Docker ?
3.000 euros par mois pour 18 h de boulot hebdomadaire !
Quand est-ce que l'État parviendra à ramener une quelconque autorité dans le port de Marseille, porte de tous les conflits sociaux possibles et inimaginables (pour des motifs souvent douteux), où les petits arrangements entre amis et les vols à répétition sont lots communs ?
La C.G.T. y défend surtout ses intérêts syndicaux loin derrière ceux des salariés. Ce syndicat post-communiste a fait perdre beaucoup plus d'emplois en France, qu'il n'a participé à en créer, et ce depuis de nombreuses années (et pas seulement ni à Marseille, ni dans le seule activité portuaire).
Mais ne prenons que celle-là, à Marseille en 1965 il y avait 14.500 personnes qui travaillaient dans la réparation navale - sans compter des emplois induits (au moins le double).
Aujourd'hui, seulement une centaine !
Et encore leurs sociétés ont été en faillite en décembre 2005 suite à une grève dans le port (privatisation de la SNCM).
Lors de cette grève 8 poids lourds on été pillés et brûlés.
40 véhicules ont aussi été brûlés.
Avez-vous vu un procès à ce sujet ? Non, un vrai système mafieux !
Comment les entreprises peuvent-elles encore avoir confiance ? PAM = Port Autonome de Marseille. Autonome par rapport à qui ou quoi ? Dieu seul le sait.
Le Président de Conseil d'Administration n'a strictement aucun pouvoir (il a quand même les jetons de présence) sur le Directeur Général qui est nommé par le Gouvernement...
Qui en fait quoi au juste, de ses pouvoirs ?
Le pire, c'est que tout est déjà dit sur le sujet :
La Coupe America va à Valence, dans quelques semaines.
Parce que la délégation helvétique, en juin 2003 visite Marseille pour apprécier le « potentiel » de la ville...
En pleine grève des éboueurs lui offrant le spectacle lamentable de rues envahies par les ordures et par les cafards.
Battus par le port espagnol, les Marseillais invoquent le poids de l'argent et le lobbying de sa Majesté roi d'Espagne (grand régateur à ses heures) !
Sans imaginer, comme pour l'organisation des Jeux olympiques de 2012 à Londres, que le jury avait simplement voulu récompenser le dynamisme et l'adaptation au monde de pays qui n'étaient pas englués dans l'autocélébration de leur modèle et dans la culture de leurs acquis sociaux...
Culture du conflit qui a bloqué le port autonome de Marseille pendant dix-huit jours, l'année dernière.
Il s'agissait d'une grève préventive ! D'avertissement, en quelque sorte.
Juste pour que les dockers de la CGT obtiennent la responsabilité du chargement et du déchargement du futur terminal méthanier que Gaz de France doit ouvrir, au printemps 2008, à Fos-Cavaou, à une quarantaine de kilomètres de Marseille !
À regarder bosser les dockers spécialisés de GDF...
Au nom du « service public », alibi de tous les conservatismes, la centrale syndicale prétendait ainsi s'opposer à une menace de privatisation exigée par la seule « rentabilité financière ».
Un discours convenu qui ne résiste même pas à l'examen et qui masque la vraie raison de cette grève : mettre la main sur une opération qui représente un millier d'heures de travail par an, soit un peu moins que l'équivalent d'un temps plein ! Pour lequel ils ont obtenu deux postes...
Alors que pour Gaz de France, il était hors de question de transiger sur les questions de sécurité qu'exigent ces opérations : Le gaz naturel liquéfié est déchargé à - 163° C et nécessite des procédures particulières de raccordement du navire et de déchargement vers les réservoirs du terminal.
Un dispositif en vigueur depuis 40 ans, qui a assuré plus de 7.000 déchargements sans le moindre incident.
Au-delà de ce conflit qui a coûté 25 millions d'euros aux compagnies pétrolières, c'est bien l'avenir du port de Marseille qui est en jeu. Comme l'a remarquablement analysé la Cour des comptes dans son rapport de juillet 2006, « les ports français face aux mutations du transport maritime », ce statu quo incarné par la CGT est en total déphasage avec les profondes et rapides mutations intervenues au cours des dernières années dans l'environnement économique.
Alors que l'essor du transport maritime et plus particulièrement l'explosion du trafic de conteneurs ont constitué de puissants moteurs de développement pour les principales places européennes, les ports français, et spécialement le port de Marseille, n'ont pas pleinement tiré parti de cette mondialisation positive.
Alors que la France, cinquième puissance exportatrice mondiale, dispose d'atouts géographiques incomparables et considérables, est l'une des principales portes d'entrée des marchandises transportées par les lignes régulières des grands armements maritimes, elle ne classe que deux ports parmi les cent premiers mondiaux, Le Havre au 36ème rang et Marseille au 70ème !
La faible compétitivité de Marseille est particulièrement illustrée par ses résultats en matière de trafics de conteneurs. Depuis le début des années 90, sa croissance n'est que de 2 %, alors qu'elle atteint 49 % pour l'ensemble des ports de l'Europe du Sud.
Marseille a ainsi perdu plus du tiers de sa part de marché, devancée par Algésiras, Valence, Barcelone, Gênes, Le Pirée ou La Spezia.
Conséquence, le coût de manutention à Marseille est supérieur d'environ un tiers à celui des autres ports méditerranéens.
En l'absence d'un commandement unique sur les terminaux et à cause d'une organisation sociale archaïque, le nombre d'EVP (ou équivalent 20 pieds : unité de référence pour mesurer le transport des conteneurs, lesquels font conventionnellement 20 pieds de longueur, soit 6,058 mètres) manutentionnés à Fos est de 350 par an et mètre de quai, contre 600 à Valence et 1 300 à Anvers...
D'autant que la « fiabilité » sociale est pour le moins incertaine. Selon les données produites par « l'observatoire de la fiabilité » créé par le port autonome en 1999, près d'une escale sur cinq est marquée par un incident entre 2000 et 2004.
Après les conflits sociaux de l'automne 2005 qui ont paralysé les terminaux pendant quinze jours et mené la SNCM au quasi-dépôt de bilan, ceux du mois de mars finissent de décrédibiliser totalement le port auprès des armateurs.
Encore un effort et la CGT aura réussi un véritable exploit : réduire Marseille à son « vieux » port et faire de la cité phocéenne la vitrine du conservatisme français !
D'ailleurs, Pascal Galéoté, le Secrétaire général de la CGT du PAM prévient : « Nous allons entrer en résistance ! »
« À Marseille, nous sommes déterminés à agir contre la réforme des ports qui n'est pas économique, mais idéologique. On est sur une privatisation. Nous allons agir dans la durée. »
Et Marseille n'est pas le seul port à s'être mobilisé. « L'action » a touché Le Havre et Rouen, puis Nantes, Saint-Nazaire, Bordeaux et Dunkerque.
« Alors Messieurs les politiques, à quand la restructuration de ces outils archaïque et non-compétitifs qui sont le bien commun des français ?
Marseille, au mieux mettra du temps à s'en remettre. Mais cette crise doit être salvatrice pour le développement du PAM, la confiance de ses investisseurs et l'activité maritime : c'est notre héritage à tous ! », nous lance notre « Vénéré Correspondant des Rives de Méditerranée » !
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