Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

D'où Erre-Je ?

  • : L'ignoble infreequentable
  •                                  L'ignoble infreequentable
  • : La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
  • Contact

Pas de quoi rire

Pauvre Marianne...

Un peu de pub :

Référencé par
Meta-Referencement
http://www.meta-referencement.com

BlogueParade.com - Annuaire des Blogues francophones

Recherche

Infreequentable en autochtone


Albanais :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=sq

Anglais :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=en

Allemand :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=de

Arabe :
http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=ar

Bulgare :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=bg

Catalan :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=ca

Chinois simplifié :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=zh-CN

Chinois traditionnel :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=zh-TW

Coréen :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=ko

Croate :
http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=hr

Danois :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=da

Espagnol :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=es

Estonien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=et

Finnois :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=fi

Galicien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=gl

Grec :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=el

Hébreu :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=iw

Hindi :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=hi

Hongrois :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=hu

Indonésien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=id

Italien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=it

Japonais :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=ja

Letton :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=lv

Lituanien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=lt

Maltais :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=mt

Néerlandais :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=nl

Norvégien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=no

Polonais :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=pl

Portugais :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=pt

Roumain :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=ro

Russe :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=ru

Serbe :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=sr

Slovaque :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=sk

Slovène :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=sl

Suédois :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=sv

Tagalog :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=tl

Tchèque :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=cs

Thaï :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=th

Turc :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=tr

Ukrainien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=uk

Vietnamien :

http://translate.google.com/translate?prev=hp&hl=fr&u=http%3A%2F%2Finfreequentable.over-blog.com%2F&sl=fr&tl=vi

Les Ex-Archivés

Amis visiteurs !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » !
Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance !
Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite !    
En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle !
Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 05:05

La « sociocratie » au secours de la politique

 

Si l’objet principal de la politique est d’organiser l’exercice des choix collectifs, c’est aussi le champ de nombreux brouillages cognitifs et d’enjeux de pouvoir personnel ou de luttes des places, tendant à minimiser, voire à reléguer au second plan, son objet principal.

 

Un parti politique organisé selon les règles pratiques de la « sociocratie » serait-il plus apte qu’un autre à réduire ses brouillages cognitifs et ainsi à mieux développer son intelligence collective au profit des choix collectifs ?

Un tel parti détournerait-il moins facilement son regard de la maison qui brûle pour aider la collectivité à mieux s’adapter aux réalités de ce monde nouveau qui vient ?

 

Quelques rappels sur la « sociocratie ».

Le mot « sociocratie » a été inventé par Auguste Comte[i], du latin societas (société) et du grec krátos (autorité). Il s’agit de donner le pouvoir aux membres d’une société, comme en démocratie.

Mais à la différence de la démocratie qui, dans ses variantes existantes, relie des personnes engagées dans des relations distantes, la « sociocratie » concerne des personnes engagées dans des organisations. « Savoir pour prévoir et prévoir pour pouvoir » était la devise du positivisme de Comte.

Pour Comte, il est donc important de placer les faits (le savoir) au cœur des choix collectifs plutôt que l’opinion, les préjugés, les croyances ou les superstitions.

Et pour y arriver, il est important que chaque individu puisse jouir de toute sa liberté.

La « sociocratie » est donc aussi l’art de combiner les libertés au sein d’un collectif, mais des libertés éclairées par la rationalité des faits. Si le scientisme de Comte et sa foi dans le progrès ne sont plus de mise à notre époque inquiète des limites et de l’équilibre de notre écosystème, son intuition philosophique de « sociocratie » pour réguler les organisations demeure pertinente.

Il a fallu attendre les années 1970-1980 pour que Gerard Endenburg mette expérimentalement au point une boîte à outil « sociocratique » opérationnelle et assez satisfaisante au sein de sa propre entreprise.

 

Les éléments fondateurs de la « sociocratie d’Endenburg » 

En 1968, quand Gerard Endenburg hérite de l’entreprise familiale Endenburg Elektrotechniek, il est rapidement contrarié par la grande quantité d’énergie dépensée à gérer des conflits.

Dès 1970 il décide d’en améliorer l’organisation afin que toutes les objections argumentées, sans exception, soient prises en compte. Cette proposition très audacieuse s’appuie sur son expérience de la décision par consentement acquise à l’école de Kees Boeke entre ses 10 et 15 ans.

Cette expérience fondatrice de sa confiance dans les individus engagés dans une societas a très avantageusement été complétée par une solide formation cybernétique qu’il a su adapter à la conduite d’une organisation.

La cybernétique concerne la connaissance et la conduite des systèmes, des interactions entre ses diverses composantes, et en particulier la connaissance et la mise en place des rétroactions de régulation. 

Les connaissances en cybernétique apportent un avantage décisif pour passer des bonnes intentions à la prise en compte des faits dans la conduite et la régulation des systèmes. Cette connaissance a sans doute manquée à Auguste Comte pour avancer pratiquement dans la mise en place de sa devise « Savoir pour prévoir et prévoir pour pouvoir ».       

 

Les abeilles pour illustrer ce qu’est l’intelligence collective.

Dans un texte intitulé « La démocratie des abeilles » qui aurait été plus exactement intitulé « La sociocratie des abeilles », Jean-Claude Ameisen (pp 116-132 de son recueil de textes « Sur les épaules de Darwin » paru en 2012) nous raconte comment les abeilles choisissent un nouveau lieu quand elles essaiment.

Le processus est voisin de celui qu’elles utilisent pour sélectionner les meilleurs lieux de récoltes, à la différence qu’il concerne le choix d’un seul lieu pour y loger.

L’essaim sort de la ruche et se pose à proximité. Puis, des éclaireuses partent dans toutes les directions à la recherche d’un nouveau site dont la qualité est évaluée selon au moins 6 critères (volume suffisant, isolement thermique, isolement à la pluie, isolement à l’humidité/ventilation, entrée pas trop grande pour être défendue, ressources florales).

Elles reviennent vanter chacune leur éventuelle trouvaille en effectuant leur danse frétillante indiquant sa direction et sa distance directement sur l’essaim.

Une éclaireuse peut tempérer l’ardeur de la danseuse en émettant un signe stop si elle a détecté un défaut au site vanté. Les sites qui semblent les meilleurs, les moins contestés, sont alors visités par de nouvelles éclaireuses qui viennent à leur tour amplifier ou au contraire atténuer la cote des différents sites encore en liste.

Petit à petit, au cours d’un processus qui peut durer de quelques heures à quelques jours, un site finit par se dégager et l’essaim se met alors en route. Il est remarquable que le choix ainsi opéré soit en général le meilleur possible du point de vue de la survie et de la prospérité de la collectivité.

 

Éléments de brouillage de notre intelligence collective.

Malgré des capacités cognitives et langagières bien supérieures à celles des abeilles, les groupes humains démontrent souvent une intelligence collective bien moindre et éprouvent de très grandes difficultés à prendre en compte les réalités pour opérer leurs choix collectifs.

D’où viennent donc ces brouillages cognitifs, notre « commune connerie[ii] », dont le positivisme de Comte entendait nous débarrasser ?

 

Parmi les éléments de brouillage du travail d’intelligence collective, je placerais en premier notre peur de l’exclusion du groupe qui donne prise à tous les arrivismes, toutes les usurpations de pouvoir dans une lutte des places peu régulée.

Les rapports de domination jouent un rôle de biais cognitif, notamment par les processus de violence symbolique et d’habitus (processus d’identification).

Le concept imagé de plafond de verre représente initialement la domination masculine dans les entreprises et la difficulté pour les femmes d’obtenir des postes de direction. Je propose de l’étendre et de l’employer pour caractériser la séparation des personnes, des connaissances et des informations, entre dominants et dominés.

 

Les champs sont le siège de lutte des places, de recherche de capital symbolique suscitant des vocations pas toujours légitimes. Ensuite, notre propension à la panique collective, qui est un phénomène rétroactif spontané d’emballement et qui nous pousse à rechercher un sauveur ou un bouc émissaire, ou les deux selon les cas, inhibe les processus d’intelligence collective.

Nos croyances, préjugés et superstitions contribuent largement aux brouillages.

La complexité des choix à opérer et des situations conduit à de réels conflits plus difficiles à trancher que la recherche d’un nouveau logement pour des abeilles.

 

Dispositions pratiques principales de la « sociocratie d’Endenburg » 

La « sociocratie d’Endenburg » est une architecture organisationnelle hiérarchique s’appuyant sur quatre règles :

1) La prise de décision par consentement ;

2) La création de cercles de concertation ;

3) L’élection des personnes sans candidat ;

4) Le double lien.

 

La hiérarchisation de la structure se justifie par la recherche d’efficacité fonctionnelle. Tout le monde ne peut pas s’occuper de tout et un collectif recherche une cohérence d’action.

Toutefois, la hiérarchie « sociocratique » est fortement « subsidiariste », c’est à dire qu’elle favorise la prise de décision au plus bas niveau hiérarchique possible.

Cette disposition minimise considérablement les tendances bureaucratiques et arbitraires des organisations hiérarchisées classiques.

 

1) Une décision prise par consentement signifie qu’aucune personne concernée n’est contre.

Ce mode de décision développe très rapidement une culture de l’objection argumentée. La prise de décision par consentement, couplée au principe de subsidiarité, confère une très bonne efficacité et une très bonne adhésion des membres aux décisions prises.

 

Les trois fonctions clés d’un groupe sont : son pilotage, l’exécution des décisions et enfin la « mesure » (ou évaluation : comparaison entre les décisions et les réalisations).

Il est essentiel que les responsables de ces 3 fonctions soient incarnées par des personnes différentes. Le poids donné à la mesure et le soin apporté à sa plus grande objectivité constitue un des traits essentiels de la « sociocratie ».

C’est que la qualité de pilotage d’un système dépend étroitement de cette mesure, c’est à dire de son sens des réalités. La prise de décision par consentement permet qu’aucune de ces trois fonctions ne puissent prendre le pouvoir sur les deux autres, condition pour que l’auto-organisation soit possible.

 

2) Les cercles de concertation regroupent les personnes associées à une activité cohérente (un atelier, une unité de stockage, une unité comptable, un conseil d’administration, etc..).

Ils sont organisés hiérarchiquement, comme dans une entreprise classique.

Toutefois, leur définition et l’évolution de cette définition est établie en concertation avec les autres cercles.

Dans le cas d’un parti politique, les cercles pourraient être des sections géographiques locales, régionales et nationales. Le principe de subsidiarité participe à la mise en place et la définition progressive des cercles.

Si un cercle ne réussit pas à prendre une décision celle-ci sera prise par le cercle supérieur.

Cette mesure créé une tension « subsidiariste » propice à la créativité au sein du cercle qui trouve en général ses propres solutions pour conserver son autonomie.

 

3) L’élection des personnes à des postes clés se fait sans candidat sur la base du consentement des présents, après une discussion ouverte dans le cercle.

Plusieurs tours sont parfois nécessaires pour réduire les objections et aboutir au consentement.

 

4) Le double lien. Deux personnes relient chaque cercle à son cercle supérieur : le responsable du cercle qui est élu par le cercle supérieur, sans oublier le principe de consentement, et un autre membre du cercle élu par le cercle pour le représenter au niveau supérieur.

Ce double lien consolide la communication ascendante et descendante ainsi que la cohérence entre les cercles.

 

En quoi cette « sociocratie » peut nous aider à améliorer notre intelligence collective ?

Parmi les éléments de brouillage de notre intelligence collective, la peur de l’exclusion du groupe inhibe la parole.

La « sociocratie d’Endenburg » sécurise la parole par le principe de décision par consentement couplé au principe de subsidiarité qui assure la plus faible ingérence possible d’un cercle sur un autre.

 

Vis-à-vis de la lutte des places, la procédure d’élection sans candidat permet de dissuader les manœuvres des carriéristes qui sont très aisément perçus par les membres d’un cercle qui n’entendent pas être dépossédés de leur travail collectif par l’un des leurs qui voudrait tirer la couverture à lui.

Dans le cas de la politique, un membre qui voudrait griller les étapes en instrumentalisant les médias se verrait rapidement détecté et perdrait son crédit au sein du cercle au lieu d’accroître son capital symbolique.

 

La place très importante de la « mesure », dont la responsabilité est découplée sciemment du pilotage du groupe afin de lui assurer une meilleure fiabilité, constitue un rempart assez efficace contre le déni. Les réalités sont mieux prises en compte que si les informations étaient dominées par le pilote qui ne manquerait pas de les arranger à son avantage, participant ainsi à l’élaboration d’un plafond de verre constitué de violence symbolique.

 

Enfin, le double lien renforce la qualité des échanges d’information entre les divers niveaux hiérarchiques.

Globalement, avec la sécurisation des membres vis à vis de la peur de l’exclusion et ses protocoles de régulation, la « sociocratie » s’oppose à la panique collective des membres qui sont ainsi immunisés contre les promesses des sauveurs et envers les processus de recherche de boucs émissaires.

 

Une fois mise en place, la « sociocratie » est assez simple à conduire, elle ne requiert pas de compétence particulière en management et est facilement comprise par les membres. Les membres s’éduquent à la formulation d’objections construites, au respect des autres membres grâce aux dispositions de dissuasion des manœuvres carriéristes.

Ce qui est le plus important, c’est qu’une organisation « sociocratique » perd beaucoup moins de temps et d’énergie autour de problèmes de personnes et de luttes des places pour se consacrer plus efficacement à son activité en prise avec les réalités.

 

La « sociocratie » ne résout pas tout, elle ne fait pas disparaître les conflits, mais apporte la plupart du temps des moyens de les résoudre sans générer d’autorité supérieure ni de processus de violence symbolique.

Elle ne résout pas non plus les biais cognitifs personnels, mais elle fait avec, elle se satisfait d’individus ordinaires et ne nécessite pas d’homme nouveau ou providentiel pour bien fonctionner.

 

On peut conclure que la « sociocratie appliquée », moyennant peut-être quelques aménagements, à un parti politique ou tout collectif politique comme une municipalité ou un conseil général ou régional, aurait un grand potentiel d’amélioration de son intelligence collective. C’est à dire à sa capacité à rechercher, sélectionner et mettre en place les réformes d’adaptation dont nous avons besoin sur une base factuelle et consensuelle, quand bien même il semble hors de portée d’atteindre le niveau d’intelligence collective des abeilles ou des fourmis…

 

Dernier point qui serait à développer, mais ce texte est déjà trop long, la révolution informationnelle que nous vivons offre un cadre très favorable au développement de l’intelligence collective et des organisations participatives dont l’organisation « sociocratique » fait partie.

Sans doute cette révolution n’est-elle pas pour rien dans l’émergence d’une génération « Y » très à l’aise avec les réseaux et peu amatrice de hiérarchies à l’ancienne.

Mais ce cadre est aussi propice aux mouvements de panique collective, de rétroaction non régulée, qui peuvent se propager très rapidement comme ce fut le cas au Rwanda. Ici encore l’intelligence collective humaine n’a rien de spontané et nécessite des constructions de régulation et d’éducation à l’exercice de la combinaison de nos libertés.

Je remercie le président du Centre Français de « sociocratie », Pierre Tavernier, d’avoir aimablement accepté de relire ce texte, en particulier la partie consacrée aux principales dispositions pratiques de la « sociocratie d’Endenburg ».

 

Quelques références :

"Global Sociocratic center" (en anglais) www.sociocracy.biz

Texte " « Sociocratie », les forces créatives de l'auto-organisation" de Gerard Endenburg et John Buck traduit par Gilles Charest, disponible sur internet.

 

 

Michel Martiniii

 

PS d’I: En lisant ce texte, j’ai irrémédiablement pensé à l’organisation d’un des kibboutz que j’ai pu visiter en Israël … dans une autre vie, de quand j’animais une force-vente à dépayser, motiver et récompenser de ses efforts de l’année…

Un voyage stupéfiant !

Merci Michel et à une prochaine.

Pour moi, c’est « parole tenue ».



[i] Auguste Comte par Denis Touret : http://www.denistouret.fr/ideologues/Comte.html

[ii] Notre « commune connerie » par Jean Zin : http://jeanzin.fr/2013/02/14/commune-connerie/

iii Un lecteur trop méconnu de ce blog-ci.

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel MARTIN - dans Brèves et « mélanges »
commenter cet article

commentaires

I-Cube 02/02/2014 07:45


@ Michel : Je te suprime le "doublon", espèce d'impatient.


Ca te va ?

Michel Martin 01/02/2014 10:03


@Jacques, bis sur le vote à la majorité versus le consentement.


Le vote à la majorité conduit à écraser la minorité et surtout à se priver d'objections, c'est à dire d'informations qui peuvent se révéler très importantes pour la conduite du groupe. De plus
cette procédure limite considérablement les rejets des décisions et met chacun devant ses responsabilités. On pourrait croire que les procédure par consentement est interminable, alors que dans
la pratique ce n'est pas le cas, parce que la confiance y est beaucoup plus élevée et qu'on se centre beaucoup plus sur les problématiques et moins sur les luttes de personnes. 


Mandela, dans son autobiographie décrit un
système tribal assez proche du point de vue des procédures délibératives et dont il s'est inspiré toute sa vie.

Michel Martin 22/01/2014 17:19


@Jacques,


Oui, il y a le moins d'élections possibles (on se concerte et on décide par consentement) parce que les élections sont sources de division, mais il y en a quand même dans chaque cercle pour le
choix des personnes aux postes clés avec une procédure sans candidat et par consentement (revoir le texte).

I-Cube 22/01/2014 16:46


Pourquoi pas ?


 


Perso, je crois bien plus à des mandats courts et éventuellement non renouvelables.


En tout cas au non-cumul, mais il est vrai, à condition de revoir notre oragnisation administrative de préfectures et sous-préfectures répondant directement des ministères parisiens...


Ce que j'avais zapé jusque-là, faut-il reconnaître.


 


Parce que bon, des élections, quelle qu'en soit le mode et les conditions, ça n'empêche pas la démagogie (au contraire) et de toute façon les dérives post-électives.


Tant qu'il n'y a pas de contrainte, soit à travers un consensus, soit à travers des sanctions, le systèpe de Michel n'est pas le plus mauvais.


 


Attention pour ma part, j'use, en entreprise il est vrai, d'un autre subterfuge...


Générer le consensus en "donnant" ses propres idées à autrui, jusqu'à ce qu'il les fasse sienne.


Ca marche dans une organisation du travail, pas en politique et c'est la vraie limite de la sociocratie, à mon avis, comme le montre l'expérience d'Edendburg...

Jacques Heurtault 22/01/2014 11:51


Quand j'étais en classe "Terminale" au lycée, j'ai pu découvrir le "positivisme" d'Auguste Comte. Impressionnant en première analyse!


J'ai tout de même une objection ... quand je constate qu'il y a très peu d'élections! Je n'aime pas trop ...


Aussi, je préfèrerais un système où on élit les dirigeants selon une procédure à plusieurs niveaux. Je m'explique :


1. A la base, les électeurs choisissent des grands électeurs selon un scrutin à dominante majoritaire mais complété par un (gros) complément de proportionnelle.


2. Ces grands électeurs élisent alors, publiquement, les dirigeants de premier niveau (les conseillers de quartiers) qui deviennent, en même temps des grands électeurs qui auront à choisir les
dirigeants de second niveau (les conseillers municipaux) et ainsi de suite pour les conseillers départementaux, régionaux, nationaux, et ... présidentiel!


Avec ce système, on est à peu sûr que les démagogues seront mis en dehors du coup très rapidement et on devient sûr de ne pas se réveiller un matin avec la gueule de bois quand on découvre que
l'on vient d'élire un semi-cinglé à la tête de l'Etat!