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Qui qui est en train de perdre bêtement les élections ?
(http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-877011@51-823374,0.html)
Passage hier soir de retour d’un dur labeur (non rémunéré : rapprochement de TVA en vue de préparer la CA 12), je passe par « la lucarne » de FR 3. Ce n’est pas la môme aux cheveux longs, épaisse comme un haricot famélique sorti péniblement de terre au Biafra, mais un type qui finit de commenter un reportage sur les opérations financières de Monsieur le Vénéré Ministre de l’Intérieur supposées crapuleuses autour de son ex-appartement de l’île de la Jatte à Neuilly (révélation faite par le Canard Enchaîné, crois-je comprendre).
Me souvins-je alors par bouffées « d’avoir vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu la bête » quand le « futur Maire de Neuilly » cherchait à placer quelques économies issues de l’héritage d’un proche dans de l’immobilier de rapport.
C’était une dure époque où la « gauche triomphante » de Pierre Mauroy était en train de se rendre compte que quelques utopies du programme commun pouvaient bien attendre des jours meilleurs, faute de moyens.
L’inflation galopait et les valeurs refuges étaient « l’or et la pierre ».
Pour me dire qu’il en avait fait du chemin, depuis, le « petit » !
Naturellement qu’il est important de « prendre une Mairie ». C’est là que l’on sait tout ce qui se passe sur le territoire municipal pour voir passer toutes les autorisations administratives d’ouverture de commerce, toutes les Déclarations d’Intention d’Aliéner (un bien immobilier), décider des permis de construire, trier les demandes de logements aidés, les places de crèches, les affectations dans les écoles primaires, passer les marchés public, etc. etc.
On y a même les listes électorales en direct, triées comme on l’entend, par rue, par nom, par âge, par ancienneté d’inscription : avec un bottin téléphonique ou Internet, on est capable de joindre l’électeur en direct et de « cibler » un message de Monsieur le Maire (éventuellement député/maire ou sénateur/maire).
On « tient » la CMAS, les centres médicaux municipaux pour savoir qui fréquente et qui s’éloigne, le bureau d’aide social… ouvert à tous naturellement.
On est en direct avec les entreprises, on regarde monter la Taxe Professionnelle, on est éventuellement au courant de l’activité des services fiscaux locaux, on peut se procurer toutes les études officielles de l’INSEE, des RG et autres Agences gouvernementales relatives à sa commune et aux alentours.
On est averti de tous les « grands projets », pour être consulté, rendre des avis, et puis, et puis, on dispose d’un budget sans fin pour faire de « la relation publique », discourir quand il le faut, se faire interviewer, contrôler ses adversaires politiques, ubi et orbis…
On peut même se déplacer aux frais du Budget communal, rencontrer d’autres maires qui se réunissent en congrès, en clubs et se tenir au courant. On peut offrir des réceptions « aux forces vives », comme aux représentants des administrations, aux associations, etc.
Bref, incontournable à bien des points de vue.
Et se « faire aimer » de ses concitoyens qui peuvent être de puissants relais à travers la vie associative, leurs relations professionnels.
Oui aussi, quand on choisit un promoteur plutôt qu’un autre, un entrepreneur plutôt qu’un autre dans l’exécution d’un marché public, on peut aussi lui laisser entendre ses désirs (pour l’Intérêt Général et le bien commun bien compris) : il sera toutes ouïes ouvertes (s’il est civil et poli) et il en fait ce qu’il veut, à près tout, ou presque.
Je me souviens ainsi, parce que la prescription est désormais acquise (et puis d’ailleurs, j’ai déjà oublié, Monsieur le Juge ! Ah, j’ai écris ça ? Curieux ! Ce doit être du « roman » ou un canular), de ses rendez-vous qui nous obligeaient à des acrobaties « pas possible » pour « sceller des pactes » avec ces municipalités là (de gauche comme de droite, précise-je).
Pour avoir un marché, avoir un permis, avoir une autorisation de faire, nous avions une « caisse noire » des plus légale. La poignée de cadres supérieurs de confiance avait des « remboursement de frais forfaitaires » (exonérés de charges sociales et non imposable pour ne pas se cumuler avec le « fameux 10 % de frais professionnels) que nous « mettions au pot »… Les petites rivières faisant ainsi de grands fleuves, avec le temps, nous pouvions « honnêtement » rendre visite à qui de droit.
L’élu passait en coup de vent pour vérifier que « nous étions en « parfait » accord » (avec les fonctionnels) et nous pouvions repartir « avec des assurances », parfois amicales.
Les contrôles d’Urssaf n’y voyaient que du feu, car des frais professionnels, nous en avions réellement à la pelle !
Les services du fisc ne toussaient même pas pour la même raison.
Le « boss » nous payait assez cher pour que nous fassions ce que nous voulions du pognon qu’il nous filait entre les doigts (même qu’on oubliait où, même qu’il n’était officiellement jamais au courant de rien).
Le CAC s’étonnait parfois, mais nous avions des tombereaux de tickets et autres justificatifs qu’il était épuisant (et hors budget) de vérifier (on allait même jusqu’à « à se les refiler »).
Les administrateurs « savaient » mais n’en disaient mot pour en faire autant de leur côté (le fameux secret des affaires).
Les Associés ne pouvaient que se contenter du rapport du CAC…
Et il n’était pas question de « les voler », bien au contraire ! J’y veillais en qualité de « super Daf »… et étais payé pour ça aussi.
Et puis les fournisseurs nous bombardaient de tellement de produits gratuits et autres bons d’essence (toujours pour rester « civils »), qu’on pouvait faire soit le tour de la planète à la « hollandaise » (NL = Nor Limonaden, achetées sur place) en ce servant sans appauvrir qui que ce soit (sans pour autant l’avoir jamais fait), soit « décider » à être généreux (à notre mesure).
Et ce qui comptait, c’était notre performance au boulot et ça, on savait faire.
Ainsi va la France (et partout ailleurs, faut-il reconnaître, où il s’en passe des vertes et des pas mûres) !
On appelle cela de la « reconnaissance ».
Alors quoi de plus naturel que « de faire plaisir », ne serait-ce que pour ne pas passer pour un ingrat, pour garder de « bonnes relations » ? Préserver l’avenir ?
C’est dans la nature humaine.
Ce matin je cours chercher le « Canard » !
Paf : en panne !
Erreur de livraison ou rétention judiciaire ?
Qui qui a les exemplaires de dépôt légal avant tout le monde et peut payer des fonctionnaires pour lancer des « alertes rouges » ?
Qui qui nuit à la liberté d’expression dans ce pays, à la liberté d’informer ?
Á la manifestation de toute Vérité ?…
J’espère seulement que je délire totalement, enfiévré à l’idée de n’avoir pas eu mon journal de ce mercredi…
Une seule chose est sûre : la campagne présidentielle s’anime ! Et ce n’est qu’un début.
Car on s’en tape de savoir si Monsieur le Ministre avait pris ou non la précaution de s’enquérir « de la valeur » de son duplex auprès des services fiscaux du patelin, s’il a payé ou non son escalier en chêne.
Ce qui compte, c’est l’avenir du pays !
Á titre personnel, je n’apprécie quand même pas du tout la méthode qui consiste à polémiquer tout en m’empêchant de me faire une opinion, comme si je devais gober une version plutôt qu’une autre de… ce « détail de l’histoire » aurait dit son voisin rive gauche (qui sait ce que c’est « d’arroser », pour être copropriétaire de vignobles).
Or, c’est cette « opinion » là qui me fera choisir un candidat plutôt qu’un autre, le jour venu.
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