C'est dire mon état...
« Sarkoléon 1er » vadrouillait dans l'avion de la République au-dessus de l'Afrique, l'autre jour avec une partie de sa clique en mal de terres neuves à satisfaire leurs pupilles gourmandes et sans décalage horaire à ingurgiter.
Je ne sais pas bien trop pourquoi, mais j'y étais, « flottant » dans la bonne humeur ambiante.
Puis, un des réacteurs prend feu. Le pilote parvient à noyer l'incendie sous un déluge de neige carbonique : c'était joli dans le ciel azuréen !
On commence une descente lente, tous attachés aux fauteuils, moi, toujours « flottant » entre les travées à regarder les visages se tordre sous les effets conjugués de la dépressurisation sauvage et de la peur au ventre.
Le deuxième réacteur poussé à fond pour compenser la perte d'altitude et faisant avancer en crabe l'Airbus présidentiel finit par rendre l'âme à son tour, crachant flot de fumées et flammes à qui mieux mieux !
Panique à bord !
Des cris, des larmes, l'officier de bord s'efforçant de trouver du regard une aire d'atterrissage à peu près potable, pendant que l'autre baragouinait un anglais approximatif à la radio : Ce n'était qu'épaisse jungle à perte de vue et même l'équipage « commercial » commençait sérieusement à pâlir à perspective de la catastrophe approchante.
Là non plus, je ne sais pas pourquoi, mais chacun devait revêtir son gilet de sauvetage alors que la mer était à des milliers de kilomètres, sans le gonfler intempestivement, pendant que je jubilais de voir tout ce beau monde réaliser la monstruosité du moment à venir, l'estomac quel que peu noué par la perspective de la suite de mon rêve.
Bref, je ne sais toujours pas trop comment, mais je me retrouve accroché dans les branches d'un arbre, toujours en train de flotter, pendant qu'à mes pieds l'épave de l'avion gisait dans la végétation touffue.
Et qui vois-je, sortir chancelant de l'appareil, miraculeusement indemne ?
« Sarkoléon 1er » soi-même, notre « Ô combien vénéré Président » !
Faisant immédiatement face à un lion accouru à l'odeur de la « viande fraîche sur patte ».
Il était beau et menaçant, ce lion. Terrifiant quand il grondait pour appeler son harem au festin.
« Sarkoléon 1er » dit aussi « Blig-bling », un temps tétanisé, finit par déclamer du Corneille (enfin c'était plutôt un pot pourri, mêlant Corneille et Aragon, ne me demandez pas pourquoi).
Tellement et si bien, avec tant de conviction, que les lionnes accourues à leur tour en restèrent gueule bée, s'asseyant, s'allongeant et écoutant le poète en voie de disparition.
Notre « Ô combien Vénéré Président », rassuré par ce stratagème improvisé dans le désespoir, continua de plus belle, pendant que je flottais toujours, ébahi par le « talent d'orateur » me prenant plaisir à redécouvrir ces « belles lettres » de notre patrimoine culturel commun.
Il se mimait lui-même avec ses petits haussements d'épaule ridicules des « petites frappes de banlieues » pas très sûres d'elles, jouant du sourcil, s'agitant de gauche et de droite, toujours déclamant ce qui lui passait par la tête (là, c'était une improvisation sur le bonheur du gaulois).
Faut dire que j'en étais étonné : Même les lions allaient finir par l'élire « chef » eux aussi, s'il continuait ainsi.
D'ailleurs, il ne se gêna pas pour finir par intimer à ses visiteurs l'ordre, sur un ton choisi et teint de l'évidence, de lui indiquer la direction du village le plus proche.
À ce moment là, un vieux lion arrivé lentement et claudiquant sauta sur notre « Ô combien vénéré président » et le dévora en deux bouchées, tellement il y en avait peu à manger !
Et la meute rassemblée se mit à l'invectiver (je comprenais le lion, ne me demandez toujours pas comment) :
« - Mais enfin ! Pourquoi tu le bouffes celui-là ?
- Oui ! Il causait si bien ! Ça nous changeait des touristes et autres ploucs du coin, quand même !
- Comment ? » fit le vieux lion en arrêtant de déglutir.
Et je me suis réveillé, hilare, en pensant qu'il fallait que j'arrête le « pousse-café du soir ».
D'autant que je ne prends plus de café, le soir, depuis que j'ai passé une nuit blanche à piquer des fous rires, tout seul et sans raison, à en réveiller tout le monde tout autour, toute la nuit !
Pas frais au matin...
Pour vous remettre, le « contrepêt » pour votre week-end :
« Pendant que l'écrivain américain démontrait la pureté de son dollar »,
« L'autre invité le dit à deux femmes » : « Il faut être peu pour bien dîner » !
Bon d'accord, ça devient... franchement lourd.
Faut décidément que j'arrête le « pousse-café », d'autant que depuis, « ma Miss pousse » !




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