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Pauvre Marianne...
Un peu de pub :
« Sait-gain » le meilleur opposant de la Sarkozie ?
Le choc des mots se télescopant en 48 heures : D'une par les déclarations du chef de l'État lundi 22 juin, puis le nouveau gouvernement le 23 au soir, suivis, le 24 au matin par les 133 pages du rapport de la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques.
Or, le chef de l'État qui ne pouvait pas ne pas être au courant, ne s'est guère appesanti sur la situation des finances publiques, assurant seulement qu'il ne fuirait pas ses responsabilités, mais tout autant qu'il ne ferait pas la politique de la rigueur, qui a « toujours échoué dans le passé ».
Ni qu'il ne sacrifierait pas l'investissement.
Et de se lancer dans une subtile distinction entre le « mauvais déficit », d'ordre structurel (causé par le mauvais fonctionnement de l'État), celui qui est d'origine conjoncturelle (la crise), et enfin « le bon déficit », celui qui finance les dépenses d'avenir (les investissements).
Le premier doit être ramené à zéro, le second devra être résorbé « après la crise », et il ne faut donc pas renoncer au dernier.
La question qui se pose à l'économiste est la suivante : avons-nous les moyens d'une politique dynamique qui s'appuie sur un tel distinguo ?
Une dette reste une dette, qu'elle qu'en soit son origine, n'est-il pas ?
Le rapport de la Cour des comptes paraît bien remettre en question cette ambition, en brossant un tableau particulièrement noir de la situation.
Du déluge de chiffres fournis par la Cour, on peut aussi retenir que les comparaisons internationales ne sont pas en faveur de la France, même si l'on tient compte des effets de la crise.
Il ressort clairement que les déficits français sont de nature essentiellement structurels, et que, pour seulement faire revenir en huit années la dette publique de 80 % à 60 % du PIB (engagement international de la France), il faudrait faire un effort égal à 3,5 % de ce PIB en réduisant à zéro ce déficit structurel.
Pour la Cour des comptes, l'ampleur de la tâche nécessite de faire feu de tout bois.
Tout d'abord il est un domaine dans lequel la hausse des prélèvements ne pourra pas de toute façon être évitée, c'est celui des comptes sociaux.
Ceci conduit au minimum à une révision drastique des « niches sociales », mais aussi à l'ouverture de négociations sur les retraites, et y compris sur les avantages familiaux du régime général.
Pour ce qui concerne l'État, les limitations de dépenses annoncées par le gouvernement, ainsi que les économies censées être engendrées par la RGPP, sont jugées très insuffisantes tout comme il est dit que des « réformes beaucoup plus ambitieuses » sont nécessaires, indispensables.
La Cour des comptes relève ainsi qu'en raison de leur poids considérable (450 milliards d'euros soit un quart du PIB), le plus fort gisement d'économies concerne, sous leurs diverses formes, les interventions de l'État et des collectivités locales.
Elle constate que « les pays qui ont assaini leurs finances publiques l'ont fait en remettant en question non seulement les dépenses de fonctionnement mais aussi l'ensemble de leurs interventions et en renforçant leur efficacité ».
Autrement dit, au-delà des « mauvais déficits » il faut aussi savoir remettre en question les « bons déficits », qui peuvent correspondre aux investissements voulus par le chef de l'État.
En effet, ce dernier a ciblé dans son discours des « mesures massives en faveur de l'activité partielle », l'extension des contrats de transition professionnelle, la formation des jeunes, la revalorisation des filières professionnelles, etc....
Dès lors, on comprend mieux ce que veut dire le Président lorsqu'il qualifie ces dépenses d'intervention d'investissements, dans la mesure où il s'agit de préparer l'avenir.
Il n'en reste pas moins que cette qualification n'est qu'un abus de langage du point de vue de la comptabilité publique, qui est celui de la Cour des comptes.
Le message apparaît clair, et lorsque la Cour évoque la nécessité de remettre en question, ce qui signifie diminuer, les interventions de l'État, le discours présidentiel amène paradoxalement à les augmenter !
L'opposition entre ces deux discours conduit à se poser deux questions fondamentales sur la politique économique.
1 - Avons-nous les moyens de cette politique ?
La réponse est clairement négative pour la Cour des comptes.
Selon la jolie formule de premier Président : « À répéter que les caisses sont vides il ne faudrait pas accréditer l'idée paradoxale qu'elles sont du coup inépuisables »...
Or l'opposition est nette entre le gouvernement et la Cour : alors que cette dernière préconise de repasser en huit ans le montant de la dette publique de 80 % à 60 % du PIB, les hypothèses gouvernementales conduisent à prévoir une augmentation de cette dette à 88 % du PIB à l'horizon 2012 !
Pourquoi une révision aussi déchirante s'imposerait-elle d'après la Cour ?
Eh bien, non seulement en raison des engagements internationaux de la France, mais aussi parce que « l'endettement pourrait augmenter de manière exponentielle. Les charges d'intérêt mobiliseraient alors une part excessive des ressources publiques et un risque pèserait sur la signature de l'État ».
Par ailleurs, « il serait peu prudent d'attendre que des remèdes hypothétiques, comme la hausse de la croissance potentielle ou la reprise de l'inflation exonèrent la France des efforts de redressement nécessaires de ses comptes publics ».
« Peu prudent » qu'une telle « folle ambition » ?
Le pays est donc sur le fil du rasoir, engagé dans une course de vitesse consistant à battre la crise, et rétablir la croissance, avant que la montée de l'endettement public ne vienne ruiner les efforts de rétablissement.
Ce choix « stratégique » rencontre manifestement le scepticisme de la Cour des comptes.
2 - Ceci conduit à poser une seconde question : À supposer que l'on puisse se permettre d'augmenter les déficits, quels résultats faut-il en attendre ?
La Cour des comptes rappelle à ce sujet ses nombreuses critiques, et parmi elles :
- La politique de réduction des dépenses publiques n'atteint pas les 655 « opérateurs de l'État » (organismes juridiquement indépendants de l'État et poursuivant une mission de service public) qui, trop nombreux, reçoivent plus de 20 milliards d'euros de subventions et emploient des effectifs en forte croissance (292.000 agents).
- L'inefficacité des interventions de l'État dans des domaines tels que les aides personnelles au logement, les contrats aidés, la politique de la ville, les aides aux collectivités territoriales, la politique de l'emploi (30 milliards d'exonérations sociales, 4 milliards pour la PPE, un chiffre encore indéterminé pour le récent RSA mais sans doute plus important que l'ex-RMI).
S'y ajoute un chiffrage incertain des dépenses fiscales (provisoirement estimées à 69 milliards), où interviennent trop de services de l'État dont le pilotage efficace n'est donc pas assuré.
- La très forte croissance des effectifs de la fonction publique territoriale.
Au total, le pouvoir n'a ouvert qu'une petite partie des chantiers qui s'imposent pourtant depuis des années, et dans le même temps multiplie des interventions qui ne peuvent que générer davantage de déficit public, le tout sans aucune évaluation de « l'efficacité » de la dépense.
La critique est rude.
Mais elle est lucide.
Dès lors, si on peut imaginer qu'il y a, peut-être, plusieurs sortes de déficit, de toute façon il n'y a qu'une dette publique.
Et qu'un seul montant global de frais financiers.
Le message de la Cour des comptes est clair : il faut cesser de multiplier les nouvelles interventions de l'État et de ses démembrements, même si cela est difficile compte tenu de leur finalité sociale.
Et au contraire se poser la question de l'efficacité des interventions existantes.
En conséquence et en tout état de cause, contrairement aux discours et à la volonté politique affichée, la France n'évitera pas une « politique de rigueur », que notamment la constante dégradation des comptes des organismes sociaux rend inévitable.
Cela réduit sérieusement les ailes du « volontarisme » affiché par notre « Ô combien vénéré Président ».
Et à quand l'ouverture de tous ces chantiers, au juste ?
Là, il lui reste deux attitudes possibles : ouvrir les yeux et mobiliser les talents, ou s'enfouir la tête dans le sac et persister à n'y rien comprendre !
Il y va de notre avenir commun à tous...
DD
I²
: Je reviens aussi sur cette idée absurde d'un Trésor public, qui emprunte en permanece et qui va emprunter encore plus d'ici à l'année prochaine.
On nous dit que c'est la bonne idée du siècle !
Soit.
Mais demain, quand il s'agra d'aller voir son banquier pour qu'il prête le nécessaire en machines, en besoins de fonds de roulement pou rassurer un chantier, pour répondre à un appel d'offre,
pour acheter sa baraque, sa bagnole ou ses fins de mois, comme les marchés auront été asséchés, l'épargne siphonnée par l'endettement publique, mathématiquement les lignes de crédit se seront
raréfiées et les taux auront augmenté !
Au total, c'est l'équipement des ménages (donc une forte part de la croissance) et l'investissements productifs des entreprises (l'autre forte part de la croissance en plus que des emplois) qui
ne verront pas le jour, en échange de toujours plus d'étatisation...
Vraiment la malédiction des deux derniers siècles !
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