Belle affiche !
Dans l’amphithéâtre Pierre Mendès-France du ministère de la phinance, s’étaient réunis au grand complet les amateurs de beaux discours.
Le ministre soi-même y est apparu en fin de matinée, dans ses propres locaux, pour nous expliquer qu’après les municipales, il y aura un nouveau
train de réformes économiques déjà en préparation (pour l’équipe suivante dont les délais de paiement, la grande distribution, etc.).
On nous rassure, « Bling-bling », notre « Ô combien Vénéré Président » à tous, il pense à tout et à tout le monde.
Promis, craché, juré.
Pour en arriver là, il a fallu se tamponner pendant presque deux bonnes heures les « Grands défenseurs devant l’Éternel » des
« Business Angel » et autres « gazelles ».
Si !
La loi Tepa, celle sur le pouvoir d’achat et la suivante, ne sont pas suffisantes pour ces Messieurs qui regrettent, comme le gars de chez
« France Angels » en tout premier
lieu (une association qui regroupe d’autres associations de « happy few » fortunés qui investissent dans les « projets émergeants » à titre personnel ! Des gars qui ont
trop de pognon et parient sur des entrepreneurs porteurs de projets en vue de faire de coquettes plus-values à terme), de ne pas aller assez loin !
Perso, j’en fais autant, mais sans un rond et j’investis sur des business de proximité qui ont de l’avenir, genre service à la personne. Mais il est
d’autres idées tout autant flamboyantes, toujours là où l’offre est largement inférieure aux besoins évidents de la population : d’une pierre deux coups (au moins).
Et si en plus on transforme tout ça en bénéfice à distribuer intelligemment (sur un support exonéré de tout impôt) voire en plus-values (les ventes à
soi-même, j’aime bien), ça fait d’une pierre quatre coups !
Avec tous les effets de leviers financiers et fiscaux dont on dispose en France, le manque de fonds propre n’est nullement gênant et la rentabilité
est assurée avec des risques qui tournent autour de zéro.
Mais bon, nous n’avons pas la même conception du « service aux autres », manifestement.
Et il faut aussi penser à exporter, pas seulement vivre en autarcie autour de son nombril…
Et que voilà le fiscaliste local de chez Fidal
(guy.roulin@fidal.fr ai-je pu noter à la va-vite) qui nous dresse le tableau des avantages accordés récemment par « Bling-bling » : exonération d’ISF, mais mieux encore, imputation
directe sur le paiement d’ISF de l’investissement des particuliers dans une « gazelle », ou dans un Fonds Commun proposé par le banquier qui investit à son tour dans des
« gazelles ». (En fait, c’est une peu plus compliqué que ça et pose beaucoup de questions, mais je résume son propre résumé).
On reconnaît une « gazelle », parmi tout autre, dans le fait que ce n’est ni une institution bancaire ou financière, ni une société qui
porte des immeubles, et qu’elle n’a pas encore fait son premier euro de chiffre d’affaires…
Avant on parle de société « émergeante », ensuite de société « en développement »… Tout est dans la nuance sémantique.
Bien sûr, une société en redressement ou en difficulté, elle n’a qu’à crever !
Et ses salariés d’aller pointer chez les « has been » et les « loosers » recensés à l’ANPE…
Il en reste.
Et là, boum, on apprend que le décret d’application ne peut pas encore être publié, pour cause de transgression de la règle des « minimis »
imposée par Bruxelles. Pas plus de 200.000 euros par entreprise d’aides directes ou indirectes (c’est le cas ici : indirecte) et par an !
Or, dans « sa très grande sagesse », le législateur à prévu jusqu’à 1,5 M€ par opération…
Et un avantage pour le contribuable de 50.000 euros, « one shot », une fois seulement.
On peut alors se poser la question de savoir à quoi il sert de faire des lois inapplicables dans l’urgence de l’été dernier… Mais bon, il paraît que
ce n’est pas la question et que de toute façon c’est encore insuffisant !
Nos amis britanniques, tout autant européen que nous ou presque, eux ils causent en millions de Livres sterling quand leurs cousins d’Amérique
cause en dizaines de millions de dollars US pour des avantages encore plus torrides, à savoir la déductibilité des pertes éventuelles en capital.
Pas chez nous ! Selon le mot de mon Pape à Moi, le facétieux et génial Maurice Cozian, « Le fisc français n’a pas vocation à être l’assureur tout-risque du
contribuable »…
Ça, j’avais retenu.
Toutefois, chez nous, il reste encore possible de « jouer à ça » sans effort de réforme et seulement quand on est doué, à travers une
entreprise soumise à l’IS, investissant en qualité de holding. On provisionne les pertes et le tour est joué.
Ou bien en frais d’études et de recherche dans une entreprise semi-transparente personnelle à titre d’activité professionnelle. Ça fait des déficits
professionnels imputables sur tous les autres revenus, réduisant l’assiette de l’IR, voire crée des déficits globaux imputables sur les années suivantes : j’adore !
Mais ils ont oublié de nous le signaler…
Pas bien grave, l’auditoire d’experts aura corrigé tout seul, n’est-ce pas !
De toute façon, quand dans l’hexagone on cause de 200 « gazelles » tout au plus (sur plus de 200.000 créations d’entreprises recensées,
soit moins de 1 pour 1.000), aux USA ils causent de centaine de milliers et en GB en dizaine de milliers.
Chez eux, ça commence à être significatif, et encore (à peine 7 % de la totalité des emplois aux USA seulement, avec quelques décennies d’avance, en
plus…), pas de quoi y voir le remède à tous les maux de la croissance et du plein emploi !
Deuxième partie, voilà donc le professeur d’économie de Dauphine, qui anime aussi la Fondation Concorde, qui nous fait expliquer par un président de la CCI de Mayenne, puis par le Dégé de
celle de Bretagne, que eux ils aiment leur région.
Et le premier de se retrouver confronté à une difficulté impensable partout ailleurs, tellement leur politique de maillage régional d’aides aux
entreprises est une réussite, celle d’avoir un taux de 4,5 % de chômeurs ! (Pas de quoi rire…)
Un vrai drame, puisqu’on ne trouve plus de main d’œuvre exploitable immédiatement disponible sur le marché de l’emploi dans le département
!
De « gazelle » ? Point.
L’autre, un breton nommé Imbert (c’est son nom, je n’y peux rien !) nous raconte les liens qu’ils ont su tisser entre les CCI locales et le
milieu universitaire, local mais également national (suivez mon regard : Dauphine la parigote, comme par z’hasard), qui envoie des experts en herbe soutenir les « pitits patrons »
locaux pour résoudre leur difficultés stratégiques et éclairer leur choix de gestion (« pas pour faire le café ou les photocopies » dixit le « chef-à-lion »).
Avec cette merveilleuse anecdote, rapportée pour être vraie, de ce gars qui regrette de n’avoir pas eu un an plus tôt ces étudiants
« master » (Bac + 5 quand même) là, dans ses murs : il n’aurait pas eu à déposer son bilan juste après la fin de leur stage de chez lui !
(Quand je vous dis qu’on ne rigolait pas…)
On ose espérer que depuis, la contagion a été endiguée…
Entre deux et juste avant le Ministre – même pas le temps d’aller fumer un mégot ou de vider une chopine – nous avons eu un député UMP, coiffé
presque façon Breton (c’est le nom de l’ex-ministre de la phinance du « Chi » et de « Vil-pain », l’apparatchik devenu avocat), sans les tics du « chef » (Ô combien
vénéré « Bling-bling » !) mais presque son phrasé nettoyé des « moi je veux », qui nous donne la piqûre du « vous avez raison » en
s’adressant à ses « écoutants z’attentifs », « on peut faire mieux » !
Sûr.
Mais peut-être pas de cette façon là.
Et de dresser les « mignards » d’euros (de ceux qu’on n’a pas z’encore) dépensés dans la recherche, dans les universités, dans les
« pôles de compétitivité », etc.
Juste pour rire, ces mignards là (« aides indirectes » incluses), « Le prof » venait de nous expliquer en long en large et en
travers qu’ils étaient distribués via les institutions financières bancaires et la CDC, au profit et à hauteur de 80 % pour les « grandes entreprises », pas pour les PME/PMI de moins de
500 salariés, celles qui manquent de fonds propre, justement…
Pour le reste, rassurez-vous, ils sont unanimes à nous raconter que nous sommes les champions du monde de la PME.
Mais quand il en disparaît une – elles sont plus de 50.000 par an en France, une toutes les 11 minutes, 33.000 en Allemagne, 25.000 en Grande
Bretagne, nous annonce-t-on pour nous faire frémir – c’est non seulement des chômeurs en plus, mais aussi des cotisations en moins, de la recette de TVA qui s’évapore et une place au soleil pour
une émergeante importatrice (et la famille de l’entrepreneur imprévoyant qui pleure et se dissout : une des principales causes de divorce en France).
Car c’est aussi comme des dominos : quand une meurt, ses clients se retrouvent dans la difficulté, tout autant que ses fournisseurs qui perdent,
les uns et les autres, une pompe à pognon !
Et l’inimitable Zimmern (qui bichait un max : c’était son heure de gloire que d’apparaître enfin en public sur une estrade aux côtés d’un
ministre de la République en exercice, lui qui se veut la « bête noire » de toute l’administration) de l’IFRAP de conclure, la larme presque à l’œil, le trémolo dans la voix qu’il « ne comprend pas
pourquoi ! ».
À l’écouter, les choses sont pourtant très simples : Pour 1.000 d’investis dans une « gazelle », partout ailleurs dans le monde et y
compris en France, il en coûte 200 d’impôt amont, une fois, plus 400 d’exonération d’impôt aval en deux ou trois fois… Elle va générer 3.300 de Chiffres d’affaires tous les ans, dont 660 de
recette fiscale de plus tous les ans aussi !
L’effet de levier est donc grandement positif, ce qui est vrai…
« Alors pourquoi pas », pour reprendre le propos du sous-ministre ?
Personnellement, ils me font marrer : d’abord si les WC sont corrects mais sans être ostentatoires dans ce ministère là, pas comme le reste du
bâtiment (mes impôts, enfin, les vôtres, moi je n’en paye plus beaucoup) surmonté de sa plate-forme d’hélicoptère mégalomaniaque, j’ai quand même eu mieux en pissant dans du marbre rose et des
boutons de poignée dorés à l’or fin chez Axa, avenue Matignon !
Le petit personnel y est nettement plus nombreux et aux petits soins avec le merveilleux accent des îles pour la plupart, mais trouver un point de
croissance dans ces délires là, je demande à voir.
S’il suffisait de mettre 1.000 sur la table une fois pour avoir 660 de TVA en plus tous les ans, ça ce saurait !
C’est qu’il faut aller les chercher, les 1.000 !
Et une fois qu’on les a trouvés, il faut aller les piquer à quelqu’un d’autre et éviter de se les faire reprendre !
Ils semblaient tous si éloignés de ces « réalités de terrain », plongés dans leur phénoménale acculture économique…
Aller piquer les 1.000, c’est soit à la concurrence directe et déjà installée (là, j’ai bien aimé la « Miss d’introduction », qui expliquait que sa boîte avait
8 ans – c’est une ancienne chercheuse universitaire – et que son « business angel » personnel a mis tellement de pognon dans son usine à fric à elle, qu’il est quasiment impossible de
voir naître des concurrents avant longtemps… Une grande rêveuse Miss « Scott » ! Et même pas blonde…).
À moins d’aller piquer le pognon dans la poche à des pauvres à s’en rendre indispensable à leurs yeux, au détriment d’autres biens ou services
fournies par d’autres entreprises, voire carrément l’État ou l’un de ses démembrements avec de l’impôt extorqué aux plus faibles (pas les « happy few » cités plus haut, puisqu’on nous
les bichonne) : tout le monde n’est pas exportateur dans l’âme.
Et bien souvent, quand on le devient par inadvertance, on s’installe ailleurs.
Allez savoir pourquoi pas en France, Ma p’tite Dame ?
Bref, on tourne un peu en rond, avec ces gens là : ils demandent plus de moyens et en même temps ils défendent, main sur le cœur, une économie
tout ce qu’il y a de plus libérale et avancée !
(Je continue à barrer le mot libéral, en hommage à FFSC, vous savez bien, le Fier Fonctionnaire Satirique et Cynique Socialo-Communiste
revendiqué qui passe de temps à autre sur ce blog lâcher son fiel en quelques commentaires acerbes et tonitruants).
Ça manque nettement de cohérence.
Là encore, perso, quand une opportunité se présente, j’en jauge les risques, dans le temps et en montants. Si je peux assumer, je fais. Dans le cas
contraire, non.
Si en plus il y a un bonus fiscal ou social, tant mieux, mais je sais par avance que si je veux « en croquer », tôt ou tard on viendra
m’emm… à devoir justifier que je le méritais valais bien.
Sauf quand ce n’est pas conditionnel : mais alors, c’est que je reste dans le « droit commun » et n’use d’aucune « niche »…
conditionnelle.
Pas fou, le gueux : dans les affaires comme ailleurs, pour vivre heureux, faut vivre
caché !
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