librairies seulement).
C'est, quelle que part, la compilation du travail de quelques bénévoles pris parmi les plus hautes personnalités du moment, que j'ai employées comme sapiteurs avec les fonds de la République au sein de la mission « L'Europe dans la mondialisation » reçue des mains même de Christine Lagarde le 8 novembre dernier !
D'ailleurs, elle me fait l'honneur de préfacer cet ouvrage qui fera date dans l'histoire de la pensée humaine, je n'en doute pas.
MON constat se résume de la façon suivante :
« 1. La Stratégie de Lisbonne continue de faire l'objet d'un consensus au sein de l'Union européenne en raison de la pertinence de ses objectifs de long terme. Elle a cependant produit des résultats contrastés selon les États membres. La méthode non contraignante retenue pour sa mise en œuvre - la « méthode ouverte de coordination » - a eu le mérite d'introduire une coordination européenne dans des domaines de compétence principalement nationale, mais elle n'en est pas moins à l'origine de nombreuses déficiences et fait l'objet de critiques.
2. La France est en décalage par rapport à de nombreux autres pays de l'Union européenne dans sa perception négative de la Stratégie de Lisbonne. Les performances françaises au regard des objectifs de Lisbonne, moyennes ou médiocres jusqu'ici, et le faible degré d'appropriation nationale de l'agenda européen, contribuent sans doute à entretenir cette perception.
3. Le cycle 2008-2010 de la Stratégie de Lisbonne, qui vient d'être arrêté par le Conseil européen de mars 2008, s'inscrit dans la continuité du précédent. Ce choix reflète le consensus européen en faveur du statu quo et d'une concentration sur la mise en œuvre, ainsi que la fin prochaine de la présente législature communautaire. Le Conseil européen a néanmoins invité à ouvrir sans attendre la réflexion sur l'après-2010.
4. La France a beaucoup à faire pour améliorer ses performances nationales et accroître du même coup sa crédibilité au regard de l'agenda de Lisbonne : c'est particulièrement le cas en ce qui concerne la réforme du marché du travail (flexicurité), les politiques de la connaissance, la politique énergétique et environnementale et l'appropriation nationale de la stratégie européenne. Les réformes engagées depuis le printemps 2007 doivent être poursuivies et approfondies.
5. Le caractère consensuel en Europe de la Stratégie de Lisbonne ne doit pas occulter les insuffisances du processus lancé en 2000 face aux nouveaux défis, internes et externes, auxquels l'Union européenne se trouve confrontée dans le moyen et long terme. Ces défis résultent notamment de l'intensification de la mondialisation, du retour des stratégies de puissance dans le champ économique lié à l'essor des grands pays émergents, de la problématique énergétique et environnementale, et de l'impact de l'hétérogénéité croissante et du vieillissement démographique au sein de l'Union.
6. Sa présidence prochaine de l'Union européenne offre à la France l'occasion de promouvoir certains objectifs prioritaires tels que la dynamisation du « triangle de la connaissance » (enseignement supérieur, recherche et innovation) et l'approfondis-sement du marché financier et de l'agenda social européens. Elle lui offre également l'occasion d'influer sur la redéfinition de la stratégie européenne pour la mondialisation dans l'après-2010.
7. La Stratégie de Lisbonne apparaît en effet doublement insuffisante à elle seule comme « réponse européenne à la mondialisation » : d'une part, elle ne concerne que le volet interne d'une telle réponse, et ses performances laissent à désirer sur ce terrain ; d'autre part, l'indispensable volet externe d'une telle stratégie relève nécessairement de politiques communes et non d'une simple coordination intergouvernementale.
8. La Stratégie EuroMonde 2015 esquissée dans le présent Rapport comporte, d'une part, un volet interne, baptisé Lisbonne Plus, visant à adapter les Etats de l'Union européenne à la mondialisation. Destiné à prolonger les orientations de la décennie 2000, Lisbonne Plus doit s'appuyer sur des mesures économiques, sociales et environnementales centrées sur la promotion de l'innovation : ces mesures porteront à la fois sur le renforcement de l'économie de la connaissance, la valorisation du capital humain européen et la promotion d'une « nouvelle économie verte ».
Lisbonne Plus doit également être mis en œuvre sur la base d'une gouvernance renforcée, fondée sur des objectifs mieux ciblés, différenciés et évalués, un calendrier synchronisé avec celui de la prochaine législature européenne (2010-2015), une mobilisation plus claire des instruments communautaires, des incitations à agir plus vigoureuses pour les Etats membres, ainsi qu'une plus forte implication des responsables politiques nationaux.
9. La Stratégie EuroMonde 2015 doit, d'autre part, reposer sur des politiques extérieures communes permettant à l'Union européenne de contribuer à façonner la mondialisation. Elle conduira à l'actualisation plus ou moins ample des politiques communes existantes - politique commerciale commune, Marché intérieur et union économique et monétaire dans leur dimension externe, et politique agricole commune. Cette stratégie plus globale devra également s'appuyer sur de nouvelles politiques extérieures en matière énergétique, climatique, normative, en matière de développement et de migrations, ainsi que dans le domaine de la surveillance des investissements extracommunautaires dans les secteurs sensibles.
10. Le succès de la Stratégie EuroMonde 2015 suppose la réunion d'une série de conditions : un nouveau consensus politique européen pour permettre à l'Europe d'exercer un leadership au niveau international ; un aggiornamento doctrinal conduisant à passer d'une logique d'exemplarité à une logique d'intérêts et à avancer sur des projets concrets réunissant le cas échéant un nombre limité d'Etats membres ; la mise en place d'institutions plus cohérentes et plus efficaces sur la base des avancées du traité de Lisbonne ; enfin la mobilisation adaptée des budgets nationaux et communautaires à la faveur de la révision du cadre financier de l'Union.
Par la même occasion, je vous rappelle les quelques objectifs chiffrés finaux fixés par les Conseils européens de printemps à l'horizon 2010 :
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- Taux de croissance: 3 % par an - Lisbonne 2000.
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- Taux d'emploi: 70 % de la population active, 60 % de la population active féminine, 50 % des travailleurs âgés (+ 50 ans) - Lisbonne 2000 & Stockholm 2001.
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- Taux d'émission de gaz àeffet de serre: Réduction de 8 % par rapport au niveau de 1990 (en application du protocole de Kyoto) - Barcelone 2002.
En fait, le Conseil européen de mars 2007 a fixé à l'Union européenne à l'horizon 2020 un objectif d'au moins 20 % de réduction du taux d'émission de gaz à effet de serre par rapport à 1990 (voire 30 % en fonction des conditions d'adaptation du protocole de Kyoto au-delà de 2012).
Sur ces bases, le Conseil européen a également identifié une dizaine d'objectifs chiffrés « intermédiaires » dont la poursuite doit permettre de mieux atteindre les objectifs de croissance et d'emploi, et dont certains sont devenus emblématiques (exemple de celui relatif aux dépenses de R & D) :
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- Éducation 85 % d'une classe d'âge au niveau du Bac - Lisbonne 2000.
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- Pacte de stabilité et de croissance Déficit public inférieur à 3 % du PIB, dette publique inférieure à 60 % du PIB - Stockholm 2001.
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- Marché intérieur: 98,5 % de directives transposées en droit interne dans les délais.
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- Réduction du niveau global des aides d'État en pourcentage du PIB d'ici 2003 - Stockholm 2001.
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- Dépenses de R & D 3 % du PIB, dont 2/3 de dépenses privées - Barcelone 2002.
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- Âge effectif du départ à la retraite: À augmenter d'environ 5 ans - Barcelone 2002.
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- Structures d'accueil subventionnées pour les enfants: 90 % des enfants entre 3 ans et l'âge de la scolarité obligatoire: 33 % des enfants de moins de 3 ans - Barcelone 2002.
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- Chômage des jeunes(18-24 ans): Taux d'abandon des études inférieur à 10 %.
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- Offre d'un emploi, d'une formation, d'un stage dans un délai de 4 mois au plus - Bruxelles 2006.
Et pour finir, cher ami, les nouveaux objectifs fixés par le Conseil européen de mars 2007 :
- Un objectif relatif à l'environnement réglementaire de l'économie, à l'horizon 2012 : il s'agit de
« réduire les charges administratives découlant de la législation de l'Union européenne » de 25 % et, pour chaque État membre, de fixer d'ici 2008 « des objectifs nationaux d'une ambition comparable dans ses domaines de compétence » ;
- Des objectifs relatifs à la situation énergétique des pays de l'Union européenne, à l'horizon 2020 : il s'agit d'une part « d'économiser 20 % de la consommation énergétique de l'Union européenne par rapport aux projections pour l'année 2020 » ;
- D'autre part d'atteindre « une proportion contraignante de 20 % d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l'Union européenne » ;
- Enfin d'atteindre « une proportion contraignante de 10 % de biocarburants dans la consommation totale d'essence et de gazole destinés au transport au sein de l'Union européenne ».
Après ça, on ne pourra pas dire que l'Europe ne s'occupe pas du quotidien de ses concitoyens !
Vous avouerez, Très cher, qu'il manque beaucoup de volonté politique de la part de citoyens de la « France d'en bas » comme vous, pour crier, hurler, malgré le terrible tableau dressé par vous-même récemment, hélas pertinent et tout à fait juste dans ses aspects négatifs, pour mobiliser et atteindre tous ces objectifs alors même que notre « Ô combien Vénéré Président » commun, va prendre la Présidence tournante de la Communauté Européenne.
Il convient donc de souquer ferme !
Bon courage à vous et vos nombreux lecteurs ! »
Un anonyme au service de LCT.
Je n'invente rien : Vous pourrez vérifier tout cela comme je l'ai fait récemment. http://www.euromonde2015.eu/
Bref, moi qui croyais que ce blog n'était lu que par quelques irréductibles passionnés !...
Me voilà fort marri.
Passons et constatons que la feuille de route est déjà fermement tracée depuis 8 ans, très démocratiquement après en avoir librement débattu, nullement dans l'opacité de quelques cénacles de « sachants » entre valeureux roitelets et autre baronnies réformées des peuples d'Europe !
Et après on se demande pour quelle bonne raison notre belle technocratie, qu'on exporte dans le monde entier (école d'administration d'outre-mer, ex-école coloniale, derrière la fac de pharmacie de Paris) et jusqu'à Bruxelles, vient nous pourrir la vie au point de faire répondre par une poussée d'urticaire négatif à toute question portant sur le sujet européen !
Y'a du boulot...
Yeah Chef !
Debout les gars, réveillez-vous !
Demain on va au bout du monde !




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