L’art de l’utopie…
Vous vous souvîntes de quelle façon les « génies » entourant l’ex-sherpa de « Mythe-errant », bombardé sur la fin de règne, Président de la BERD, tellement sûr de sa destinée flamboyante qu’il en avait construit un siège londonien de l’institution toute nouvelle tellement pharaonique qu’on n’en entend plus parler depuis, nous avaient « donné la leçon » sur le commerce utile !
Pour en conclure que manifestement, ces gars là ne causaient pas de choses qu’ils connaissaient, mais se faisaient juste la caisse de résonance de quelques lobbyistes distingués plus habiles que d’autres…
Ce n’est pas tout : ils ont aussi cogité sur le logement !
Et pas n’importe comment :
« 1 – Construire 500.000 logements nouveaux par an, notamment en densifiant certains espaces urbains ».
Voilà une excellente initiative : à peine la moitié est mise en chantier tous les ans actuellement !
Le flop avéré des maisons à 100.000 € de l’ex-ministre de la ville, devenu par la magie de l’électeur national, ministre de la finances, juste le temps de se faire mal voir par son administration centrale (un peu comme « Mimi Rachida ») et un tour de « passe-passe » de l’électeur bordelais plus tard, pour piquer la place à son prédécesseur dans l’environnement et son « Grenelle du développement durable », est là pour en témoigner : à moins de 120.000 €, ma brave dame, on n’a plus rien !
Et encore, à condition que le terrain ne coûte que l’euro symbolique et que les VRD soient financés par la commune sur l’impôt local prélevé sur les déjà logés existants (qui eux, ont payé le prix du marché d’une façon ou d’une autre) !
Alors, « densifier (encore plus les) espaces urbains », ça veut aussi dire plus de verticalité et des équipements collectifs plus chers, n’en parlons même pas !
« 2 – Autoriser l’État à se réapproprier le foncier disponible des communes dans lesquelles la construction de logements sociaux ne répond pas aux objectifs de la loi SRU. »
Encore faut-il qu’elles en aient, du foncier disponible !
Ce qui n’est pas le cas de tout le monde.
Et si celles qui en violent délibérément la loi SRU (qui oblige à 20 % de logements sociaux), c’est peut-être, justement, faute de moyens…
Déjà piqués par l’État, peut-être ?
« 3 – Inciter massivement les collectivités locales à construire, en particulier des logements socialement mixtes. »
Comment et avec quel pognon ?
Mais bon, pour le « socialement mixte » : génial ! Ras le bol de ces ghettos de « riches »…
Un peu de « caillera », même propre sur elle, ça fera du bien à cette pauvre nation qui n’a plus de service militaire obligatoire pour prendre la mesure ahurissante, in situ, du taux d’analphabétisation récurrent et bien réel !
« 4 – Créer avant 2012 dix Ecopolis, villes d’au moins 50.000 habitants intégrant haute qualité environnementale et nouvelles technologies de communication. »
Faut dire que déjà, la construction traditionnelle n’est pas assez chère comme ça (puisqu’on n’y arrive pas), qu’on peut effectivement disperser les moyens à faire des petits paradis à « haute qualité environnementale » et de « nec plus ultra technologique ».
Logique.
« 5 – Créer une Bourse internet des offres et des demandes dans le logement social. »
À condition d’être déjà équipé de NTIC pour y accéder…
Mais de toute façon, pour tout d’un coup se rendre contre que la demande est supérieure à l’offre ?
Ou pour mieux monnayer son propre bail ?
Et moi qui croyais que c’était interdit…
Mais l’idée est bonne : faire du fric sur le dos de plus pauvre que soi quand on est titulaire d’un logement HLM, je trouve ça fantastique, comme idée !
« 6 – Mieux protéger le locataire : réduire le dépôt de garantie à un mois de loyer, interdire au bailleur d’exiger une caution, raccourcir le délai de préavis que doit donner un locataire. »
En voilà une bonne idée : 2 mois de loyer pour rentrer au lieu de 4 actuellement, même dans un HLM (propriétaire institutionnel qui n’exige déjà plus de caution depuis des lustres, crois-je savoir), c’est la bonne idée du siècle.
Quant aux propriétaires particuliers, ils réserveront encore plus facilement leurs lots libérés sur des critères subjectifs : copinage, faciès ou je ne sais quoi !
Ou se défausserons sur les assurances !
Déjà qu’il faut refaire la plupart des appartements après chaque passage d’un locataire, raccourcir le mois de « délai-préavis », ça va devenir du sport de haute voltige que de « chasser le bon faciès profil » !
« 7 – Mieux protéger le propriétaire bailleur en sécurisant le régime des expulsions de façon à garantir la récupération de son bien : raccourcir les délais légaux et effectifs. »
Celle-là, elle est bien bonne ! Comme si la garantie – judiciaire – n’existait déjà pas !
Mais que d’efforts et de procédures pour virer des squatters…
La loi est telle qu’un individu, quel qu’il soit est défini par son nom, son prénom, ses dates et lieux de naissance et… son domicile !
Autrement dit son « logement ».
Qui a un caractère quasi sacré depuis la chute de l’Ancien régime : interdiction d’y entrer sans une ordonnance d’un juge, et encore, sur des plages horaires précises !
Retour en arrière : on pourrait détruire la civilité d’un individu plus facilement ?
Quand on vous dit que la « réaction » la plus abjecte ne se cache pas forcément là où l’on pense habituellement, mais trop souvent dans « les forces de progrès et de modernité »… on n’a pas toujours tort !
« 8 – Proposer d’ici à dix ans à tous les locataires modestes d’accéder à la propriété à travers des financements adaptés. »
Et les dix premières années, c’est pour les nuls ?
Juste pour en rire : si on paye un loyer, c’est en général pour que le propriétaire puisse rembourser ses banquiers, les impôts, les charges d’entretien (parfois non répétibles) et qui lui en reste un petit bout pour dire qu’il n’a pas tout perdu.
Le loyer couvre tout ça. Pourquoi attendre 10 ans ?
« Nous ce qu’on veut / c’est d’être heureux / avant d’être vieux ! » que chantait l’autre, il y a un bail plusieurs fois renouvelé !
Mais, « celui qui jouait du piano debout » il n’est plus là pour le leur rappeler !
Et puis endetter les gens sur 30 ans (durée adaptée) après les avoir fait cracher au bassinet pendant 10 ans, autrement dit passée la garantie décennale pour les constructions neuves, tout ça pour ne pas supporter les « grosses réparations », c’est un peu fort de café !
« 9 – Permettre aux personnes âgées bénéficiant du minimum vieillesse de disposer du droit d’usage d’un logement social jusqu’à leur décès. »
Et ils nous refont la « loi de 48 » au passage ?
Faut vous dire, la jeunesse, qu’on expulse plus les « vieux » en France passé un certain âge… bon, quand ils payent… au moins les charges !
Ce que vous ne savez pas, c’est que si la France est dans un tel état de « mal-logés », il y a des raisons historiques : La loi de 1948, qui limitait la hausse des loyers (la bonne idée du PS et du « Hollandais qui a fait cocu Miss Désir d’avenirs ») et le maintient dans les lieux !
Résultat, plus personne ne construisait !
Ni même ne pouvait entretenir des immeubles qui se sont dégradés à grande vitesse, obligeant à des expulsions pour cause d’insalubrité, le tout préempté à vil prix par la commune, pour pouvoir construire des HLM dès les années 60 et bétonner à tour de bras des « ghettos de pauvres » (trop heureux d’avoir l’eau courante au robinet) !
C’est fou comme même les « génies » parmi les meilleurs ont finalement la mémoire courte !
Car bien entendu, rien sur les aménagements des lois existantes, rien sur les financements, rien sur le traitement fiscal des pauvres andouilles qui achètent pour eux-mêmes ou pour donner en location.
Pensez donc : investissez dans la pierre, Robien, Lienemann, Borloo, Malraux ou n’importe quoi d’autres destiné à l’habitation !
Si c’est pour vous, tant mieux : vous habiterez chez le banquier pendant 15 à 20 ans ! Mais on parle de nouveau de prêt à 30 ans (pourquoi pas demain, comme avant la première guerre mondiale, de prêt à 70 ans et à 2 % ?)
Si c’est pour louer, après impôt et charge, vous avez peut-être une chance d’équilibrer vos comptes et de quoi payer éventuellement l’ISF : vous vous rattraperez sur la plus-value, le jour où vous n’en pourrez plus et que vous serez dans l’obligation de vendre.
Plus-values qui va devenir difficile de maximiser : désormais et depuis le début de ce mois, il faut présenter un « cahiers des risques » sous peine de nullité rétroactive de la vente de votre logement.
Risque amiante, plomb, termites, électricité, gaz, géo-catastrophe, risques cachés, Seveso, bilan énergétiques, rapport sur les émissions de radon et certificats loi Carrez (sans compter les mêmes pour les parties communes en copropriété, éventuellement après travaux votés difficilement à la majorité parfois qualifiée).
Mais encore rien sur les ravalements des façades (dont le rythme s’accélère et devient éminemment plus coûteux de jour en jour), les chauffages collectifs et l’état de la toiture (ça va bien venir un jour ou l’autre, ne vous en faites pas !) !
Si c’est pour acheter les locaux professionnels, commerciaux, industriels, de bureaux, après avoir tout payé, normalement et même en France, vous sortez avec 5 % de rente, nette de chez net, parfois 8, 10, voire 12 % (mais c’est beaucoup plus rare).
Et en plus, vous gagnerez de 3 à 5 % (voire plus si vous avez la chance qu’une ville vienne envahir votre pré carré à force d’expansion urbanistique) par an en plus-value potentielle !
Faites votre choix !
Par ailleurs et bien naturellement pour des génies au fait des problèmes du quotidien et en vue d’augmenter le pouvoir d’achat d’autrui, absolument rien sur la limitation de la réglementation pléthorique des normes : il suffit qu’un môme tombe dans une cage d’escalier parce qu’il n’est pas surveillé par ses parents ou un adulte, et on vous colle une législation valable sur les dizaines de millier d’ascenseurs qui font la fortune des ascensoristes qui doivent changer tous les matériels installés d’ici 2012 (avec première étape en 2008)…
Idem quand une fuite de gaz explose, ou quand les peintures ont pu être plombée (et demain avoir un produit aromatique dont une commission d’experts aura découvert que ça pourrait provoquer des cancers…) !
Sans compter que quand votre maire change, c’est tout le PLU qui change. Les permis de construire peuvent être suspendus pendant 2 ans (4 à Paris : une histoire de parkings en sous-sols ! Avant c’était obligatoire et on a même inventé une taxe pour défaut de parking à tas de boue sur « ferraille et caoutchouc ». Aujourd’hui c’est interdit, mais on paye quand même la taxe pour défaut de parking : Rien n’est jamais perdu, chez ces gens là !)
Encore des « génies » qui ne savent décidément rien à rien pour ne pas traiter des « vrais problèmes » !
Bref, on nage dans l’utopie malvoyante !
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